Analyse

Grande distribution: Les grosses manœuvres continuent

Par Nadia DREF | Edition N°:5062 Le 11/07/2017 | Partager
Les majors accélèrent leur plan de développement
Le marché n’est saturé qu’à hauteur de 60%
Les points de vente modernes croissent d’environ 5% par an

Depuis le début des années 2000, la grande et la moyenne distribution poursuit sa révolution sur le marché. Ce nouveau phénomène a entraîné un développement au niveau de l’emballage, du «just in time» dans la livraison des stocks pour ces grands magasins et un progrès au niveau du producteur. Elle a aussi poussé à la mise en place de chaînes de froid indispensables aux produits frais et denrées périssables. Depuis l’ouverture du marché marocain aux produits étrangers, une mouvance a commencé dans le commerce. Avec de nouveaux produits, de nouveaux styles de consommation se sont installés.
Aujourd’hui, plusieurs acteurs accélèrent leur plan de développement à travers l’ouverture de nouveaux points de ventes. C’est le cas de Marjane, Label’Vie et Bim. En revanche Aswak Assalam, filiale de Ynna Holding, marque le pas. Malgré le nombre réduit d’opérateurs (au nombre de quatre), la concurrence s’intensifie. Les plus agressifs sont Label’Vie et Bim qui multiplient les ouvertures, surtout les petits magasins, à travers le pays. 

975.000 points de vente sur 18 millions de m²

Selon une récente étude publiée par la Direction des études et des prévisions financières (DEPF), le marché n’est saturé qu’à hauteur de 60%, ce qui offre de nouvelles opportunités à saisir. «Un fort potentiel de développement, à moyen et à long terme, existe et se renforce avec les opportunités offertes par les développements atteints ou attendus des stratégies sectorielles déjà engagées».
Le secteur du commerce et de la distribution compte plus de 975.000 points de vente étalés sur 18 millions de m² marqués par la diversité de leurs formats et par des niveaux d’organisation et d’intégration différents (commerce traditionnel, franchises,

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Au niveau régional, l’Afrique du Nord a accueilli 124 centres commerciaux en 2016, contre 69 en 2013. Les centres commerciaux de la région sont les plus grands avec une superficie moyenne de 25.000 m²

grandes surfaces, centres commerciaux...). Actuellement, plus des 3/4 de la vente au détail se fait dans les magasins traditionnels, les petits magasins d’angle et les marchés ouverts. En revanche, les supermarchés et les points de vente modernes gagnent du terrain grâce à une croissance d’environ 5% par an depuis 2005. Le nombre des grandes et moyennes surfaces est passé de 15 en 2001 à 429 magasins en 2015. Au niveau régional, l’Afrique du Nord a accueilli 124 centres commerciaux en 2016, contre 69 en 2013. Les centres commerciaux de la région sont les plus grands, en Afrique, avec une superficie moyenne de 25.000 m².
Selon les résultats de l’étude: «cette expansion est tributaire dans une grande mesure des opérateurs internationaux qui accèdent au marché dans le cadre des partenariats avec les acteurs nationaux pour profiter de la dynamique de l’évolution de l’économie et de la société marocaine». 
Malgré cet engouement, le secteur souffre de nombreux problèmes, qui freinent son progrès et jouent en défaveur de sa performance: prédominance de l’informel, désorganisation, multitude des intervenants… Du côté de la demande, elle reste tributaire des revenus des ménages qui, crise oblige, focalisent leur achat sur les produits de première nécessité en premier. 
L’essor de la distribution nationale en Afrique pourrait apporter un relais de croissance au secteur organisé. Cette implantation contribuerait fortement à donner une véritable diversification des exportations sur ce continent à fort potentiel. L’internationalisation permettrait, ainsi, d’enclencher une dynamique qui toucherait l’ensemble des maillons de la chaîne de valeur nationale allant de la production jusqu’aux activités connexes (logistique…). 
Selon la lettre du Centre d’études prospectives et d’informations internationales (CPII), le doublement des ventes de la grande distribution d’un pays donné dans un pays hôte entraînerait, en moyenne, une augmentation de 18,6% des exportations agroalimentaires du pays d’origine vers le pays hôte. A titre d’exemple, l’implantation de la grande distribution française à l’étranger entraîne un surcroît d’exportations de produits agro-alimentaires pour la France de l’ordre de 10%.

Bon scoring

Le Maroc figure, selon l’indice global du développement du commerce de détail (Global retail development index) pour l’année 2016, parmi le top 30 des pays en développement attractifs pour les investissements dans le domaine du commerce de détail. Il est classé 14e (contre la 27e place en 2013), soit le quatrième en région Mena après les Emirats Arabes Unis, l’Arabie saoudite et la Jordanie. Il est le premier au niveau du continent africain. Cette évolution reflète un véritable changement du comportement et des habitudes du consommateur marocain.

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