Entreprises

Maghreb Steel réduit son endettement

Par Nadia DREF | Edition N°:5071 Le 24/07/2017 | Partager
Il est passé de 6 milliards à 4,5 milliards de DH
L’entreprise veut vendre 400.000 tonnes/an pour l’automobile et la construction en acier
Elle développe de nouveaux produits pour les plateformes pétrolières et gazières
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Le sidérurgiste dispose de deux sites qui produisent actuellement 600.000 tonnes par an 

LE sidérurgiste national sort la tête de l’eau. Près de trois ans après la mise en place d’un plan de sauvetage, suite à de grosses difficultés financières, Maghreb Steel affiche des résultats probants. L’endettement a été ramené de 6 milliards de DH à 4,5 milliards de DH. C’est ce qu’a annoncé à L’Economiste Amine Elouali, directeur général délégué de l’entreprise. L’Ebidta (résultat comptable hors amortissements, provisions, impôts et taxes) est passé de -260 millions de DH en 2014, à -50 millions de DH en 2015 avant d’atteindre 213 millions de DH. «Dès le deuxième semestre 2015, nous avons commencé à dégager des résultats positifs. Nous réalisons actuellement des résultats meilleurs que ceux fixés par le business plan», souligne-t-il.
L’amélioration du processus de fabrication est au cœur de la nouvelle stratégie. La production quotidienne a été ramenée à 3.000 tonnes/jour soit le double par rapport à 2014. Sur une capacité de production installée d’1 million de tonnes, au niveau des deux sites, le sidérurgiste ne produit actuellement que 600.000 tonnes. Son objectif est d’atteindre 700.000 tonnes fin 2017. Les volumes à l’export doublent chaque année passant de 50.000 tonnes en 2015, à 100.000 tonnes en 2016 et à 200.000 tonnes prévisionnelles pour 2017. Les principales destinations sont l’Espagne, la France, l’Algérie, la Tunisie, le Liban et l’Afrique de l’Ouest. Cette année, le sidérurgiste a démarré l’export vers le Canada et les USA profitant des avantages offerts par l’ALE.   
Sur le marché local, Maghreb Steel fournit essentiellement la construction et les TP marqués par la baisse des mises en chantiers et le retard des projets d’infrastructures. En revanche, son entrée sur le marché de l’automobile augure de bons résultats. Actuellement, il livre le constructeur Renault avec lequel il a conclu un accord portant sur 25.000 tonnes sachant que le groupe français consomme annuellement 200.000 tonnes d’acier. «Nous comptons lui fournir 70.000 tonnes à partir de 2019. Aujourd’hui, il y a des véhicules Sandero et Docker qui sont équipés de tôles fabriquées par Maghreb Steel», s’enorgueillit Elouali. L’entreprise a aussi entamé depuis 6 mois les négociations avec PSA pour être référencée en tant que fournisseur en tôle pour son usine de Kénitra dès 2019. Le potentiel pour Maghreb Steel est de 50.000 tonnes/an. Sur le volet sourcing, l’entreprise est en négociation avec Volkswagen, Seat et Ford soit pour l’approvisionnement direct ou à travers Snop, GMD ou autres équipementiers. 
Maghreb Steel a obtenu, au cours du premier trimestre 2017,  la certification ISO TS 16949, norme concernant la démarche qualité dans l’industrie automobile, élaborée par l’International Automotive Task Force (IATF). L’entreprise vise à atteindre, à moyen terme, 200.000 tonnes de commandes fermes en tôle de la part des constructeurs automobiles. 
Le contrat conclu avec le consortium mené par Nareva Holding portant sur un mégaprojet éolien intégré de 850 MW a également permis au sidérurgiste de remonter la pente. Il s’agit d’un volume de 50.000 à 60.000 tonnes d’acier qui serviront à la construction de mâts d’éolienne. «Nous espérons démarrer les livraisons dès le 2e semestre», déclare Elouali. Cette expertise permettra au producteur de mieux se positionner pour la construction de futures centrales. 
Maghreb Steel veut également accompagner la stratégie «Gas to power» à travers la fourniture d’acier pour la construction de gazoduc reliant Jorf Lasfar au Gharb. Par ailleurs, la société est en train de développer de nouveaux produits ciblant le marché algérien de pétrole et de gaz. 
Le producteur national a été encouragé dans son développement par les mesures anti-dumping instaurées sur les importations d’acier plat en provenance de huit pays (Japon, Corée du Sud, Australie, Brésil, Pays-Bas, Angleterre, Turquie et Russie).

Des appétits pour la construction 

LE secteur du bâtiment est dans le collimateur de Maghreb Steel. Prudence oblige, l’opérateur a lancé une étude sur les opportunités d’investissement dans la construction en acier. Il y a un an, il a créé une association regroupant différents acteurs intervenant dans le bâtiment (architectes, bureaux d’études… jusqu’au promoteur). 
Le but est de créer un écosystème dédié à la construction en acier qui permettrait de réduire les délais de 18 à 3 mois et d’offrir un logement de qualité même pour le produit à 250.000 DH. Les charpentes en métal importées pourront bientôt être fabriquées localement par Maghreb Steel. Le marché de la construction en acier peut absorber 200.000 tonnes d’acier, selon les prévisions du sidérurgiste.

 

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