Analyse

Vulnérabilité climatique: Continuer de vivre, tout en s’adaptant

Par Stéphanie JACOB | Edition N°:5073 Le 26/07/2017 | Partager
Un long processus d’apprentissage
Et une longue liste de projets structurants et d’assainissement
Vision à court, moyen et long terme
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Il y a les grosses dépenses, comme un parc éolien, avec de gros bénéfices, et les projets plus petits mais de base. L’ONEE prévoit notamment la généralisation des horloges astronomiques dans l’éclairage public, au prix unitaire de 1.440 DH, et l’installation d’économiseurs d’énergie à 48.000 DH pièce

Une approche participative. Le mot d’ordre pour assurer la pérennité des actions envisagées, au présent comme au futur, dans le cadre de la lutte contre le changement climatique. Car le plan d’aménagement d’espace lui-même est à changer. En effet, les risques et impacts des aléas du climat détruisent les moyens de subsistance, les habitations de la population et endommagent les infrastructures. Un trio qui met en danger le succès des démarches de développement. Penser adaptation, c’est surtout miser sur la réalisation de projets structurants et d’assainissement. Pour autant, plusieurs contraintes existent parmi lesquelles le problème d’expropriation des terrains, l’opposition des riverains à la pose des conduits, ou encore la difficulté de mobilisation des budgets. A ceci s’ajoute la pénurie de données météorologiques et techniques nécessaires, notamment à l’ONEE. Pour le secteur forestier, il faudra agir sur la régénération et la diversité des essences, surtout pour l’arganier et le thuya. Travaux de coupe, éclaircissement et sélection, la réduction du couvert forestier pouvant réduire les pressions sur les ressources en eau. Quant au secteur agricole, il peut gagner en résilience en assurant l’accès des agriculteurs à l’assurance, au microcrédit, aux meilleures variétés de semences et à l’information. En outre, la création de liens entre les fournisseurs, y compris les exploitants et transformateurs agricoles, sert à répondre aux besoins des consommateurs. La tâche est ardue tant les recommandations sont nombreuses. Promouvoir des systèmes intégrés et diversifiés de culture et d’élevage de bétail, accroître la fertilité des sols et améliorer les systèmes d’alimentation en eau. Autre piste d’adaptation, permettre aux intervenants locaux de négocier et mettre en oeuvre collectivement des mesures pour restaurer et enrichir le capital naturel.

  • A court terme

Communiquer. Le CDRT (Centre de développement de la région de Tensift) préconise dans son étude de sensibiliser le grand public aux enjeux, risques et impacts climatiques, de les vulgariser à travers les médias. La société civile, et particulièrement celle qui agit en matière d’environnement, doit être concernée, mise en lumière. L’appui aux institutions de l’Etat doit être fourni, surtout en matière de recherche scientifique, tout en favorisant le partage et la mutualisation des données. Mais le gage de l’implication des populations dans le processus d’adaptation naît quand les classes les plus vulnérables bénéficient d’activités génératrices de revenus. Les actions doivent donc s’inscrire dans une vision large de développement social durable.  

  • A moyen terme

Intégrer les risques présents et futurs dans les actions locales publiques et privées. Professionnels et experts sont appelés à réfléchir sur des politiques d’aménagement prenant en considération les conditions locales dans un climat changeant. Sur la planche, il reste encore à renforcer le réseau de transport, consolider les infrastructures en prévention des inondations, améliorer les systèmes de drainage, restaurer les forêts, renforcer les dispositifs et les moyens de préservation des surfaces agricoles à travers les outils de planification, assurer une bonne gestion du littoral… 

  • A long terme

Le rôle d’une éducation environnementale, via l’école et l’université, est considérable. Les populations doivent être informées, dès le plus jeune âge, du changement du climat et de son implication sur la nature et les moyens de subsistance. L’essor des énergies propres ou renouvelables allégera la pression sur les ressources en eau utilisées dans la production de l’énergie hydroélectrique. En résumé, à cause du changement climatique, les économies sont aujourd’hui contraintes de se tourner vers la protection des ressources naturelles dans une perspective de développement durable.

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