Economie

Campagne sucrière: Nouveau record de production

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5086 Le 15/08/2017 | Partager
Le taux de couverture des besoins dépasserait les 50%
Deux régions assurent plus de 60% du sucre local
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Sur les 5 dernières années, la production sucrière de la région de Casablanca-Settat a plus que triplé. Les producteurs maîtrisent désormais le bon itinéraire technique de la culture de betterave à sucre. Le rendement de la plante à l’hectare est quasiment voisin de celui réalisé en Europe

Comme nous l’annoncions dans notre édition du 14 juin dernier, la campagne sucrière s’oriente vers un nouveau record. La couverture de la moitié des besoins de consommation sera légèrement dépassée. Des hausses significatives des rendements de la betterave à sucre sont relevées, notamment dans les zones des Doukkala et de Béni Mellal.

Dans les deux zones, la campagne 2016-2017 a été marquée par des conditions climatiques favorables avec une pluviométrie à la fois abondante et bien répartie. Les résultats disponibles font état d’une production de sucre de l’ordre de 200.000 tonnes dans les Doukkala contre 235.000 tonnes la campagne précédente. Cette baisse s’explique surtout par le recul des superficies betteravières qui sont passées de 19.970 ha, la dernière saison à 17.800 cette année. En revanche, le rendement moyen à l’hectare s’est apprécié de 3 tonnes.

Au total, la production de la plante s’élève à près de 1,6 million de tonnes, soit un rendement moyen de 89 tonnes à l’hectare contre 86 tonnes en 2015-2016. Selon les analyses de laboratoire, la teneur en sucre s’élève en moyenne à 18%. D’après la Direction régionale de l’Agriculture (DRA), ces résultats s’expliquent par l’encadrement technique qui a bénéficié à 14.800 producteurs    agrégés autour de la sucrerie de Sidi Bennour.

Sans oublier les actions du Comité technique de la betterave qui regroupe tous les intervenants publics et privés. Cet encadrement a permis de semer mécaniquement la totalité de la superficie betteravière. Et 100% en semence  mono germe. De plus, les semis ont été installés de manière assez précoce. L’entretien de la culture et la protection phytosanitaire se sont passés dans des conditions jugées satisfaisantes grâce à l’accès facile aux parcelles et à la disponibilité des produits de traitement.

L’arrachage mécanique a concerné 14.570 ha, soit 81% de la superficie récoltée contre 8.800 ha la campagne précédente. Le même itinéraire technique est suivi dans la région  de Béni Mellal-Khouribga  qui s’attend également à une bonne campagne sucrière. Dans cette région, les objectifs du Plan agricole régional (PAR) à l’horizon 2020 ont déjà été atteints pour la filière sucrière.

Avec la région Casablanca-Settat, elle assure désormais plus de 60% de la production nationale du sucre. L’amélioration de la conduite de la plante sucrière s’est révélée en effet payante. Aujourd’hui, les deux régions réalisent des rendements du sucre à l’hectare proches de ceux constatés dans les pays européens.

Pour les responsables de la DRA, la culture accroche bien. Elle est le fait de micro-exploitations ne dépassant guère 1,5 ha l’unité. Aujourd’hui, la plante assure un revenu moyen de plus de 30.000 DH à l’hectare. Sans compter les avantages que tirent les producteurs de la pulpe de betterave qui constitue un aliment de bétail très riche pour les vaches laitières.

Le marché mondial du sucre se stabilise

Après avoir frôlé le niveau record de 546 dollars la tonne, les cours mondiaux du sucre ont amorcé une tendance à la baisse depuis le deuxième trimestre. En mai dernier, les cours à l’international ont reculé de 5% par rapport au mois précédent. La flambée des prix à l’international a été alimentée par les incertitudes sur l’offre. Surtout que la reprise des cours du pétrole était de nature à inciter le Brésil, le principal producteur mondial du sucre, à orienter sa production vers l’éthanol. L’annonce d’une bonne production au titre de la campagne 2017-2018 a encore renforcé l’accalmie sur les prix. Face à cette situation, le Maroc s’est abstenu d’importer depuis fin 2016. Fort également en cela de la réalisation d’une bonne campagne sucrière qui a permis de couvrir la moitié des besoins de consommation.

 

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