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Politique

Morocco Today Forum: L’entrepreneuriat social, levier de croissance

Par Nadia DREF | Edition N°:5061 Le 10/07/2017 | Partager
Nécessité d’une fiscalité et d’un cadre législatif sur mesure
La création d’un écosystème, encore au stade de la réflexion

La deuxième édition du Morocco Today Forum (MTF), organisé par le Groupe Maroc Soir (éditeur du journal Le Matin), sous le thème: «Co-développement: la vision d’un Roi» a rassemblé le gotha des affaires ce vendredi 7 juillet à Casablanca. Les différents intervenants nationaux et internationaux qui ont partagé leurs expertises et leurs expériences cumulées tout au long de leurs parcours étaient unanimes quant à la clairvoyance du Souverain par rapport aux  multiples initiatives entreprises en matière d’entrepreneuriat social à l’échelle nationale et continentale. 
Durant toute la journée du vendredi dernier, les participants ont analysé l’évolution de l’écosystème entrepreneurial et le rôle que jouent l’entrepreneuriat et l’innovation au service du développement social.
«De tels projets participent à la création d’emplois et à l’essor des PME-PMI, qui représentent la véritable locomotive de développement du continent et la principale source de travail pour sa jeunesse», extrait du discours du Souverain à l’occasion du Forum économique maroco-ivoirien, le 24 février 2014 à Abidjan.
«Le temps est venu pour construire un nouveau modèle de croissance et de développement en Afrique. Celui adopté par le Maroc est basé sur la prospérité partagée, la création de l’emploi et le développement humain. L’accélération de l’intégration régionale est un impératif majeur. Le retour du Maroc à l’UA apportera certainement une valeur ajoutée indéniable pour la construction d’une Afrique réunie», a mis en avant Youssef Amrani, chargé de mission au cabinet royal. 
L’entrepreneuriat social, véritable levier de développement et de la croissance au Maroc et en Afrique, dans un contexte économique et politique difficile, pourra apporter une  paix sociale et éviter l’endoctrinement et la récupération des jeunes, souvent sans emploi, par des bras démagogues et des organisations intégristes, terroristes.  L’enjeu est de taille vu que le continent africain abrite la population la plus jeune au monde, avec plus de 300 millions de personnes âgées de 15 à 24 ans mais aussi la plus vulnérable, avouons-le. Les attentes de cette génération sont justifiées, notamment celles consistant à vivre en paix et dans la dignité, à trouver un emploi et  bénéficier de meilleures conditions de vie et de services publics (santé, enseignement, sécurité sociale…).
 
Pour relever ce challenge, il va falloir mettre  en place les mécanismes appropriés, une fiscalité adaptée ainsi qu’une législation spécifique pour favoriser l’émergence d’entreprises sociales et solidaires. La touche locale et l’implication des acteurs locaux sont également importantes.
Certes, au Maroc, il n’y a pas de politique dédiée à l’entrepreneuriat social. Pour le moment, ce chantier est encore au stade de la réflexion. 
Toutefois,  des initiatives existent. Elles sont parrainées par des entreprises ou par des associations, qui sont louables, mais qui restent des actions éparpillées. Véritable tremplin de la liberté et de la mobilité sociale, pouvant apporter une réponse aux inégalités, l’entrepreneuriat social doit être porté par tous. Les politiques publiques, les stratégies du secteur privé et les initiatives de la société civile doivent converger pour toucher les jeunes qui sont exclus de la dynamique économique et les accompagner pour en faire les entrepreneurs de demain. Et pourquoi ne pas en faire des «success stories» et des modèles à suivre pour d’autres jeunes vivant dans la précarité. «Nos jeunes ont besoin d’argent mais aussi de modèles», a souligné Leila Mamou, président d’Injaz Al-Maghrib et PDG de Wafasalaf. Elle a insisté sur la mise en place d’une stratégie RSE claire basée sur le mécénat des compétences. Lors du MTF, il a été décidé la création d’un think-thank «Casablanca Institute for Peace and Inclusive Prosperity» pour encourager l’implication des jeunes et des sages dans l’entrepreneuriat social. «Nous comptons élaborer un livre blanc ainsi qu’une cartographie panafricaine et mettre en avant des modèles», conclut Bouchra Rahmouni Benhida, directrice scientifique du forum qui a promis également l’élaboration d’une feuille de route à l’horizon 2025. 

Hackathon «Morocco Social Tech»

QUATRE entreprises portées par de jeunes entrepreneurs en herbe ont été primées par le Hackathon «Morocco Social Tech» 2017. Le premier prix a été décerné à Coop 360, une TPE qui compte accompagner des coopératives dans la commercialisation de leurs produits en mettant à leur disposition des plateformes web et mobiles. Le second prix a été octroyé à Repulse, une entreprise proposant une solution de télémédecine pour minimiser le déplacement vers un hôpital, surtout dans le monde rural. Le troisième prix a été attribué à deux TPE. Baptisée Domeign, la première revisite l’artisanat marocain dédié à l’ameublement d’intérieur. La seconde est une maison de maroquinerie à base de cuir de poisson. Cuimer s’appuie sur le tannage naturel pour éliminer l’odeur du poisson. En partenariat avec ses sponsors, le groupe Maroc Soir compte accompagner les lauréats jusqu’à la concrétisation de leurs projets.


Verbatim 

. Myriam El Khomri, ex-ministre française du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social: «L’entrepreneuriat social n’est pas uniquement pourvoyeur d’emplois et d’activités sociales mais c’est aussi un projet de société qui incarne des valeurs d’humanisme universel».

. Marcelino Oreja, ex-ministre espagnol des Affaires étrangères: «Le Maroc est un acteur de co-développement au sein de la famille africaine. Il est temps de travailler ensemble pour l’Afrique». 

. Camara Sanaba Kaba, ministre de l’Action sociale de la Guinée équatoriale: «Le Maroc par sa qualité et ses services sociaux, son cadre réglementaire… occupe une place de choix dans le continent africain».

. Brahim Benjelloun Touimi, administrateur directeur général exécutif du Groupe BMCE Bank of Africa: «Nous avons besoin davantage de créateurs d’emploi. Nous pouvons avoir un acheminement lucratif mais à finalité sociale».o

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