Economie

Les MRE durement touchés par la conjoncture

Par Franck FAGNON | Edition N°:5085 Le | Partager
L'Espagne et l'Italie accueillent 80% des émigrés de Tadla-Azilal
Agriculteurs, artisans, manœuvres... les principaux émigrants
Les transferts d'argent sont modestes

C'est leur saison. Le pic de véhicules aux immatriculations européennes sur les routes ou encore le rush dans les aéroports marquent la présence des MRE pour les vacances. Banques, promoteurs immobiliers...sortent leurs meilleurs arguments pour séduire cette clientèle dont le poids économique est significatif. L'année dernière, les MRE ont transféré 63 milliards de DH, soit 6% du PIB.

Mais, tous n'ont pas le même impact. Les MRE de la région Tadla-Azilal (elle fait désormais partie de la région Beni Mellal - Khenifra) sont peu nombreux à envoyer de l'argent à la famille restée au pays et les montants sont assez modestes, relève le Haut Commissariat au Plan qui a mené une enquête auprès des Marocains du monde de Tadla-Azilal. Avec l'Oriental, c'est l'une des régions où l'émigration est élevée. Au moins 20% des ménages ont un parent à l'étranger. C'est deux fois la moyenne nationale.

Les personnes âgées de 30 à 59 ans sont aux alentours de 40% à transférer de l'argent à leurs proches. Un niveau plus bas chez les moins de 30 ans et les personnes de 60 ans et plus. Les montants expédiés sont inférieurs à 4.000 DH par an dans 80% des cas. Ils servent principalement à couvrir les dépenses alimentaires, d'habillement ou encore à payer le loyer. Les dépenses productives ne représentent qu'une faible part. Les envois de fonds pour lancer une affaire par exemple sont rares. Par ailleurs, seulement 6% des émigrants de la région ont investi. Pour près de 3 sur 4, l'investissement a été réalisé au Maroc, essentiellement dans l'immobilier.

Pour les répondants, cette situation s'explique en premier par la faiblesse des revenus. L'Espagne et l'Italie accueillent 80% des émigrants de cette région et, le ralentissement de l'économie dans ces deux pays ces dernières années a affaibli le pouvoir d'achat de nombre d'entre eux. «Les émigrés en Espagne ont perdu des emplois dans le secteur formel ce qui les a poussés au départ. En revanche, ils ont plus ou moins résisté en Italie grâce aux emplois informels», indique le HCP.

Mais, la conjoncture dans les principaux pays d'accueil n'explique pas à elle seule la faiblesse des revenus. Environ 75% des émigrants depuis 2000 sont des agriculteurs, des exploitants ou ouvriers agricoles, des artisans ou encore des manœuvres. L'émigration des cadres moyens et supérieurs de la région est rare. En outre, seulement la moitié des expatriés issus de Tadla-Azilal bénéficie d'une protection juridique et ont un emploi stable.

3 enfants en moyenne chez les moins de 30 ans

Le changement d'univers n'a pas beaucoup affecté le comportement des émigrés de la région Tadla-Azilal. Ils se marient de plus en plus jeunes. 59% des hommes et 79% des femmes l'ont été avant 30 ans. L'enquête révèle également que 3% des femmes se sont mariées avant 15 ans! Le nombre d'enfants moyen par émigrant est de 4,3. Il est de 3 enfants en moyenne chez les moins de 30 ans et de 6,5 chez  les personnes plus âgées. Au moins 43% des marocains de la diaspora issus de cette région ont entre 30 et 39 ans. La faiblesse des revenus et le chômage ont motivé l'émigration en Europe.

 

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