Economie

61e Congrès de la statistique: Services financiers: 3 ans pour réussir l’accès universel

Par Stéphanie JACOB | Edition N°:5067 Le 18/07/2017 | Partager
L’objectif affiché de la Banque mondiale
25 pays prioritaires désignés dont le Maroc
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Le wali de Bank Al-Maghrib, Abdellatif Jouahri, a ouvert le séminaire international sur l’inclusion financière, organisé à Marrakech, en marge du Congrès mondial de la statistique

Le rôle des données et leur impact sur l’efficacité du processus de prise de décision est de plus en plus critique. En effet, seule l’exploitation de données fiables et objectives permet de dresser avec précision l’état des lieux de l’inclusion financière, d’établir des objectifs réalistes, d’identifier les barrières, de concevoir des politiques pertinentes et d’en suivre et évaluer l’impact. Voilà le paysage posé par le wali de Bank Al-Maghrib, Abdellatif Jouahri, devant des auditeurs au séminaire consacré à l’inclusion financière. L’événement se tenait en marge du 61e Congrès mondial de la statistique, avait comme partenaires le Comité Irving Fisher sur les statistiques des banques centrales (IFC), affilié à la Banque des règlements internationaux et le Centre d’études monétaires de l’Amérique latine. 
«L’éducation financière est primordiale», rappelle la présidente de l’IFC, Claudia Buch. La majorité de la population adulte ne possède que trop peu de connaissances sur les comportements financiers. Des enquêtes, il ne ressort que les attitudes court-termistes. Cette sous-performance d’éducation financière s’affiche plus clairement chez les femmes et les jeunes. Eduquer est donc une nécessité, car le chemin est encore long, et les erreurs financières faites à 20 ans ont une implication sur la richesse à long terme, prévient la présidente de Claudia Buch. Puisque le comportement des individus affecte la stabilité financière globale, il constitue une «matière première» pour les Banques centrales. Si tous les experts présents déploient une liste d’études et d’analyses qui renseignent sur le niveau d’éducation financière, tous déplorent en même temps les lacunes dans le traitement de ces informations collectées, et le manque de partage. Une étape obligatoire pour tirer enseignement des expériences des uns et des autres pays. D’ailleurs, les conclusions du dernier rapport publié par IFC, d’après une enquête de fin 2015 auprès de 47 pays, parlent d’«amélioration primordiale des données, faite dans un cadre beaucoup plus concerté et partagé pour une meilleure harmonisation internationale». Car les défis persistent. Disparité entre les régions, entre le rural et l’urbain, entre les genres, et les défis liés à l’amélioration de la qualité des données, etc. Il s’agit aussi d’intégrer les nouvelles tendances internationales en la matière, comme le développement de nouveaux modèles de distribution et l’émergence des services financiers numériques. Enfin, il convient de répondre efficacement à la problématique de financement d’une catégorie spécifique d’entreprises, les TPME. Un rouage de taille dans le tissu industriel, porteur d’emplois et de richesses. La centralisation des informations démographiques, économiques et financières sur les TPME, au niveau national et régional, par l’Observatoire, créé l’année dernière, pourrait alors aider à des politiques pertinentes.

Déclaration de Maya

PROMOUVOIR l’accès et l’usage de services financiers de qualité est l’engagement annoncé par Bank Al-Maghrib en adhérant à la déclaration de Maya en 2013. La Banque mondiale, qui considère l’inclusion financière comme un facteur clé pour la réduction de la pauvreté, s’est fixée l’objectif de faire atteindre un accès universel aux services financiers d’ici 2020. Avec le Maroc, 25 pays prioritaires ont alors été identifiés. Un cadre de soutien à l’inclusion financière, lancé en 2012, pour la mise en œuvre des engagements Maya des Etats signataires.

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