Culture

«Une heure de lecture» ou la passion du partage

Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5096 Le 30/08/2017 | Partager
Des séances publiques initiées par des jeunes
Encourager une lecture critique et initier des débats d’actualité
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Les séances de lecture collective dans l’espace public, sont suivies de débats, le dernier en date, actualité oblige, avait pour thème: le harcèlement sexuel (Ph. F. Al Nasser)

A l’origine une bande de jeunes, ayant pour passion la lecture et qui le font savoir.  A Casablanca, le club «Conscience estudiantine», d’étudiants motivés et rêveurs de la faculté de Aïn-Chock, organise régulièrement des séances de lecture, intitulées «Une heure de lecture»  à l’instar d’autres collectifs comme «Nod T9ra», «Lecture pour tous» ou encore «L’Falssafa f’zen9a». Des jeunes communautés littéraires, qui s’épanouissent dans les réseaux sociaux, mais dont l’activité principale, la lecture, se pratique à l’air libre, sur la place publique, malgré les intimidations et les interdictions pour manifestation non autorisée!

Le dernier évènement en date, organisé par le club «Conscience estudiantine», a eu lieu à la place des Nations Unies à Casablanca, dimanche 27 août.  Pourquoi l’espace public? Au-delà du manque évident d’infrastructures et de bibliothèques accessibles, il s’agit surtout pour Mehdi Selbi, membre du club, de créer une interaction directe avec les jeunes en dehors des «espaces officiels, austères et élitistes qui font peur aux jeunes». L’aventure a commencé en 2007, date de la création du club à l’intérieur de la faculté. Dès 2012, nous avons ressenti le besoin de dépasser les murs de la faculté et d’aller à la rencontre d’autres jeunes. Nous avons réussi à créer une famille autour de notre passion pour la lecture», précise Selbi.

S’ensuivent plusieurs séances collectives de lectures, dans différents espaces de la métropole, mais également des «Concerts trottoirs» organisés au parc de la Ligue Arabe. Pour l’éditrice et écrivaine Kenza Sefrioui, ce genre d’initiatives est à encourager: «Ce sont des jeunes qui arrivent à mobiliser d’autres jeunes à encourager une lecture critique et à initier des débats d’actualité, ce qui est un véritable acte citoyen».

En effet, après chaque heure de lecture, un débat est proposé. Cette fois-ci ce sera, triste actualité oblige, le harcèlement sexuel. «La lecture est un droit humain», rappelle Sefrioui qui précise: «Dans un pays de plus de 35 millions d’habitants ne comptant pas plus de 600 bibliothèques publiques, on en est privé. Nous n’avons  aucune chance de construire des générations de lecteurs.

Je pense qu’il faut une mobilisation générale pour inciter nos pouvoirs publics à passer à la vitesse supérieure en termes d’équipements et d’infrastructures et de lieux où les jeunes puissent avoir accès aux livres. Cela passe par des actions comme celle-ci: aller s’assoir dans l’espace public, pour montrer qu’on a besoin de livres!».

 

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