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Analyse

Climat des affaires: «Etre à l’écoute de l’entreprise»

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5085 Le 11/08/2017 | Partager
Lancement d’une enquête sur les contraintes rencontrées par le secteur privé
Et mise en place d’indicateurs d’évaluation des réformes
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 Abderrazak Morchid, coordonnateur au Comité : «La qualité de l’administration et du cadre  réglementaire sont des facteurs déterminants de la compétitivité de l’entreprise. Mais ils ne sont pas les seuls. D’autres paramètres  comme la qualité des ressources humaines, le coût de l’énergie, celui du financement ainsi que l’accès au foncier déterminent le climat des affaires» (Ph. A.M.)

- L’Economiste: Quelles sont les priorités du plan d’action du CNEA 2017-2018?
- Abderrazak Morchid:
Le nouveau plan d’action du Comité de l’environnement des affaires s’inscrit dans les engagements pris dans le cadre du programme gouvernemental. Le développement d'un cadre réglementaire pour l'amélioration des services fournis par les administrations publiques et le lancement du système de création d’entreprises en ligne, l’adoption du projet de réformes des sûretés mobilières et la  réforme du Livre V relatif aux entreprises en difficulté sont des chantiers qui vont améliorer le cadre des affaires au Maroc. Au-delà des projets de réforme sur lesquels le Comité a développé une certaine expertise durant ses six années d’existence, je dois dire qu’une des priorités sur laquelle le CNEA doit s’investir aujourd’hui est le développement de l’écoute du secteur privé à travers la réalisation d’une enquête des principales contraintes au développement du secteur privé et la mise en place d’un baromètre du climat des affaires pour évaluer l’impact des projets de réforme et sonder la perception de l’évolution du climat des affaires au Maroc.

-D'importantes avancées ont été réalisées en ce qui concerne l'attractivité du Maroc. Que dire de la compétitivité de l'entreprise?
-Au cours des dernières années, plusieurs réformes ont été développées dans le cadre du CNEA visant notamment la simplification et la dématérialisation des procédures administratives liées à l’entreprise, la modernisation du cadre légal et réglementaire relatif aux affaires, et le développement des guichets uniques. Ces réformes ont permis d’améliorer d’une manière continue l’attractivité de notre économie, comme en témoigne l’évolution positive des flux des IDE au cours des dernières années en passant de 26 milliards de DH en 2011 à 40 milliards en 2015.
Il va sans dire que la qualité de l’administration, du cadre légal et réglementaire et des institutions sont des facteurs déterminants de la compétitivité de l’entreprise. Ces derniers ne sont pas les seuls. D’autres paramètres  comme la qualité des ressources humaines, le coût de l’énergie, le coût de financement, le coût d’accès au foncier, les charges fiscales, le système d’innovation,... sont aussi importants et impactent de manière significative la compétitivité des entreprises marocaines. Aujourd’hui, le CNEA constitue un modèle dont nous devons nous inspirer pour piloter les réformes qui touchent à la compétitivité de l’entreprise et structurer le dialogue entre le secteur public et le secteur privé autour de ces réformes.
-Des indicateurs d'évaluation sont-ils définis pour apprécier les réalisations?
- Il convient de rappeler que le rapport Doing Business, dont le suivi est assuré par le secrétariat du CNEA, constitue une référence importante pour identifier les réformes à mener et évaluer leur perception au niveau international. Toutefois, nous sommes conscients qu’il est important de mettre en place un système d’évaluation interne pour mesurer l’impact des réformes sur la vie de l’entreprise marocaine. A cet effet, le Comité prévoit la mise en place d’un baromètre afin de sonder la perception des entreprises par rapport à l’évolution des performances de notre climat des affaires, en réalisant des évaluations périodiques. Cet outil  doit permettre de disposer d’informations complémentaires à celles produites par des institutions internationales et nationales sur les atouts et les contraintes du climat des affaires et de s’en servir pour prioriser les réformes, et répondre aux attentes des acteurs économiques. Ainsi, l’objectif est de doter le CNEA d’un outil prospectif et d’aide à la décision.

 -L'Objectif d'être au top 50 dans le rapport de la Banque mondiale sur le climat des affaires sera-t-il atteint avec l'actuel plan?
- Au regard du potentiel de réformes initiées par le comité et vu la mobilisation des acteurs autour des projets de réforme, nous estimons que cet objectif réaliste est réalisable à l’horizon 2021. Il convient de rappeler que dans le cadre des travaux du comité, deux projets sont en cours de finalisation et qui vont permettre des avancées importantes pour la concrétisation de l’objectif annoncé. Il s’agit du projet de réforme des sûretés mobilières et de celui de réforme du Livre V du code de commerce pour les entreprises en difficulté.
Ceci étant, le secrétariat du CNEA a initié une analyse détaillée et approfondie des résultats du Maroc pour mieux identifier d’autres réformes de nature à impacter positivement le classement du Maroc dans les prochaines années tout en s’inspirant des meilleures pratiques internationales en la matière. A la lumière de ce travail d’identification des réformes, et en concertation avec les acteurs concernés, un programme d’amélioration du classement du Maroc à l’horizon 2021 sera développé, et sera accompagné d’une gouvernance adaptée pour le suivi et l’implémentation des projets des réformes identifiées.

Propos recueillis par Abdelaziz Ghouibi

 

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