Régions

Fès: Houleuse session du conseil régional

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5061 Le 10/07/2017 | Partager
Laenser face à la colère des élus de l’opposition
Le PAM veut exhumerle «Hirak» du Rif
Des manœuvres politiciennes fatales
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Rien ne va plus entre Mohand Laenser, président (MP) du conseil régional Fès-Meknès, appuyé par les élus PJD, d’une part, et les conseillers PAM, RNI et PI d’autre part. La session du mois de juillet s’est déroulée sous haute tension (Ph. YSA)

La récupération politique des événements d’Al Hoceïma pourrait être fatale pour les alliances des partis au niveau des conseils élus. Ce qui s’est passé lors de la session du conseil régional Fès-Meknès a démontré l’ampleur de la tension que vivent certaines formations politiques et les combats de coqs qui exhument la hache de guerre au milieu des «élites». 
Prévue à 10 heures, la session ordinaire du conseil régional a démarré, avec une heure de retard, dans un climat très tendu. Au début, les élus PAM, PI et RNI ont refusé de s’inscrire sur la fiche de présence. Par cette manœuvre «politicienne», ils tentaient de faire échouer la tenue de l’assemblée à défaut du quorum non atteint. A noter que le conseil régional compte 69 élus. Pour atteindre le quorum, il faut une représentation d’au moins 35 élus.
Ce 3 juillet 2017, près de 50 conseillers étaient de la partie, mais le tiers n’avait pas mentionné sa présence. «C’est une forme de protestation contre la marginalisation des projets proposés par l’opposition», estime Mohamed Hejira, président du groupe des conseillers PAM. Même son de cloche auprès de ses amis Mustapha Mrizek et Hassan Belamkaddem, qui dénonçaient «le report des projets du dédoublement de la route reliant Fès à Taounate et l’inexistence d’investissement dans la province de Moulay Yacoub». Mrizek tente même d'exploiter le contexte du «Hirak» du Rif, comme parallélisme de l’inaction des conseils élus. «Nous ne pouvons plus fermer les yeux. Il faut que toutes les provinces de la région profitent du développement», disent-ils. «En plus, où est passé notre président Mohand Laenser?», ont-ils interrogé Idriss Skalli Adoui, 1er adjoint du président. C’est à ce moment que Laenser a pris sa place sur l’estrade. «Vous voulez intervenir alors que vous n’êtes pas inscrits. Vos remarques sont les bienvenues, mais sachez que chaque intervenant sera mentionné présent», a noté le président du conseil régional. Après une légère pause, le calme est revenu au moment  où le wali et les gouverneurs de la région sont arrivés. Laenser a pu ainsi dresser son bilan d’activité depuis la session du mois de mai, soulignant que «toutes les provinces bénéficieront du budget de la région». Chiffres à l’appui, le doyen des présidents de régions rappelle que «les projets de Moulay Yacoub et Meknès, à titre d’exemple, bénéficient respectivement d’un appui de 46,14 et 78 millions de DH». S’agissant de la route de Taounate, Laenser indique que ce projet devrait nécessiter quelque 4 milliards de DH. «Evidemment, la région ne peut financer la totalité de ce tronçon, mais y participera, quitte même à contracter des emprunts», tempère le président du conseil. «La session de juillet n’étant pas consacrée au budget, merci de proposer de nouveaux projets pour la session du mois d’octobre», appelle-t-il. Face à cet appel, les élus de l’opposition promettent d’étudier de nouvelles propositions. «Mais nous ne voulons plus que seuls les projets proposés par le wali soient retenus… nous avons aussi notre mot à dire», conclut Abla Benzekri, députée PI. 

 

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