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Politique

Discours du Trône: Rappel à l'ordre royal

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5076 Le 31/07/2017 | Partager
Élus, responsables politiques et décideurs mis face à leurs responsabilités
Pour rompre avec sa léthargie, l'Administration appelée à adopter la logique de performances, à l'instar du privé
Reddition des comptes pour les responsables défaillants
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 Le Roi a mis en évidence un à un les différents dysfonctionnements dont souffre l'Administration publique, se traduisant par un faible impact de la dynamique de développement en termes d'amélioration des conditions de vie des citoyens. C'est «un paradoxe irrécusable, mais difficile à admettre», selon le discours royal (Ph. map)

«Assez!». Le discours royal à l'occasion de la Fête du Trône est un véritable réquisitoire contre les responsables politiques et les fonctionnaires, dont les manquements ont limité l'impact de la transformation institutionnelle que connaît le Maroc depuis l'adoption de la nouvelle Constitution. Acteurs politiques et administratifs sont mis face à leurs responsabilités. «Acquittez-vous pleinement des missions qui sont les vôtres, ou bien éclipsez-vous».

Le message est on ne peut plus clair. Le Souverain a insisté sur l'importance de la mise en marche effective du principe de reddition des comptes. «Ne conviendrait-il pas de destituer tout responsable à chaque fois qu'on établit une négligence ou un manquement de sa part dans l'exercice de ses fonctions?», s'est interrogé le Souverain. Dures journées pour plusieurs responsables.

Les résultats de l'enquête menée par l'Inspection générale des finances et l'Inspection de l'administration territoriale sont très attendus. Ils devront certainement aboutir à sanctionner les décideurs ayant failli à leurs missions. Le Roi a été clair sur ce point: la loi doit s'imposer en premier lieu à tous les responsables. «Il n'y a pas lieu de se dérober à ses responsabilités ou de jouir de l'impunité», selon le discours royal.

Élus et dirigeants sont rappelés à l'ordre. «Lorsqu'un responsable, poussé par des calculs politiques ou personnels, arrête ou retarde un projet de développement ou à caractère social, un tel agissement ne constitue pas uniquement un manquement au devoir, mais bien une trahison». Il n'est plus admis de poursuivre l'enlisement de certaines pratiques ayant marqué le discours politique ces dernières années, avec l'utilisation de certains concepts pour se dérober de la responsabilité. Il n'est plus possible d'évoquer des forces obscures qui empêcheraient certains responsables de faire leur travail. «S'il n'en est pas capable, qu'il présente sa démission», a précisé le Souverain.

Le ton du discours du Trône traduit la gravité de la situation. Les événements d'Al Hoceïma pouvaient avoir lieu dans d'autres régions, souffrant des mêmes déficits. Une situation paradoxale pointée par le Roi. Les progrès en termes de grands projets de développement ne sont pas accompagnés de réalisations concrètes dans les domaines sociaux. Cette situation est due essentiellement à l'absence de cohérence et de coordination, ainsi qu'à la passivité et la procrastination. C'est un véritable rappel à l'ordre lancé par le Souverain: l'Administration doit couper avec les pratiques actuelles et s'inscrire dans la logique de la performance, comme c'est le cas dans le privé.

Absentéisme, manque de compétences... Autant de maux de l'Administration publique. Résultat: des instances devant jouer un rôle moteur dans la dynamique de développement se transforment en coquille vide, se limitant à la gestion des affaires courantes. Le Souverain a mis en avant l'exemple des centres régionaux d'investissement, qui constituent «un problème et un frein au processus d'investissement».

Résultat: des retombées négatives sur les régions, avec un déficit en projets qui affecte les conditions de vie des populations. Fonctionnaires, élus et agents d'autorité sont appelés à adopter les méthodes actives du travail et les objectifs ambitieux des cadres du privé. C'est décisif pour inverser la tendance. L'objectif est de recentrer l'action sur le service aux citoyens, qui sollicitent l'intervention du Roi à cause de la léthargie des administrations et responsables face à leurs doléances.

Pas d'approche sécuritaire

L'intervention des forces de l'ordre à Al Hoceïma ne traduit pas le recours à une «approche sécuritaire ». Elles ont agi pour «préserver la sécurité et la stabilité». Les forces de l'ordre se sont trouvées face à la population, suite au vide laissé par les partis et leurs élus. Le Souverain a rappelé que les Marocains ont le devoir d'être fiers de leur appareil sécuritaire. «Si certains nihilistes ne veulent ni admettre ni proclamer cette vérité, c'est leur problème à eux», a dit le Souverain.

 

 

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