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Economie

Compensation: L’enveloppe épuisée à hauteur de 60%

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5082 Le 08/08/2017 | Partager
La subvention du gaz butane s’embrase des deux tiers
La situation est promise à l’aggravation avec le maintien des cours du baril à un niveau élevé
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Depuis le début de l’année, la valeur des achats du gaz butane a pris une tendance haussière variant entre 31 et 130%. Le mois de mars marque la plus forte hausse alors que le volume importé n’a cru que de 2,1%. Le même constat est observé pour la totalité du premier semestre. Face à une légère hausse de moins de 2% des quantités, les valeurs ont explosé de 70% 

Régime turbo pour la compensation. Sur les six premiers mois, l’enveloppe dédiée par le budget frôle déjà les 60% (source TGR). Si l’on tient compte des impayés dus aux opérateurs du gaz butane et du sucre à fin juillet dernier, le taux d’exécution dépasse ce niveau. Et c’est le gaz butane qui s’est embrasé sous l’effet combiné de la hausse des prix et dans une moindre mesure de la consommation.
A fin juin dernier, la charge de ce produit  a explosé de près de 70% à 5,2 milliards de DH. Alors que l’aide à la consommation du sucre a pratiquement stagné aux alentours de 1,7 milliard de DH.

Au total, la charge de la compensation a atteint près de 7 milliards de DH sur les six premiers mois de l’année, alors que la prévision du budget s’élève à 14,6 milliards de DH y compris le soutien à la production d’électricité. La tendance est promise à l’aggravation, puisque les cours du pétrole sur lesquels sont corrélés ceux du gaz naturel, bien qu’orientés vers la stabilité, restent à des niveaux élevés.  

Selon l’IFP (Institut français du Pétrole) le pétrole devrait se stabiliser entre 50 et 60 dollars le baril cette année. A la condition que les gros producteurs respectent la limitation de l’offre et que les Etats-Unis s’abstiennent de développer la production de gaz de schiste. Sur ces bases, l’IFP a établi 2 scénarios: Un prix haut se situant entre 50 et 60 dollars le baril, dans le  cas où l’accord de baisse de la production est respecté.  Un scénario «bas»: avec un prix du baril compris entre 40 et 50 dollars, en cas de reprise rapide de la production américaine. Mais selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), les prix du brut évolueront lentement mais sûrement durant les mois à venir. Ceci, en liaison bien évidemment avec la reprise économique aux Etats-Unis, en Chine et dans certains pays de l’Union européenne.

De même, le gaz est d’ores et déjà appelé à jouer un rôle primordial dans la transition énergétique. Sauvegarde de l’environnement oblige, il doit à long terme détrôner le charbon si l’on se réfère aux prévisions de l’AIE. Sauf que pour le moment de nombreux pays  peinent encore à prendre le virage gazier pour accompagner le déploiement des énergies renouvelables. Car aux freins économiques (faiblesse du prix du carbone, compétitivité accrue du charbon et coûts élevés des infrastructures nécessaires pour les importations gazières) s’ajoutent des préoccupations de sécurité d’approvisionnement.

En revanche, le Maroc paraît s’insérer dans la dynamique. Déjà l’enveloppe de compensation au titre de l’année en cours a prévu des mesures d’accompagnement en faveur de l’Office national d’eau et d’électricité. C’est probablement pour encourager la production à base de gaz naturel. Mais l’option d’instaurer un meilleur ciblage de la subvention semble s’éloigner de plus en plus. Bien que l’inflation reste maîtrisée, le gouvernement n’oserait pas toucher au gaz butane. Du moins dans le contexte actuel de revendications sociales multiformes.

3 milliards à débourser 

LA loi de finances 2017 a prévu une dotation globale pour la compensation de l’ordre de 14,65 milliards de DH pour soutenir  les prix à la consommation du gaz butane, du sucre ainsi que le financement de certaines mesures d’accompagnement à l’ONEE.
Au 31 juillet 2017, le montant de la subvention alloué à la caisse de compensation s’élevait à  8,95 milliards de DH, soit 61% de l’enveloppe globale. Sur ce montant, 6 milliards de DH sont destinés à la subvention du gaz butane. Le reste, soit 2,95 milliards de DH pour le soutien de la consommation du sucre.
A fin juillet dernier, le montant des créances non encore payées et dues aux opérateurs de gaz butane et de sucre avait culminé à  2,03 milliards de DH. Par produit, les créances dues au gaz s’élèvent à 1,35 milliard de DH alors que les impayés du sucre  avaient atteint 677 millions de DH. Ces créances non payées représentent un peu plus de 2 mois de subvention pour le gaz butane et le sucre réunis.

 

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