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Entreprises

Un réseau panafricain d’enseignement supérieur privé

Par Hassan EL ARIF | Edition N°:5065 Le 14/07/2017 | Partager
Honoris United Universities est portée par Actis, fonds d’investissement britannique
Déjà sept établissements, dont Mundiapolis et bientôt l’EMSI

Le fonds d’investissement britannique Actis a annoncé, mardi 11 juillet à Londres, la naissance d’Honoris United Universities, première plateforme d’enseignement supérieur privé en Afrique. Pour son démarrage, le réseau est composé de 7 établissements: Université centrale, IMSET, Académie d’art de Carthage, Mundiapolis, EMSI, Regent business school et Mancosa. Des instituts qui poseront les premiers jalons d’une «intelligence collaborative». Un mot d’ordre répété à l’envi lors de la cérémonie de présentation. C’est le fondement de la vision stratégique du réseau panafricain. L’idée est de faire jouer les synergies entre les différents membres de la plateforme pour créer une nouvelle génération de diplômés. Des cadres qui allient l’agilité culturelle, la mobilité et l’enthousiasme pour relever le défi de travailler dans n’importe quel pays africain. Une dimension qui s’ajoute à une formation aux standards internationaux. Ce qui exige de fortes capacités d’adaptation aux différences culturelles, de coutumes, de langues et de religions. Les promoteurs du réseau veulent ainsi anticiper les grandes mutations qui attendent le continent africain, déjà une direction cardinale de tous les investisseurs. Par conséquent, il faudra préparer les ressources humaines. «L’Afrique connaît régulièrement des taux de croissance moyens de 3%. Certains pays et villes avancent plus vite que d’autres. La démographie y est en pleine expansion. Ce qui se traduira par d’énormes besoins en formation, auxquels nous comptons répondre. 

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Amine Bensaïd, président de Mundiapolis qui est membre d’Honoris United Universities: «Nous dispensons une palette de formations riches et variées et nous comptons développer d’autres spécialités telles que la médecine dentaire ou l’architecture ingénierie» (Ph. Actis)

L’autre changement qui se profile en Afrique concerne l’amélioration du statut de la femme africaine, qui aura plus de chance que sa mère en termes de formation et d’opportunités de carrière», explique Rick Philips, associé Private Equity et membre du conseil d’administration d’Honoris United Universities. «L’étudiant que nous allons former aura des compétences africaines et sera formé aux normes internationales pour pouvoir saisir les possibilités de recrutement en Afrique ou par les multinationales qui s’intéressent au continent», précise Slah Ben Turkia, cofondateur de l’Université centrale, de l’IMSET et de l’Académie d’art de Carthage. C’est en 2016 (voir L’Economiste n°4778 du 23/05/16) que le fonds d’investissement Actis a annoncé l’entrée dans le capital de Mundiapolis. Un ticket d’entrée de 100 millions de dollars. Un autre contrat est en cours de finalisation avec l’Ecole marocaine des sciences de l’ingénieur (EMSI). Encore quelques formalités administratives et le fonds pourra contrôler l’établissement.
Actis a également annoncé l’extension du réseau à Mancosa (Management Collège of Southern Africa). Aux côtés de la business school Regent, l’université sud-africaine dispense un enseignement à distance et assure des formations accréditées et accessibles. L’opération reste suspendue à quelques démarches administratives. «Nous souhaitons intégrer d’autres pays, notamment la Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Kenya…», indique Hichem Oumezzine, codirecteur du département éducation monde à Actis.
Le principe de l’opération consiste à entrer dans le tour de table des institutions d’enseignement et de les intégrer dans le réseau panafricain. Contrairement aux fonds d’investissement classiques, l’horizon de sortie n’est pas précisé à l’avance. Ce qui fait l’originalité de l’expérience. Bien que minoritaires dans le capital, les fondateurs et le staff sont maintenus en place pour diriger ces établissements. «On ne change pas une équipe qui gagne», justifie Mourad Cherif, ancien président de l’ONA et de l’OCP, et ex-ministre et actuel senior advisor auprès d’Actis. Ce qui changera plutôt, c’est que les membres du réseau pourront profiter de leur expertise respective.
Certains établissements offrent des programmes que d’autres n’ont pas. Ils pourraient, par exemple, les conseiller pour concevoir des curricula adaptés aux réalités de chaque pays. 
Pour Amine Bensaid, président de Mundiapolis, «l’enseignement est devenu une affaire de famille. Les parents sont à la recherche d’établissements capables d’offrir à leurs enfants l’accompagnement nécessaire à l’amélioration de leur employabilité. C’est l’un des aspects sur lesquels nous travaillons depuis trois ou quatre ans. Nous avions besoin d’un partenaire qui ait la même vision. Nous l’avons rencontré à travers Actis». Les dirigeants de certaines universités membres de la plateforme se sont déjà donné rendez-vous, cette semaine, en Tunisie pour discuter coopération. Pour diriger le réseau, Actis a débauché Luis Lopez de chez Laureate International Universities et l’a nommé PDG.
En Afrique, Actis n’est pas en terre inconnue. Cela fait 70 ans que le fonds y investit. A l’époque, on parlait encore de CDC Group, l’institution financière créée en 1948 par le gouvernement britannique pour accompagner les marchés émergents. Le fonds investit dans les infrastructures, les énergies renouvelables, les biens et services, notamment au Bénin, au Sénégal, au Kenya, au Nigeria, en Egypte…

Actis: Carte de visite

ACTIS est un fonds d’investissement britannique, anciennement CDC Group. Avec des engagements de l’ordre de 13 milliards de dollars, il est leader sur les marchés émergents, en Afrique, Asie et Amérique latine. Sa démarche consiste essentiellement à identifier les opportunités d’investissement grâce à sa connaissance approfondie des pays ciblés. Ce qui lui permet de répondre précisément aux besoins de chaque marché en tenant compte de la hausse de la consommation interne et de niveaux d’investissement soutenu dans les infrastructures. L’investissement en capital constitue l’une des principales activités d’Actis. Le fonds a déjà investi 5 milliards de dollars. Il cible essentiellement les entreprises avec un fort potentiel de croissance dans quatre principaux secteurs: la grande distribution, les services financiers, la santé et l’industrie. Depuis sa création, le fonds a déjà conclu 150 transactions. En 2016, il a lancé un pôle immobilier dédié à l’Afrique subsaharienne. C’est le plus important fonds immobilier privé à ce jour. Ce qui traduit la place réservée à l’Afrique dans sa politique d’investissement. Avec 3 milliards de dollars, le continent s’adjuge 40% des engagements du fonds.

 

Le poids d’Honoris United Universities

■ 7 établissements

■ 48 campus

■ 27.000 étudiants 

■ Plus de 55.000 diplômés

■ 9 pays africains

■ 30 villes

■ Plus de 40 nationalités

■ Plus de 100 diplômes

■ Plus de 50 partenariats en Europe et aux Etats-Unis

■ Sciences de la santé, ingénierie, IT, business, droit, architecture, éducation…

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