Analyse

Vulnérabilité climatique: Quels sont les risques?

Par Stéphanie JACOB | Edition N°:5073 Le 26/07/2017 | Partager
L’analyse de la vulnérabilité d’un territoire face aux menaces de l’environnement
Première étape de la stratégie d’adaptation
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Plusieurs inondations ont déjà touché la ville d’Essaouira. En février 2010, le centre-ville a été inondé, puis en novembre 2014, des hectares de céréales prennent l’eau et 18 maisons s'effondrent (Ph. Wanted)

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L’évolution de l’indice SPI (Standardised Precipitation Index) à Essaouira a été calculée via les données observées par la Direction de la Météorologie nationale sur la période 1961-2007. Tous les indices étudiés convergent vers l’assèchement et l’augmentation de la température au niveau de toute la région

Etablir des plans territoriaux contre le réchauffement climatique impose de lister les risques encourus. L’objectif étant de pouvoir s’en protéger le plus possible. L’heure est donc aux stratégies d’adaptation qui permettent d’accroître les chances de résilience aux changements climatiques. L’analyse de la vulnérabilité d’un territoire face aux menaces de l’environnement étant la première étape. Déclinaison.

Inondations

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Au Maroc, le risque d’inondation est le premier risque naturel en raison des dommages qu’il provoque, du nombre de communes concernées, de l’étendue des zones inondables et des populations y résidant. De plus, les changements hydrologiques inhérents à une urbanisation à outrance et aux actions d’aménagement parfois imprudentes contribuent à fragiliser les villes face à ce phénomène. Le Service provincial de la Protection civile a recensé le nombre de ménages et d’habitations menacés par les inondations. Dans 5 quartiers, Hay El Mellah étant le plus exposé, 1.275 ménages sont concernés et 271 maisons. Le 13 janvier 1856, des inondations ont provoqué l’effondrement du Fort Borj Al Oued, et le 21 novembre 1927, la tempête a causé la destruction du pont de Diabet. Plus récemment, en février 2010, le centre-ville a été inondé, puis en novembre 2014, des hectares de céréales prennent l’eau et 18 maisons s'effondrent. En 2016, plusieurs quartiers, boulevards et ruelles de l’ancienne médina sont inondés, provoquant une vive inquiétude chez les habitants. 

Feux de forêt

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 La province contient les massifs à haut risque au déclenchement de feux de forêt. Pendant l’été, toutes les conditions sont réunies entre températures élevées de l’air, absence de précipitations et épisodes de vent. Entre 1999 et 2014, il a été enregistré une moyenne de 6 feux chaque année, soit 12.688 ha incendiés au total et 7 ha par feu. Les dégâts les plus importants ont été provoqués par le feu de 2010 qui a ravagé 110 ha de thuya, et celui de 2014 dans la forêt de thuya de Tamekdout.  

Ensablement et érosion

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 Le microclimat et la météorologie locale, spécialement influencée par le changement climatique, de la baie d’Essaouira font leurs petits effets. Le brassage de ces phénomènes fait naître l’alizé permanent de mars à début septembre, qui balaye les dunes de sable. Repoussés vers l’océan puis redéposés sur la côte, ces dépôts d’amas de sable favorisent l’ensablement rapide de la baie. La non fixation des dunes de sable et l’intervention humaine sur ces dunes, comme la déforestation, perturbent l’équilibre d’échange entre la mer et la baie d’Essaouira. L’augmentation légère, mais bien réelle, du niveau de la mer participe à influencer la dynamique côtière. La cellule littorale comprise entre Essaouira et le Cap Sim subit une érosion très importante. Selon la Banque mondiale, la valeur moyenne avancée par certains auteurs de 1 à 1,7 mm/an suffirait à expliquer la tendance générale à l’érosion des côtes, notamment les plages et les basses falaises en matériau non consolidé. Le relèvement amène une exagération de l’attaque érosive des rivages et donc leur recul. Une érosion particulièrement nette se voit au niveau de la ville où les vagues viennent buter, à marée haute, contre la digue de la plage et les remparts. Un phénomène amplifié en période de vent fort.

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