Analyse

Casa Aménagement: «Mélanger politique et technique, ce n’est pas notre job»

Par Aziza EL AFFAS | Edition N°:5072 Le 25/07/2017 | Partager

Les SDL se trouvent aujourd’hui en ligne de mire. Le moindre de leurs faits et gestes est soumis à rude épreuve. Les élus les attendent au tournant, guettant la moindre erreur pour prouver que ce modèle de gestion est inadapté. C’est le cas non seulement pour Casa Aménagement, mais aussi Casa-Event & Animation, Casa-Prestation … Elles ont été récemment au cœur de plusieurs polémiques (complexe Mohammed V, logo de la ville …). Driss My Rchid, DG de Casa Aménagement explique le rôle purement exécutif et technique de ces structures, lancées en 2014, afin d’accompagner la réalisation du plan de développement. 

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«Nous sommes en train de former une élite capable de prendre les commandes d’autres SDL ou gérer de gros projets», souligne Driss My Rchid, DG de la SDL Casa Aménagement (Ph. L’Economiste)

- L’Economiste: Un patron de SDL doit gérer les sensibilités des uns et des autres: élus, citoyens, pouvoirs publics, entreprises… Au bout d’une décennie d’existence, quelle est votre recette pour ménager le chou et la chèvre? 
- Driss My Rchid:
 Effectivement, à son lancement Casa Aménagement s’occupait surtout de coordonner les études techniques. C’était notamment le cas pour le parc Sindibad et le grand théâtre. A partir de 2013, la ville nous a confié la maîtrise d’ouvrage déléguée de plusieurs projets. Cependant, nous ne sommes pas là pour faire de la politique, nous sommes des techniciens. On peut discuter sur le plan technique, répondre à des sollicitations quand on a les justificatifs. Il nous arrive de nous tromper et de rectifier le tir comme tout le monde. Mais mélanger ce qui est politique avec le technique, ce n’est pas notre job. Notre conseil d’administration a un rôle stratégique, qui relève plus du politique, ce qui nous permet de nous concentrer sur notre mission. Nous avons pris de l’essor en l’espace de 4 ans. Casa Aménagement gère aujourd’hui le plus grand nombre de projets du plan de développement en quantité, mais pas en montants. C’est Casa Transport (réseau de tram, le Noeud «A», les trémies…) qui gère le plus en terme de budgets.  

- Casa Aménagement a été récemment au cœur de plusieurs polémiques notamment sur le marché de la trémie des Almohades, le complexe Mohammed V, la fontaine de la place Mohammed V… Comment l’expliquez-vous? 
- Le décret des marchés publics est clair. Tant qu’on le respecte, en principe, il n’y a aucun problème. On n’a pas de complexes par rapport aux entreprises nationales ou étrangères. Pour le marché de la trémie Almohades par exemple, nous avons fait jouer la concurrence, in fine c’est le meilleur qui gagne. Près de 95% de nos marchés sont exécutés par des entreprises marocaines. Sur un total de près de 8 milliards de DH de projets gérés par Casa Aménagement, 1,2 milliard sont exécutés par des entreprises étrangères. On ne peut pas nous taxer de privilégier les étrangers, nous prenons les meilleurs dans leurs domaines et qui présentent la meilleure technique pour Casablanca. Pour cette trémie, il nous fallait une technique qui nous permette de libérer rapidement les voies.  

- Casa Aménagement gère de grands projets comme le super-collecteur ou le grand-théâtre… Quels peuvent être les principaux défis sur le terrain? D’ordre technique, organisationnel, financier ou de ressources humaines …
- Nous avons pour mission d’exécuter les projets pour le compte des collectivités. Les défis que nous rencontrons sont les mêmes que  pour n’importe quelle entreprise: administratifs, financiers, techniques, RH… Mais quelles que soient ces difficultés, nous arrivons à les gérer, car nous ne sommes pas lâchés dans la nature. Nous avons un conseil d’administration, dirigé par le wali et où siègent le maire et le président de la région ainsi que l’ensemble des bailleurs de fonds comme la DGCL, la CUC… Notre réussite dépend de cet accompagnement. Mais notre rôle consiste principalement à assurer la coordination, en s’attachant les services d’experts  dont des ingénieurs, bureaux d’études, architectes, bureaux de contrôle… Nous veillons principalement au respect des délais, des budgets, la qualité des projets… 

- Concrètement, comment vous arrivez à gérer des projets aussi divers et complexes? 
- Nous tenons à rester une petite structure avec des équipes réduites. La SDL compte une quarantaine de salariés, dont la moitié assure le volet technique et le reste du staff est dédié à la gestion administrative. Pour le suivi de chaque projet, Casa Aménagement consacre 2 personnes: un chef de projet et son suppléant. 
Un même chef de projet peut en gérer plusieurs. Le défi aussi c’est d’arriver à gérer plusieurs projets dans divers secteurs: voiries, théâtre, zoo, parc archéologique, trémie… Nous sommes en train de former une élite capable de prendre les commandes d’autres SDL ou gérer de gros projets.

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