Chronique

Globalisation: Ce qu’il faut prendre, ce qu’il faut corriger

Par Jawad KERDOUDI | Edition N°:5066 Le 17/07/2017 | Partager

Jawad Kerdoudi est président de l’Imri (Institut marocain des relations internationales) (Ph. JK) 

Le Forum(1) de notre Institut condamne le nationalisme qui préconise la fermeture des frontières, le protectionnisme économique, la préférence nationale, l’arrêt de l’immigration et les réticences vis-à-vis de la lutte contre le changement climatique. 
La fameuse déclaration de François Mitterrand en 1995 devant le Parlement européen a été rappelée: «Le nationalisme: c’est la guerre». Au contraire du nationalisme, la mondialisation prône le libéralisme économique, le libre-échange, la libre

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Depuis la crise de 2007, la part des marchandises exportées, par rapport au PIB, est devenue volatile. Dans les années précédentes, de 1985 à 2000, la progression avait été constante et rapide

circulation des personnes, des marchandises et des capitaux, la lutte commune contre le changement climatique. Grâce à elle, des millions de personnes sont sorties de la misère notamment au Brésil, en Chine et en Inde. Plusieurs pays ont connu l’émergence d’une classe moyenne indispensable pour assurer la stabilité sociale.
Cependant, la mondialisation a eu aussi des éléments négatifs: les laissés-pour-compte, l’accentuation des inégalités sociales, la baisse des salaires et des conditions de travail, et même la fermeture d’usines du fait des délocalisations. Elle est la

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Le président-fondateur de l’IMRI, Jaouad Kerdoudi, fut un des tout premiers diplômés HEC du Maroc indépendant et a fait sa carrière comme haut fonctionnaire dans le commerce international des produits agro-alimentaires, au moment où l’Etat prenait directement en charge ces activités. Il a aussi assumé des charges de consul général, parallèlement à sa mission commerciale dans les pays où la diplomatie marocaine n’avait pas encore les moyens de démultiplier les postes (Ph. IMRI)

cause de la grande crise économique mondiale 2008-2009 du fait de la déréglementation du système financier international. Pour remédier à ces effets négatifs, il est nécessaire de réformer les institutions économiques internationales en donnant plus de pouvoirs aux pays émergents et en développement. Il faut élargir les attributions du FMI pour réglementer la finance internationale afin d’éviter de nouvelles crises. 
La Banque mondiale doit être dotée de nouvelles ressources pour lutter contre la pauvreté dans le monde, qui doit être sa principale priorité. 
Il faut réformer l’OMC, Organisation mondiale du commerce, qui est actuellement en stagnation, afin d’accorder aux Etats membres une marge de manœuvre plus grande en termes de protectionnisme pour faire face à des risques majeurs. 
Il faut enfin établir à l’échelle mondiale de nouvelles règles pour contrôler les conditions de travail partout dans le monde. 
Le Forum a rendu hommage dans ce sens à la nouvelle politique africaine du Maroc qui a connu un grand succès, et insiste sur l’intégration régionale y compris l’Afrique du Nord. 
Enfin, le Forum déplore que le Maroc n’ait pas encore bénéficié entièrement de son ouverture à la mondialisation.  Il doit améliorer la compétitivité de son économie et son développement humain, accélérer son industrialisation et diversifier géographiquement son commerce extérieur. 

La mondialisation mutualisée

Chaque Etat gagnant dans la mondialisation doit donner des compensations aux perdants, en assurant des filets de sécurité, un bon niveau de protection sociale, et des soins de santé performants. L’Etat doit fournir à tous les citoyens un enseignement de qualité, et des compétences pour s’adapter à l’évolution moderne de l’économie. Il doit également redistribuer les richesses du pays par le biais de la fiscalité. 
Plus particulièrement l’Afrique, qui a opéré un véritable tournant dans son histoire, doit changer son modèle de développement en transformant sur place les matières premières avant de les exporter, et procéder à son électrification totale et à son industrialisation. La coopération Sud-Sud est à encourager parce que basée sur le partenariat gagnant-gagnant et sur l’assistance aux pays les moins avancés.

Carte de visite

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Le logo de l’Institut marocain des relations internationales. L’IMRI, un think tank orienté vers la politique étrangère, organise régulièrement des débats, des colloques de plus grande envergure et des voyages d’initiation et d’études, annoncés dans les colonnes de L’Economiste. L’Institut peut aussi fournir des expertises pour des études spécialisées.

 

(1) Le Forum annuel de l’IMRI (Institut marocain des relations internationales) s’est tenu en mai 2017, à Casablanca, sur le thème «La montée des nationalismes: Quel avenir pour la mondialisation?». Placé sous le haut patronage de SM le Roi Mohammed VI, il a été ouvert par Monsieur Youssef Amrani chargé de mission au cabinet royal et ancien ministre délégué et ancien secrétaire général pour les Affaires étrangères et la Coopération. Le Forum a été animé par 26 intervenants venus du Maroc, Algérie, France, Sénégal, Suisse et Tunisie et plus de 150 participants ont suivi les débats. 
Le dernier débat de l’IMRI, fin juin 2017, portait sur l’adhésion du Maroc à la Cedeao.

 

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