Analyse

Mines, électricité, code gazier… ce qui va changer

Par Nadia DREF | Edition N°:5082 Le 08/08/2017 | Partager
Achèvement du chantier d’ouverture du réseau électrique de basse et moyenne tension
Eolien: Doubler le taux d’intégration industrielle
Le Maroc, un pays à fort potentiel minier

Le secteur énergétique suscite de gros intérêts auprès des opérateurs privés nationaux et internationaux. En atteste la ruée des sociétés qui postulent aux appels d’offres relatifs aux projets énergétiques lancés (hydrocarbures, mines, gaz, solaire, éolien…).

«Cet engouement est dû principalement à l’existence d’un cadre juridique et réglementaire qui est des plus attractifs, à une stratégie énergétique claire avec des programmes précis, à un potentiel important en énergies renouvelables, à des modèles de partenariats développés pour le financement des projets, ainsi qu’à la stabilité du pays», précise Aziz Rabbah, ministre de l’Energie, des Mines et du Développement durable.

Pour renforcer l’attractivité du secteur, plusieurs chantiers sont lancés. Achèvement de l’ouverture du réseau électrique de basse et moyenne tension aux opérateurs privés, mise en place effective d’une Autorité de régulation du secteur de l’électricité (ANRE), simplification des procédures administratives, notamment à travers les dispositions législatives et réglementaires y afférentes… La liste est longue.

■ Ouverture du marché électrique basse tension au privé
L’une des actions prioritaires du plan d’action du gouvernement porte sur la mise en œuvre de la loi 58-15 modifiant et complétant la loi 13-09 relative aux énergies renouvelables, actant le principe de l’ouverture du marché électrique basse tension aux investissements privés de sources renouvelables. La tutelle est en train de finaliser un projet de décret d’application. Ce texte vient fixer les conditions et les modalités d’accès à ce réseau ainsi que les modalités et les conditions commerciales de rachat de l’excédent de la production annuelle de l’énergie électrique par le gestionnaire du réseau de distribution. «Cette réforme permettra de produire de l’énergie de sources renouvelables et de la commercialiser au Maroc, comme à l’étranger, tout en ayant le droit d’utiliser le réseau électrique national de transport et de distribution. De même, une étude est en cours de réalisation pour définir les aspects techniques, juridiques, économiques et financiers pour cette ouverture», annonce Rabbah.

■ Projet de code gazier en cours de finalisation
Autre projet qui suscite l’intérêt des investisseurs, la finalisation du code gazier. Ce dernier sera introduit incessamment dans le circuit d’approbation en vue de mettre en place le cadre législatif et réglementaire devant régir le secteur gazier aval. Il concerne les activités de regazéification, de transport, de distribution, de stockage, d’importation, d’exportation et de commercialisation de gaz naturel sur l’ensemble du territoire.

■ Eolien: Implication des opérateurs nationaux
«L’intégration industrielle constitue une composante importante dans notre stratégie énergétique pour la réalisation des programmes d’énergies solaire et éolienne, développés respectivement par Masen et l’ONEE», soutient le ministre. Pour le cas du projet éolien, le taux d'intégration industrielle, reflétant la part de l'investissement réalisé par les entreprises marocaines, devrait doubler par rapport aux projets renouvelables lancés antérieurement, précise la tutelle. Cette politique d’intégration a déjà commencé à donner ses fruits et l’exemple en est l’engagement du groupement Siemens/Wind Power à fabriquer une grande partie des composants éoliens localement, avec l'installation de la première usine de fabrication de pales à Tanger.

■ Géologie: Une feuille de route pour plus de visibilité
Le Maroc est un pays à fort potentiel minier. Pour donner plus de visibilité aux investisseurs, une feuille de route sera mise en place pour améliorer le taux de couverture du territoire en cartes géologiques (lequel n’est que de 32% actuellement). «Si l’on considère la géologie du Maroc, il y a lieu de se demander si notre secteur, en dehors des phosphates, n’est pas en mesure d’être meilleur. Dans ce cadre, nous avions lancé une stratégie avec plusieurs volets», fait valoir Rabbah. Ce plan englobe trois axes, à savoir l’élaboration d’une infrastructure géologique adéquate, la promotion du secteur pour attirer plus d’investisseurs ainsi que l’ouverture de la zone minière de Tafilalet et Figuig connue sous l’appellation «Zone Cadetaf» aux investisseurs «tout en veillant à la préservation des intérêts des artisans», insiste le ministre.
Le département de tutelle planche, avec les régions, sur la conclusion de conventions de partenariat afin de développer ensemble la connaissance des ressources minières au niveau de chaque région. Ces conventions ont été adressées aux présidents des régions et seront signées incessamment.

R&D et cluster

Le ministère favorise également le développement d’infrastructures dédiées à la R&D. C’est le cas de l’Institut de recherche en énergie solaire et énergies nouvelles (IRESEN) et du complexe «Green Energy Park» composé de laboratoires de pointe et plusieurs plateformes de test et de projets pilotes. S’y ajoute la mise en place d’un cluster solaire réunissant des professionnels et des entreprises.

Autorité pour la régulation de l’électricité

L’Autorité de régulation de l’électricité a été créée en vertu de la loi n°48-15. Le Maroc accorde une grande importance à la mise en place effective de cette instance eu égard à son rôle de s’assurer du bon fonctionnement du marché libre de l’électricité, ainsi que de réguler l’accès des auto-producteurs au réseau électrique. Après l’insertion de l’ANRE dans la liste des établissements publics stratégiques, «nous nous penchons actuellement, en concertation avec toutes les parties prenantes, sur l’élaboration des textes d’application que nous avons inscrite dans le cadre de notre programme gouvernemental», annonce le ministre.

 

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc