Politique

Le PJD prépare son congrès en rangs dispersés

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5067 Le 18/07/2017 | Partager
Il est prévu les 9 et 10 décembre prochain
Le parti fragilisé par des luttes intestines
Benkirane attaque le PAM sur les événements d’Al Hoceïma
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Lors de cette session extraordinaire du Conseil national du PJD, la longue intervention de Abdelilah Benkirane, dont le ton traduisait l’amertume de l’ex-chef de gouvernement, a pratiquement éclipsé Saâdeddine El Othmani, chef de gouvernement et président du parlement du parti

Les divisions qui sont apparues dans les rangs du PJD suite à la destitution de Abdelilah Benkirane et son remplacement par Saâdeddine El Othmani à la tête du gouvernement, semblent s’aggraver. Cette formation, qui a annoncé la tenue de son congrès national les 9 et 10 décembre prochain, avance en rangs dispersés. En témoigne l’appel de Abdelilah Benkirane, à la préservation de l’unité du parti, lors de la session extraordinaire du Conseil national du PJD, le week-end dernier. L’amertume qui se dégageait du ton de l’ex-chef de gouvernement illustre la traversée du désert de cette formation. Dans une longue intervention de plus d’une heure, Benkirane a lancé des messages à ceux ayant conduit le PJD à cette situation catastrophique, selon l’expression utilisée par l’ex-chef de gouvernement. Il a déploré «l’embourgeoisement de certains membres du PJD» et s’est dit surpris par la rapidité de ces changements. Le secrétaire général de cette formation estime que cette épreuve a ébranlé «la confiance qui était notre principale valeur». Mais il a appelé les membres du PJD à dépasser cette crise et à aller de l’avant. Il a rappelé que ses consignes étaient «soit d’aider Saâdeddine El Othmani, soit de se taire». L’idée est d’éviter que les luttes intestines ne décrédibilisent le parti. Les batailles que se sont livrées certains Pjdistes, dont des membres influents, sur les réseaux sociaux, ont traduit le malaise qui règne au sein de ce parti.
Aujourd’hui, Benkirane, qui a failli présenter sa démission quelques semaines après la nomination d’El Othmani en tant que chef de gouvernement, dit avoir fait marche arrière. Ce qui constitue une mauvaise nouvelle pour certains candidats au secrétariat général du PJD. Certes, il ne peut pas prétendre à un troisième mandat. Mais des voix se sont élevées pour amender les statuts du PJD afin de lui permettre de se présenter. Une option qui semble écartée par les cadres du parti, particulièrement ceux occupant des postes ministériels.
Quoi qu’il en soit, Benkirane semble encore remonté contre le PAM. Dans son intervention devant les membres du Conseil national, il n’a pas hésité à faire porter la responsabilité des événements d’Al Hoceïma à cette formation. L’ex-chef de gouvernement, semble ne pas avoir encore digéré la défaite de son parti, qui a misé sur Najib El Ouazzani dans cette circonscription. Il a estimé que «la situation à Al Hoceïma n’est pas liée au retard d’exécution des projets, mais plutôt à l’atteinte à la dignité des citoyens après la victoire d’un parti qui leur a vendu des mirages». Pour lui, la solution passe par le rétablissement de la confiance entre les populations et l’Etat et les élus locaux. Cette idée a été reprise dans le communiqué final de cette session extraordinaire du Conseil national du PJD. Ce document a été aussi marqué par l’engagement des Pjdistes à soutenir le gouvernement El Othmani, tout en appelant à résoudre les problèmes en interne. L’idée est d’éviter les polémiques suscitées par les déclarations de certains dirigeants du PJD sur les réseaux sociaux.

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