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Culture

De Modène à Casablanca: Le voyage périlleux d’un tableau volé

Par Amine Boushaba | Edition N°:5083 Le 09/08/2017 | Partager
La toile précieuse a perdu 30% de ses pigments
Un an de travail nécessaire pour la restauration
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Le retable d’une valeur de 5 à 6 millions d’euros, volé en Italie et retrouvé au Maroc a perdu pendant le voyage 30% de ses pigments (Ph. TAN)

Le voyage a failli être fatal à l’une des œuvres majeures du 17e siècle. Le précieux Guercino: «La Vierge, Saint Jean l’évangéliste et Grégoire le Thaumaturge», un retable de 2,93 mètres sur 1,84 m peint par Giovanni Francesco Barbieri, dit Guercino ou le Guerchin en 1639, avait été dérobé en août 2014 dans l’église de Saint-Vincent de Modène en Italie.

S’ensuit une série de péripéties pour l’œuvre d’art qui s’est terminée le 15 juillet 2017 à Casablanca. Date à laquelle les autorités marocaine ont officiellement remis la toile estimée entre 5 et 6 millions d’euros, à l’ambassadeur de l’Italie au Maroc, Roberto Natali et à une délégation sécuritaire italienne de haut niveau.

A cette occasion, le contrôleur général de police et chef du district de Casablanca, Hamid Bahri, s’était félicité de cette restitution en déclarant  que le Maroc «entend répondre à ses obligations internationales, particulièrement en matière sécuritaire (...) et vis-à-vis de l’Organisation internationale de police criminelle (Interpol)».

Une fin, qui aurait pu être heureuse, à une histoire rocambolesque, sauf que pendant ces presque trois années, l’œuvre a subi de graves détériorations. C’est le constat de l’Institut Supérieur de Conservation et de Restauration (ISCR) italien. L’organe, dépendant du  ministère italien des Biens et Activités culturelles et du Tourisme est l’un des plus réputés au monde dans le domaine de la restauration. Ses spécialistes estiment qu’il faudra un an de travail pour redonner au retable tout son lustre.

La peinture a été rendue «en très mauvais état de conservation, ayant perdu 30% de ses pigments» a déclaré récemment Maria Grazia Gattari, la superintendante culturelle  de l’ISCR de Bologne et de Modène, à  «The Art Newspaper» le magazine culturel  américain  en ligne «En coupant la toile pour l’enrouler, les voleurs ont également détruit le cadre» précise-t-elle. A l’heure qu’il est les restaurateurs n’ont pas encore décidé des techniques et produits à utiliser, l’objectif sera de restaurer l’harmonie visuelle», conclut-elle.

Trois hommes avaient été arrêtés après avoir tenté de vendre le tableau au prix de 10 millions de DH, à un riche entrepreneur marocain, à Casablanca. C’est ce dernier qui, après avoir reconnu la valeur de l’œuvre, avait donné l’alerte. L’une des personnes arrêtées avait avoué que la précieuse toile avait été enroulée dans un tapis lors de son long voyage. L’auteur présumé du vol, de nationalité marocaine, a quant à lui été arrêté en Italie et sera extradé vers le Maroc.

 

 

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