Régions

Grogne générale à Fès!

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5092 Le 24/08/2017 | Partager
Opérateurs économiques, associations, citoyens… sont en colère
Absence de projets, insécurité, ruralisation… les maux s’amplifient
Les élus pointés du doigt
el_azami_driss_092.jpg

Driss El Azami El Idrissi est inscrit aux abonnés absents. Le maire de Fès, également chef du groupe parlementaire PJD à la première Chambre, est vivement critiqué sur la gestion de la ville (Ph. YSA)

«La ville de Fès est cliniquement morte. Ses élus sont dépassés et la situation des habitants est de plus en plus précaire». C’est la conviction de bon nombre d’opérateurs économiques, militants associatifs et simples citoyens. Pour l’économiste Abdou Jouahri, une véritable réflexion doit être initiée, et des projets structurants doivent être lancés.  Cet ancien chef d’entreprise y croit dur comme fer, «l’implication de tous est vitale».

Depuis quelques semaines, les élus sont la cible de toutes les critiques. Ils sont pointés du doigt pour leur «mutisme et inaction, l’absence de projets structurants, l’insécurité… ». Un seul mot d’ordre anime les débats: «Doit-on quitter cette ville et partir ailleurs?».

Unanimes, les opérateurs lancent un appel de détresse. Certains réclament une intervention royale, tandis que d’autres tentent d’organiser une grève générale. En attendant, une lettre ouverte vient d’être adressée au maire Driss El Azami El Idrissi. Signé par une militante associative, le courrier est rapidement devenu viral sur les réseaux sociaux. On y lit un S.O.S d’une «société civile fassie en colère». «Malheureusement, je ne cesse de déchanter, en voyant l’état catastrophique de Fès depuis votre élection», souligne sa signataire. Et d’ajouter: «Les avenues art-déco les plus prestigieuses sont quasiment envahies par des marchands de trottoirs. Ils ont ruralisé Fès…». 

Ces marchants à la sauvette sont installés un peu partout dans la ville. Au quartier Assaada, dans les avenues Hassan II et Allal Benabdallah, le boulevard Mohammed VI et la route de Sefrou, ils se débarrassent de leurs détritus sur place. «C’est l’anarchie la plus absolue qui se nourrit du laisser-aller des gestionnaires de la ville», exprime-t-on dans la lettre adressée au maire. «Êtes-vous dépassé par les événements, ne vous sentez-vous pas à la hauteur de cette tâche ardue? Dites-le haut et fort et éclipsez-vous discrètement», poursuit sa signataire.

Comme elle, plusieurs opérateurs croient que Fès est «abandonnée à son sort». Une activité économique à l’arrêt et une insécurité grimpante. Malgré les efforts de la DGSN,  les rues sont devenues dangereuses. «Je dois souvent réfléchir 100 fois avant de sortir de chez moi… la criminalité, l’insalubrité, la prostitution, l’anarchie, le désordre, l’incivisme sont devenus notre lot quotidien», écrit la militante associative.

Le transport public, lui, est qualifié de «plaie inguérissable». Des autobus sont saccagés tous les jours par une jeunesse délinquante désœuvrée. A telle enseigne que City bus Fès, la société délégataire, remplace les vitres cassées par des plaques de fer.
L’Economiste a tenté de joindre le maire, Driss El Azami El Idrissi, pour répondre aux critiques de la société civile, mais sans succès.

De notre correspondant,
Youness SAAD ALAMI

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc