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Economie

Production cinématographique: 100 millions de DH pour encourager l’investissement étranger

Par Amine Boushaba | Edition N°:5082 Le 08/08/2017 | Partager
La mesure opérationnelle à partir d’octobre 2017
Une réduction de 20% sur les dépenses faites au Maroc
Universal, Miramax, Disney… déjà sur la liste
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Faute d’incitations financières, le Maroc n’accueille désormais que les tournages dont les scènes imposées par le scénario du film, ne peuvent être tournées ailleurs (Ph. L’Economiste)

Longtemps attendu par les professionnels du cinéma au Maroc, le décret relatif à l’aide publique à la production cinématographique étrangère, adopté par le conseil de gouvernement jeudi 27 juillet dernier, sera opérationnel au plus tard en octobre prochain. Mohamed Sarim Fassi Fihri, directeur général du CCM a tenu à donner des précisions sur ce nouveau système de remboursements «Cash rebate» accordés aux studios étrangers désirant investir au Maroc.

«Le Maroc a généré plus de 320 millions de DH d’investissement étranger dans la production cinématographique et télévisuelle en 2016. Nous ne devons pas nous en satisfaire, mais travailler à améliorer ce score en proposant des incitations financières. Notre ambition est de multiplier par 3 les investissements étrangers en un an».

Dotée d’une enveloppe de 100 millions de DH, la nouvelle mesure permettra aux productions étrangères dont le budget dépasse les 10 millions de DH et dont la durée de tournage est supérieure à 18 jours de se faire rembourser à mesure de 20% des dépenses faites au Maroc. Les dépenses éligibles doivent être basées sur des factures payées par chèque ou virement à des entreprises marocaines dûment répertoriées au registre du commerce.

En gros, cela concerne 90% des dépenses d’une production cinématographique.  «Si le producteur prend des billets d’avion à la RAM, il sera remboursé de 20% mais s’il les achète à une compagnie étrangère, ça ne sera pas le cas. Dans les 10% non remboursables, figurent également les cachets des figurants et la main d’œuvre locale payée en espèces», a donné comme exemple le directeur du CCM. «C’est une très bonne nouvelle pour l’industrie du cinéma nationale.

Cela va certainement attirer plus de productions internationales chez nous, et permettra également de former plus de techniciens qui se frotteront aux travaux des majors», soutient la productrice Khadija Alami, qui précise «Nous militons pour que cette mesure soit adoptée depuis 2012. Cette même année la Grande Bretagne, qui offrait déjà des mesures incitatives pour le cinéma a étendu son offre à la production télévisuelle. Résultat, les investissements se sont accrus de 800 millions de livres sterling».

L’annonce a de quoi séduire en effet «Quelques heures, à peine, après l’adoption du décret, nous avons déjà reçu les premières demandes de grands studios tels que Universal, Miramax ou Disney» précise Fassi Fihri. Ce qui a poussé le CCM à adopter un système de réservation. Il convient, dans ce cas, de déposer une caution de 10% de l’investissement qui sera rendu si le tournage se fait normalement.

Les premiers arrivés seront les premiers servis et une fois le forfait  de 100 millions de DH épuisé, les projets devront attendre l’année budgétaire suivante. Un plafond qu’il n’est pas exclu d’augmenter l’année prochaine si les résultats sont au rendez-vous, selon le patron du CCM tout en espérant que les régions concernées par les tournages (Ouarzazate en particulier) pourraient également contribuer aux remboursements à des taux additionnels.

«Le CCM a fait exactement ce qu’il fallait. J’espère que les autres départements travailleront avec autant de célérité. Car si nous nous engageons avec des productions internationales, particulièrement américaines,  il faudra respecter nos engagements dans les temps » prévient Khadija Alami.  «Les montages de budgets cinématographiques sont très complexes et chaque financement est lié à d’autres engagements financiers. Le moindre accroc ou retard de paiement peut avoir des conséquences importantes et augmenter considérablement les frais de production» précise-t-elle.

                                                                           

Une concurrence mondiale féroce

LA qualité de la lumière, la diversité des paysages, la proximité avec l’Europe, sont les principaux avantages qui attirent les productions internationales de cinéma au Maroc. Des attraits naturels qui ont généré des investissements étrangers qui aujourd’hui ne dépassent pas 0,13% du budget mondial de production cinématographique. Or le Maroc n’a pas le monopole de ces atouts.

D’autres régions comme les Iles Canaries, l’Afrique du Sud, la Croatie, Malte ou encore l’Ile Maurice en bénéficient et constituent les principaux concurrents du Maroc dans le domaine. D’autant plus qu’ils offrent des avantages sonnants et trébuchants aux majors américains ou britanniques qui dépensent respectivement 62% et 10% du budget mondial en productions de longs métrages (330 milliards de DH).

Mise en place d’un système de subvention allant de 10 à 30%, ou d’un système de crédit d’impôt transférable ou non allant de 20 à 35%, ou les deux à la fois, quand le Maroc, lui, n’offre depuis 1997, qu’une seule mesure incitative: l’exonération de la TVA de tous les biens et services acquis par les sociétés de production étrangères. Une incitation qui était intéressante à l’époque, mais insuffisante aujourd’hui face à la concurrence mondiale. Résultat le Maroc n’accueille désormais que les tournages dont les scènes imposées par le scénario du film, ne peuvent être tournées ailleurs.

C’est le cas du film American Snipper, réalisé par Clint Eastwood en 2014 et dont l’histoire se déroule à Bagdad.
Le tournage au Maroc n’a duré que deux semaines alors que des rues entières ont été reconstruites en Californie pour bénéficier de 5 millions de dollars d’incitations fiscales locales. Autres exemples les films Mission impossible 5 et le dernier James Bond, Spectre, ont fait du Royaume-Uni leur base arrière, en utilisant des moyens humains et techniques britanniques pendant leur tournage au Maroc.

Notre pays n’a alors été sollicité que pour ce qui ne pouvait être importé (hôtellerie, figuration, transports locaux) ou ce qui ne pouvait être tourné au Royaume-Uni.

 

 

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