Régions

Agadir/Tourisme: La saison estivale est sauvée, mais…

Par Fatiha NAKHLI | Edition N°:5094 Le 28/08/2017 | Partager
Plus de 2,5 millions de nuitées à juillet, et pas encore d’annulations après les attentats
Les opérateurs restent, cependant, inquiets pour l’avenir
La destination traîne de nombreux boulets!
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Après une augmentation fulgurante au cours de l’année 2016, le marché russe régresse d’une manière spectaculaire. Et pour cause, les deux plus importants tour-opérateurs russes, qui se sont tournés vers la Turquie, n’affrètent plus que deux charters par semaine vers Agadir au lieu de quatre

Encore un coup dur pour la destination Maroc, après les attentats de Barcelone. A Agadir, le bilan de la saison estivale est plutôt satisfaisant, mais rien n’est moins sûr pour l’avenir. «Il est, en fait, trop tôt pour se prononcer sur les répercussions de ces événements sur notre destination. Pour le moment, la saison estivale se passe bien et la tendance est à la hausse», soutient Mahfoud Chafik Filali, président de l’Association de l’industrie hôtelière (AIH).

Les statistiques du Conseil régional du tourisme (CRT) d’Agadir Souss Massa le confirment. Au terme des sept premiers mois de 2017, les arrivées ont augmenté de 13,49% par rapport à la même période 2016, passant de 473.043 à 536.875. Les nuitées, elles, ont bondi de 15,03%, passant de 2,1 millions en 2016 à plus de 2,5 millions. 

Le marché national se place en première position avec 188.549 visiteurs, soit +8,24%. Le marché français continue sur sa progression et se classe en seconde place, avec +18,44% pour un volume de 81.290 touristes. Pour sa part, le marché allemand se positionne 3e, avec une hausse de 56,41% des arrivées et de 64% des nuitées, pour un volume global  de 72.875 clients.

Toutefois, le souci aujourd’hui n’est pas de sauver une saison, mais d’assurer le succès de la destination sur le long terme. «Ce qui est dommage, c’est que  les attentats ne sont plus liés à des islamistes mais à des Marocains, ce qui risque d’écorner notre image en tant que pays épargné par les violences», regrette un opérateur touristique. Le communiqué du ministère britannique des Affaires étrangères à l’issue des attaques de Barcelone, mettant en garde les voyageurs contre d’éventuels actes terroristes au Maroc, n’arrange pas les choses.

Les opérateurs touristiques sont aujourd’hui dans l’expectative. «Il est clair qu’une crainte s’est installée suite à cette actualité tragique, mais il ne s’agit pas seulement de conjoncture. Nous devons également revoir notre produit, l’améliorer et le valoriser», insiste Hassan Aboutayeb, consultant en développement durable et tourisme. Agadir traîne, en effet, de nombreuses tares: vétusté du parc hôtelier, offre aérienne insuffisante, établissements hôteliers fermés ou en dépôt de bilan, manque d’espaces verts et d’animations, absence de foncier… et une offre litière de près de 29.000 lits dont près de 2.000 sont délabrés. Des problèmes structurels qui reviennent depuis des années, et qui n’ont toujours pas été résolus. «Il est impératif de s’engager sur une réflexion pour présenter un nouveau concept et une nouvelle vision», souligne un professionnel.

Tout le monde se rappelle de la Journée de réflexion organisée par les opérateurs touristiques à Agadir le 28 mars 2015, sous le thème «Agadir, une destination à réinventer». Une rencontre lors de laquelle plusieurs promesses d’actions ont été formulées, mais sans suite tangible… «Nous assistons, par ailleurs, à un retour en force de nos concurrents, dont la Turquie, la Tunisie et l’Egypte. Il est donc important d’agir rapidement», précise pour sa part Brahim Ouakhir, agent de voyage. D’énormes efforts doivent être déployés afin de redorer le blason de la destination Maroc.

Plusieurs marchés émetteurs dans le rouge

L’été ne s’est pas trop mal passé à Agadir, mais certains marchés ont connu des baisses spectaculaires. C’est le cas du marché russe, dont les arrivées ont chuté de 53,55% au cours des sept premiers mois de l’année (voir tableau). «L’ouverture de la Turquie à la clientèle russe a impacté négativement la destination», explique un professionnel. «L’année dernière, 4 vols par semaine étaient programmés vers Agadir par les deux plus importants TO russes. Aujourd’hui, ils n’affrètent plus que deux charters par semaine», a-t-il ajouté. Et  dire qu’en 2016 les responsables du tourisme briguaient quelque 200.000 touristes russes par an (voir L’Economiste du 6/4/2016)…
Le marché belge, aussi, est en recul, avec 3.371 touristes reçus contre 3.970 l’an dernier, soit -15,09%. Le marché national est, également, en baisse, avec -4,27%. Seuls 48.617 Marocains ont fait le déplacement à Agadir cette année, soit 2.166 de moins. De quoi donner du fil à retordre aux opérateurs.

De notre correspondante,
 Fatiha NAKHLI

 

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