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International

Venezuela: Maduro perd du terrain

Par Reda BENOMAR | Edition N°:5083 Le 09/08/2017 | Partager
Le soutien de l’armée au président remis en cause
L’ONU dénonce des actes de «torture» commis par les forces de sécurité
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Le Haut-commissaire a l’ONU a chargé une équipe de spécialistes des droits de l’homme d’interviewer à distance quelque 135 victimes ainsi que des membres du bureau de la procureure générale (Ph. AFP)

La situation se détériore au Venezuela. Au lendemain de l’«attaque terroriste» contre une base militaire, survenue dimanche dans des conditions confuses, le doute planait sur la loyauté de l’armée vénézuélienne, principal soutien du président Nicolas Maduro dans la violente crise politique que traverse le pays.

En mai, l’ex-candidat à l’élection présidentielle Henrique Capriles, l’un des meneurs de l’opposition, avait déjà affirmé qu’environ 85 militaires avaient été arrêtés pour avoir contesté la «répression» des manifestations.

L’ONU a, quant a elle, dénoncé mardi 8 août «un usage excessif de la force» au Venezuela et accusé les forces de sécurité et les milices progouvernementales d’être responsables de la mort d’au moins 73 manifestants antigouvernementaux. «Depuis le début des manifestations en avril, on constate une tendance évidente à l’usage excessif de la force à l’encontre des manifestants», a déclaré le Haut-commissaire aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad al Hussein. «Plusieurs milliers de personnes ont été placées en détention arbitraire, beaucoup auraient été victimes de mauvais traitements et même de torture», ajoute-t-il.

Au 31 juillet, le Bureau de la procureure générale enquêtait sur 124 décès dans le cadre des manifestations. D’après l’analyse de l’équipe des droits de l’homme des Nations unies, les forces de l’ordre seraient responsables d’au moins 46 de ces décès, tandis que 27 autres seraient imputés à des groupes armés progouvernementaux, dénommés «colectivos» armés qui circulent à moto, en brandissant des armes à feu.

A propos du nombre de personnes détenues, aucun chiffre officiel n’a été publié, mais «des estimations fiables suggèrent qu’entre le 1er avril, date à laquelle ont commencé les manifestations de masse, et le 31 juillet, plus de 5.051 personnes ont été placées en détention arbitraire», poursuit le Haut-commissariat. Plus de 1.000 personnes seraient encore en détention.

Plusieurs rapports font état de traitements cruels, inhumains ou dégradants à l’encontre de ces détenus par les forces de l’ordre, s’apparentant dans certains cas à des actes de torture. Ils dénoncent ainsi le recours aux décharges électriques, à des pratiques de suspension par les poignets pendant de longues périodes, à l’asphyxie par le gaz, et à des menaces de mort, voire des menaces de violence sexuelle, à l’encontre des détenus ou de leurs familles.

Le Haut-commissaire a exhorté les autorités de Caracas à «stopper sans délai tout recours excessif à la force contre les manifestants, à mettre un terme aux détentions arbitraires et à libérer toutes les personnes détenues».

 

 

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