International

L’Espagne rattrape son PIB d’avant-crise

Par L'Economiste | Edition N°:5076 Le 31/07/2017 | Partager
Le FMI revoit ses prévisions à la hausse
Tourisme, services et exportations se dynamisent

«Nous avons récupéré le niveau de richesse que nous avions avant la crise», a déclaré, vendredi dernier, le Chef de gouvernement, Mariano Rajoy. Le dynamisme de la consommation et du tourisme ainsi que les exportations industrielles ont favorisé ces résultats. Le PIB d’avant-crise a été rattrapé selon un porte-parole du ministère de l’Economie.

Si les chiffres de l’estimation provisoire publiée vendredi sont confirmés, le PIB se situera alors «au-dessus du maximum atteint avant la crise au second trimestre 2008 (3,77%)», toujours selon ses propos. Le gouvernement, la Banque d’Espagne ainsi que le Fonds monétaire international (FMI) ont revu à la hausse (3%) leurs prévisions pour 2017. Confiant, le ministre de l’Economie, Luis de Guindos, a déclaré la semaine dernière qu’il était «même parfaitement possible que l’Espagne réussisse à dépasser les 3,2% enregistrés en 2016 comme en 2015». 

Le FMI a, quant à lui, salué le rôle «du dynamique secteur des services en grande partie tourné vers l’export, qui a remplacé celui de la construction surdimensionné». Le tourisme en est le principal moteur. Avec 75 millions de visiteurs en 2016, le secteur bat des records de fréquentation depuis 4 ans déjà. 

En effet, depuis 2013, le pays a accueilli 15 millions de touristes supplémentaires, d’autant plus que les dépenses des étrangers sont bien plus supérieures que celles des voyageurs espagnols. Le secteur représente entre 6 et 11% du PIB.  Quant aux exportations, leur essor est qualifié de remarquable : chimie, automobile et agroalimentaire sont concernés. Selon l’Institut BBVA Research, ces exportations devraient même croître de 6% cette année.

Cependant, la fragilité de la croissance espagnole laisse planer des doutes. Les professionnels du secteur touristique ont conscience de la vulnérabilité des chiffres avancés, qui sont principalement dus à la fuite des touristes des principales villes européennes touchées par des attentats.

La consommation des ménages est le principal pilier de la croissance, mais elle ne pourra pas le rester éternellement. En cause, les salaires espagnols qui restent bas: 27% de moins qu’en France et 36% de moins qu’en Allemagne. L’Espagne est aussi le deuxième pays européen présentant le taux de chômage le plus élevé: 17,2%. Le FMI a prévenu l’Espagne sur les défis qui lui restent à relever: «Tout l’héritage de la crise n’a pas encore été complètement surmonté et le pays restera trop vulnérable aux chocs extérieurs s’il ne règle pas rapidement ces problèmes».

Safaa CHOUKRI avec T.E.G.

 

 

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