International

Brexit: En attendant le 3e round

Par Tilila EL GHOUARI | Edition N°:5070 Le 21/07/2017 | Partager
Pas de résultats concrets au terme de la deuxième rencontre
Droits des citoyens, solde des comptes et question irlandaise des sujets épineux
L’UE demande des «clarifications»

Les  quatre jours de négociations à Bruxelles ont pris fin jeudi dernier en mettant en lumière le fossé qui sépare les deux parties. Le négociateur en chef européen pour le Brexit, Michel Barnier, a demandé à Londres de «clarifier» ses positions. 
Réunis depuis lundi dernier, l’Union européenne (UE) et le Royaume-Uni ne sont pas parvenus à des résultats concluants pour leur divorce. Les dossiers prioritaires ont été mis sur la table, à savoir: le droit des citoyens expatriés, le solde des comptes et la question de la frontière irlandaise.  Sur la question de la facture de sortie, évaluée à 100 milliards d’euros,  le Royaume-Uni n’a pas rendu publique sa position. Il rechignerait à accepter des obligations et la somme est jugée «fantaisiste et ridicule» par Philip Hammond, ministre des Finances publiques britannique. 

Le coût de sortie, «ridicule et fantaisiste»

De son côté, l’Office de responsabilité budgétaire, chargé de la surveillance des comptes au Royaume-Uni, a estimé que «la facture ne devrait pas avoir d’impact majeur sur les finances publiques». Sur cette question, Barnier a déclaré «une sortie ordonnée exige de solder les comptes». Ce dernier a également souligné qu’une «clarification de la position du Royaume-Uni est indispensable pour négocier et aboutir à des progrès suffisants sur ce dossier financier qui est inséparable des autres dossiers du retrait». Son homologue britannique, David Davis, a, de son côté, rappelé que les deux camps  «reconnaissent l’importance de régler les obligations qu’ils ont l’un envers l’autre». 
La «divergence fondamentale» entre les parties concerne le dossier du sort des ressortissants européens et la question de la souveraineté de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE). Londres va contre la volonté de l’UE et souhaite se détacher de la CJUE après le Brexit. Pour la protection de ses citoyens expatriés et le respect de leurs droits, l’UE aimerait continuer à se référer à sa plus haute juridiction en cas de litige. «Nous ne voyons aucun autre moyen pour garantir la pérennité de ces droits», a déclaré le négociateur en chef européen. Pour les jeunes au pair, ces négociations et la peur de ne plus pouvoir voyager librement au Royaume-Uni les ont amenés à se détourner du pays.
Le troisième sujet épineux du divorce concerne la frontière entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande. Les discussions ont été menées par les bras droits des négociateurs. L’enjeu pour Michel Barnier est de «protéger la coopération» entre les deux Irlande. 
Le troisième round qui devra «être celui de la clarification», selon le négociateur européen, débutera le 28 août prochain. L’Union européenne voudrait clore les pourparlers à l’automne 2018 afin d’avoir suffisamment de temps pour ratifier l’accord avant la date butoir de mars 2019. En attendant, un groupe de travail va se réunir la semaine prochaine pour discuter d’un possible accord commercial entre Londres et Washington.

Kamil Abdelhay HAMDOUCH avec T.E.G

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