Analyse

Domaine forestier: Comment se construit la nouvelle économie sociale

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5074 Le 27/07/2017 | Partager
GIE, gestion partenariale et co-responsable... les ingrédients
Un plan décennal 2015-2024 sur une approche d’intégration territoriale
Le Maroc parmi les 25 premiers pays à inverser la tendance de la dégradation
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Les recettes forestières totales au cours des cinq dernières années ont enregistré une croissance régulière depuis 2012. Elles ont atteint plus de 1 milliard de DH en 2016. Ce montant intègre la vente par adjudication de tous les produits forestiers y compris le liège, dont la valeur moyenne annuelle de  la vente est de près de 107 millions DH par an​

ABDELADIM Lhafi a fait du développement participatif et partenarial, un axe central de la gestion des forêts. Ainsi, le nombre des coopératives, des groupes d’intérêt économiques et des associations pastorales dépasse actuellement les 200 alors qu’il n’excédait pas 5 unités en 2005. «Cette démarche forme l’ossature de l’économie sociale forestière qui permet de réconcilier les usagers de la forêt avec leur environnement et de passer d’une approche de l’espace dans l’adversité à une gestion partenariale et co-responsable», souligne le Haut commissaire aux eaux et forêts. Selon lui, le chiffre d’affaires atteint 400 millions de DH, avec 4,5 millions de journées de travail et un revenu de 2.000 DH par mois et par adhérent. En outre, le plan décennal 2015-2024 se projette dans une vision d’intégration territoriale. En effet, une étude du Haut Commissariat a découpé le pays en 8 écorégions homogènes, pouvant avoir chacune, ses critères de définition et d’élaboration des politiques publiques, et les indicateurs agrégés d’évaluation et de rééquilibrage. Le potentiel économique et social du secteur forestier peut être un véritable levier du développement rural. Sur le plan de la participation du secteur des forêts  dans l’économie  nationale, le Haut Commissariat a procédé  à une évaluation, pour chaque écosystème. Les résultats  montrent  que la part  du secteur en zone d’arganeraie par exemple, participe  pour 7,3% du PIB  de cet écosystème, en intégrant les produits marchands (bois, fruits, parcours, …) les produits annexes (apiculture, chasse, plantes aromatiques et médicinales) ou encore les services environnementaux (conservation de l’eau, protection des sols et des cultures, piégeage du carbone, biodiversité, écotourisme, …). Dans la zone de l’écosystème chêne liège, dans la Maâmora, cette part est de 6,5% du PIB de la région. Ces valeurs restent légèrement sous-estimées, dans la mesure où l’intégration de certains autres aspects, telle que la biodiversité sont en cours d’élaboration avec des protocoles précis, déplore-t-il. Reste que ces activités se traduisent par une hausse régulière des recettes forestières au point d’atteindre 1 milliard de DH en 2016. Ce qui permet d’assurer les financements notamment des collectivités territoriales forestières et du fonds forestier.  En outre, depuis sa création, le Haut Commissariat a permis de sécuriser le domaine forestier, un acquis historique, pour reprendre l’expression du Dr Abdeladim Lhafi qui cite un autre indicateur sur les efforts déployés par le Maroc. En effet, notre pays qui perdait 1% de ses forêts avant 2000, a réussi à inverser la tendance en gagnant +2%, ou autrement dit, un gain de 300.000 ha. «Le Maroc est ainsi classé par la FAO parmi les 25 premiers pays dans le monde qui ont réussi à inverser la tendance de dégradation», dit-il.

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