Entreprises

Métaux précieux : Les bijoutiers demandent la régulation du marché

Par Nadia DREF | Edition N°:5076 Le 31/07/2017 | Partager
Création d’un circuit d’achat de bijoux anciens en toute transparence
S’approvisionner en or auprès des sociétés minières dont l’activité est tournée vers l’export

Informel, manque de matière première, concurrence étrangère, baisse de la demande locale, contrebande… Les bijoutiers veulent en finir avec l’anarchie régnant dans leur secteur. Les professionnels ont demandé à Aziz Rabbah, ministre de l’Energie, des Mines et du Développement durable, lors d’une réunion tenue récemment à Rabat, de réguler le marché des métaux précieux et particulièrement l’or.

Selon les membres du bureau de la Fédération nationale des bijoutiers, les orfèvres nationaux se trouvent confrontés à un manque de matière première sur le marché «légal». «Il est malheureux que les artisans marocains ne puissent pas profiter de la richesse nationale en or. Toute la production de Managem ainsi que celle d’une société suisse sont exportées», se désole Driss Elhazaz, président de la Fédération.

«A défaut nous sommes contraints d’acheter les bijoux anciens sous des formes que les contrôleurs financiers n’admettent pas par manque de factures et de traçabilité», argue-t-il. C’est le cas par exemple des reventes d’anciens bijoux où seul le reçu est demandé mais lequel ne remplace pas une facture. Les professionnels souhaitent à ce propos que soit créée une entité ou un circuit où les produits anciens puissent être achetés en toute transparence.

Ils veulent aussi dupliquer le même modèle existant pour l’approvisionnement en argent via le comptoir installé par Managem à Tiznit. Et ce, pour se procurer la matière première de manière régulière et transparente. «Nous sommes intéressés par la mise en place d’un comptoir de vente d’or en détail contre paiement dans une limite de 2 tonnes par an, au prix du marché», souhaite Elhazaz. Outre l’objectif de mieux organiser la filière «or», ce système contribuera également à économiser les devises, précise le ministre.

Une fois la matière première abondante, les bijoutiers marocains se disent prêts à attaquer d’autres marchés notamment ceux de l’Afrique (Mauritanie, Soudan…) et du Moyen-Orient et concurrencer les produits turcs et italiens. Les bijoux marocains sont d’ailleurs très demandés sur ces marchés.

Pour ce qui est des pierres fines, le ministre a informé les membres du bureau que la loi sur les mines permet de rechercher toutes substances, autres que les phosphates et les hydrocarbures. Il leur a signifié clairement qu’ils peuvent créer une société dédiée et entreprendre les recherches en conséquence, conformément à une réglementation spécifique.

Les bijoutiers ont également demandé à Rabbah de faire renaître le laboratoire de géologie qui était agréé par les tribunaux et qui permettait de faire des analyses en cas de litige.

Repères

Le prix d’un gramme d’or 24 carats avoisine 384 DH.
Les prix de vente dépendent de plusieurs paramètres dont les plus importants sont le cours des métaux, les frais de traitement, la teneur et le taux de change.

 

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