Entreprises

Une première unité hôtelière pour relancer Lixus

Par Ali ABJIOU | Edition N°:5092 Le 24/08/2017 | Partager
Le Lixus Beach Resort en lièvre pour le reste de la station
240 chambres pour un investissement de 200 millions de DH
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Le Lixus Beach Resort, le premier hôtel de la station Lixus, a commencé à recevoir ses premiers clients dès le 1er août dernier (Ph. Adam)

«Des plages de rêve et une géographie à couper le souffle et ce à moins de deux heures de l’Europe». Tels étaient les arguments en faveur du lancement en 2004 de la station Lixus, située près de Larache, qui était censée être une locomotive du plan Azur. Le projet baptisé à l’époque Port Lixus avait attiré la convoitise d’investisseurs européens dont le Belge Thomas & Piron qui, avec son associé Colbert, devait y aménager une station balnéaire de catégorie internationale d’une capacité de 12.000 lits.

En plus de la composante «villas», la station devait abriter 7 unités hôtelières, une marina de 120 anneaux, une zone commerciale ainsi que d’autres équipements. L’investissement prévu avait été de 2 milliards de DH et la station devait entrer en service en 2007.

Mais ce n’est que dix ans après que le premier hôtel de la station, le Lixus Beach Resort, a été inauguré en grande pompe par Mohamed Sajid, ministre du Tourisme, le 21 août dernier. Le projet de la station avait connu d’importants retards et la crise financière de 2008 avait fini par lui assener le coup de grâce, comme l’indiquait un rapport de la Cour des comptes. Ce dernier faisait aussi référence à l’incapacité de Thomas & Piron et de ses associés à développer et à gérer un projet touristique d’une telle ampleur, obligés enfin à jeter l’éponge et à céder leurs parts au groupe immobilier Alliances et à H-Partner en 2009.

Cet hôtel, propriété de la branche immobilière du groupe SGTM et géré par une filiale d’Atlas Voyages, l’Atlantic Management Hotel, se place comme le projet qui pourrait relancer la station. Mais ce n’est qu’un début, comme le précise le ministre du Tourisme qui espère que d’autres projets suivent le pas et optent eux aussi pour venir investir à Lixus. Le projet dispose aussi d’un argument de taille, un parcours de golf d’envergure internationale et qui serait parmi les meilleurs du pays. Un atout que Lixus Beach Resort entend exploiter de manière intensive, selon Othman Chérif Alami, président de la société de gestion et qui a en charge aussi le parcours de golf et ses équipements.

En attendant, le site est en train de finaliser ses équipements, surtout sa connexion routière. Actuellement, pour y accéder, il faut rentrer dans le périmètre urbain de Larache et emprunter son réseau routier. Dès mars 2018, une bretelle d’autoroute permettra de le connecter au réseau national en le mettant à moins d’une heure de Tanger et de son aéroport et à moins de deux heures de Casablanca.

                                                                          

Les malheurs du plan Azur

LE bilan des réalisations du plan Azur est pour le moins décevant. Concernant la station Lixus, la composante touristique se limite à un hôtel, le Lixus Beach Resort, d’une capacité de 450 lits, contre un objectif global de près de 8.000 lits, soit un taux de réalisation de 5,7%, indique la Cour des comptes.

Pour le reste des stations de ce qui devait constituer le plan de reconquête du marché mondial du balnéaire par le Maroc, le tableau est le même. Sur un peu plus de 58.500 lits prévus dans les six stations balnéaires (Saïdia, Larache, Mazagan, Mogador, Taghazout et Plage blanche), seuls 1.570 lits ont été réalisés, soit 2,7% de l’objectif fixé dans le cadre du plan Azur. Un résultat décevant face aux dépenses d’expropriation et de travaux hors site financés par les deniers publics.
Othman Chérif Alami, président d’Atlas Voyages est sûr de son coup. Avec le Lixus Beach Resort, il introduit un nouveau concept, celui de l’all inclusive au Nord. L’hôtel se positionne dans la catégorie premium ce qui équivaut à une frange intermédiaire entre 4 et 5 étoiles.

Le golf mitoyen avec son club-house et ses équipements de premier choix est un argument supplémentaire qui lui permet d’affronter la longue basse saison au nord avec calme. Pour Chérif Alami, malgré toutes les critiques, le balnéaire reste la clé de voûte de l’industrie touristique, celle qui permettra au Maroc de réaliser l’objectif de 20 millions de touristes. En effet, selon lui, plus de 80% des voyageurs européens partent en vacances pendant la saison d’été.

A terme, l’ambition affichée par le gestionnaire de l’hôtel est de réaliser entre 60 et 80.000 nuitées dans une première phase et consolider un emploi permanent pour plus de 100 employés.

 

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