Société

«A la Reconquête»: Un plan d’urgence pour une jeunesse en péril

Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5094 Le 28/08/2017 | Partager
Une initiative de la société civile
Un livre blanc soumis à différentes institutions
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Un plan d’action destiné à la jeunesse, qui fait suite au «manifeste des 100 jeunes» lancé dans la foulée du discours royal de la fête du Trône par un collectif de jeunes Marocains (Ph. ALR)

«Liker» et commenter sur les réseaux sociaux, c’est bien, faire des actions concrètes sur le terrain, c’est mieux! C’est en l’occurrence le message que veut faire passer l’initiative citoyenne «A la Reconquête». Elaboré sous l’impulsion de l’acteur de la société civile Ahmed Ghayat, le projet porte comme idée phare  l’élaboration d’un contrat social avec comme première proposition: «Un service jeunesse et éducation citoyenne» pour les jeunes au sein  des associations, ONG et autres organismes humanitaires.

Il est le fruit du «Manifeste des 100 jeunes» lancé dans la foulée du discours royal de la fête du Trône par un collectif de jeunes Marocains interpellés et «pleinement concernés» par l’allocution du Souverain. «Nous avons nous-mêmes contribué à créer une jeunesse en marge, une société égoïste, un système D, du chacun pour soi. Attribuer les dérives radicales, dont l’actualité regorge, à la misère sociale, affective et intellectuelle dans laquelle survivent des milliers de jeunes est une réalité. Pourtant, se limiter à cela ne nous sortira pas de l’ornière, pas plus que se contenter de dénoncer. Il est temps de passer de la lamentation à l’action», affirme en préambule Ghayat.

Le fondateur de l’association Marocains pluriels précise toutefois: «Prenons garde toutefois de ne pas généraliser, l’immense majorité de nos jeunes est positive, volontaire, ambitieuse…Encore faut-il leur donner les moyens de leur intégration». Une plateforme a été mise en place pour recueillir des propositions (date limite le 25 septembre), dont certaines sont d’ores et déjà annoncées. Il s’agit, notamment, de la mise en place de formations de jeunes animateurs de quartiers dont les missions seraient d’accompagner les jeunes dans leur scolarité, d’aider à la résolution de mini-conflits, d’orienter les jeunes sur les questions de santé… à l’image des «grands frères» des banlieues françaises.

L’utilisation de l’informel comme «tremplin» pour l’entreprise organisée, création de «bourses» et de «médailles de la ville» pour mettre à l’honneur des jeunes qui s’illustrent dans plusieurs domaines (social, culturel, associatif, civisme…). Une fois colligées, les proposition feront l’objet d’un livre blanc, qui sera présenté à différentes institutions dont le Conseil national des droits de l’homme (CNDH) ou encore la CGEM. Pour rappel, au Maroc, les jeunes de 15-24 ans sont les plus touchés par le chômage.

Le dernier recensement du HCP estime le nombre de chômeurs parmi cette catégorie de population à plus de 406.130 jeunes, soit le tiers de l’effectif national non employé. Ainsi, les jeunes diplômés de l’enseignement supérieur,  âgés de moins de 25 ans, notamment ceux du milieu urbain, ont un taux de chômage qui a atteint 62,7% en 2014, alors que, paradoxalement, celui des sans diplômes de la même tranche d’âge n’est que de 9,8%.

 

 

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