Culture

L’Boulevard: Le festival fait un retour en éclat

Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5090 Le 22/08/2017 | Partager
La 17e édition prévue en septembre après une année blanche
Un budget de 6 millions de DH, difficilement bouclé
Des jeunes en compétition
lboulvard_090.jpg

lUne guerrière, en égérie virtuelle, pour incarner la volonté des organisateurs de maintenir le rendez-vous phare des musiques alternatives le plus attendu, malgré les embûches (Ph. L’Boulevard)

Une femme amazighe à l’allure de «guerrière urbaine», tatouage sur le visage et casque audio sur la tête… C’est l’icône représentant le retour de L’boulevard, qui a dû annuler sa 17e édition l’année dernière pour cause de  soucis financiers. Une guerrière, en égérie virtuelle, comme pour incarner la volonté des organisateurs de maintenir le rendez-vous phare des musiques alternatives le plus attendu, malgré les embûches et un budget de 5 à 6 millions de DH à boucler chaque année.

Organisé par l’association EAC-L’Boulevard (Éducation artistique et culturelle), L’boulevard s’est imposé comme l’une des rares vitrines de la culture et des musiques actuelles et alternatives, pour ne pas dire underground, au Maroc. Difficile dans ce contexte de voir les sponsors se bousculer au portillon et vouloir associer leur image, à un événement qui draine des milliers de jeunes certes, mais qui a été souvent fustigé par la garde conservatrice et autres islamistes, accusant ses organisateurs d’incitation à la débauche. «Nous sommes un festival alternatif, qui met en avant les musiques et les créations artistiques marginalisées au Maroc, souligne Mohamed Merhari,  alias Momo, co-fondateur du festival. «Nous avons créé un espace de liberté, aussi bien pour le public que pour les groupes.

C’est par exemple l’un des seuls moments de l’année où on a l’occasion d’assister à des concerts de Rock Metal au Maroc » (Le groupe de Metal gothique portugais Moonspell avait attiré quelques 20.000 spectateurs en 2006). Ces difficultés ont-elles poussé les organisateurs à mettre de l’eau dans leur…thé? Le choix pour cette 17e édition du très éclectique chanteur Anglo-nigérian Keziah Jones comme tête d’affiche, a ravi le grand public, mais a tout de même fait grincer des dents quelques puristes, qui trouvent que le choix ne correspond pas tout à fait à «l’esprit de L’boulevard». Trop «mainstream» l’inventeur du «blufunk»? Qu’importe, il y a dans la programmation de cette édition largement de quoi contenter toutes les sensibilités des fidèles. La formule ne change pas, L’Boulevard débutera par une compétition tremplin, qui se déroulera du 15 au 17 septembre: 19 groupes hip hop, rock/métal et fusion se produiront sur la scène du complexe Al Amal.

Deux groupes par catégorie seront récompensés par un jury avec à la clé un chèque de 10.000 DH pour les premiers et 5.000 DH les seconds, mais surtout l’occasion pour les groupes primés de bénéficier d’un accompagnement et d’une formation, menée par des professionnels, pour l’enregistrement de deux morceaux. Les gagnants pourront également assurer les premières parties  des groupes confirmés lors des concerts programmés. Des concerts nocturnes, ainsi que le, désormais traditionnel, souk associatif réunissant une trentaine de stands et de collectifs, accompagneront cette première partie.

Au programme de cultures urbaines: présentation du travail des associations, street-art, performances, jam-sessions et scènes ouvertes. La deuxième partie du festival se déroulera sur la scène du RUC (le club de rugby casablancais) et non pas comme à l’accoutumée dans le stade voisin du COC (fermé officiellement pour travaux de réfection de la pelouse).

En parallèle aux grands concerts, un espace dédié aux programmateurs, directeurs de festivals et autres professionnels de la musique se tiendra également en marge de cette nouvelle édition,  un marché culturel où les professionnels peuvent découvrir les artistes marocains et éventuellement les reprogrammer dans des festivals internationaux.

Le fruit de plusieurs résidences artistiques sera présenté au grand public sur cette scène, comme la résidence Jokko Fam (regroupant rappeuses et djettes du Maroc, du Sénégal, de Mauritanie et du Mali), Betweenatna qui joindra son énergie à celle du groupe The Kominas (USA/Pakistan) pour la journée Rock /Metal, et enfin, la résidence Viento y Arena.

Une programmation éclectique

EN attendant, voici quelques concerts à ne pas rater: Betweenatna, le groupe le plus déjanté de la scène marocaine a trouvé chaussure à ses pieds. Fruit d’une résidence avec The Kominas, groupe punk américain d’origine pakistanaise, le concert  est programmé le 25 septembre sur la grande scène du RUC. Chef de file du Taqwacore,  un sous-genre de punk en rapport avec l’Islam et sa culture, les Kominas pratiquent un genre aussi revendicatif qu’absurde. Dagoba, est le groupe qui va rassurer les puristes, icône du death metal, référence en la matière en France, la formation a déjà à son actif six albums salués par le public et la critique, Dagoba prépare la sortie de son nouvel opus intitulé «Black nova». Dizzy Brains: découverts lors de leur passage à Visa for Music à Rabat en 2016, le groupe malgache  a séduit par son côté punk-ethnique Ce groupe rock garage aux accents punk aborde des thèmes comme la corruption, l’insécurité, la précarité et l’absence de perspectives. Labess: Les algéro-québécois, ont également fait forte impression, lors de leur passage au théâtre Mohammed V à Rabat en 2016 ; chantant en arabe et en français, célébrant  la tolérance et la liberté sur des mélodies riches et festives  Labess propose un voyage partant du néo-chaabi au  flamenco espagnol, à la guaracha cubaine en passant par les musiques métissées de l’Afrique Noire.

 

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc