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Economie

Finance participative: Intéressées les PME?

Par Amine SAHRANE | Edition N°:5083 Le 09/08/2017 | Partager
Le potentiel serait important selon une étude du cabinet Finéopolis
Les produits basés sur la dette dominent ceux basés sur le capital dans la région Mena-Asie
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Les produits basés sur les capitaux sont ceux qui bénéficient le plus aux PME car ils réduisent significativement les risques de l’entrepreneur. Les produits basés sur la dette sont pour leur part très similaires aux produits de la finance conventionnelle

Le marché de la PME recèle un important potentiel pour le développement de la finance participative au Maroc. Selon le rapport 2017 «la finance participative à la PME», réalisé par Finéopolis(1) consulting, 32% des petites entreprises de la région Mena sont exclues du circuit bancaire. La «non-conformité des produits proposés à la Sharia» en serait en partie la cause. Les résultats de l’étude de Thomson Reuters parue en 2014 permettent d’appuyer cette explication pour le cas marocain.

Elle montre que plus de 20% des PME du royaume attachent de l’importance à la conformité des produits financiers à la Sharia. Autre motif saillant, environ 93% des PME au Maroc acceptent d’envisager de travailler avec des banques participatives. Dans les pays musulmans, il est plus souvent observé que plus la taille de l’entreprise est petite, plus ses décisions de financement sont sensibles aux principes religieux, précisent les auteurs. 

Ils donnent deux explications à la tendance constatée. La première est que le pouvoir de décision est entièrement entre les mains de l’entrepreneur. La seconde réside dans l’agilité face aux contraintes économiques (petite masse salariale, petite taille des marchés ouvrant à des moyens de financements alternatifs).
Le segment PME ne doit donc absolument pas être négligé par les nouvelles banques «islamiques». Le potentiel que représentent les petites entreprises pour ces nouveaux bailleurs de fonds, estimé par la société financière internationale (SFI), est entre 1,9 et 2,2 milliards de DH en ce qui concerne le financement participatif. Et pour les dépôts, la SFI estime que cette capacité est entre 2,07 et 4,06 milliards de DH.

Le cabinet a également procédé à un Benchmarking des produits financiers proposés par les banques islamiques dans la région Mena et Asie. Curieusement, les produits basés sur l’endettement (Ijarah ou leasing, Mourabahah, Salam ou contrat à terme, Istisnaa) dominent ceux qui sont basés sur le capital (Mousharakah, Moudharabah). Les produits basés sur la dette sont assez similaires, pour ne pas dire identiques, aux offres conventionnelles. 

De ce fait, ils n’apportent rien de plus à la PME hormis peut-être de jouer sur la psychologie de l’entrepreneur.  Les produits basés sur le capital constituent quant à eux une véritable alternative. À titre d’exemple, la Moudharabah permet à un individu de créer son entreprise en n’investissant aucun capital monétaire, mais uniquement son idée, son expertise et ses efforts. Le capital, lui, est fourni par la banque. Il reste donc à savoir pourquoi une telle tendance a été décelée. L’autre question est de savoir si les indicateurs liés au financement des PME se sont améliorés depuis le démarrage de l’activité des banques participatives dans ces pays.

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(1) Finéopolis Consulting est un cabinet de conseil en stratégie, finance d’entreprise, et finance islamique basé à Casablanca

 

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