Entreprises

Eaux de Marseille: Des économies d'échelle dans les fuites

Par Jean Modeste KOUAME | Edition N°:5059 Le 06/07/2017 | Partager
Plus de 10.000 cas détectés et près de 12 millions de m3 économisés/an
Les pertes représentent l’équivalent d’un barrage de grande taille/an

La difficulté de conserver l’eau, de la capter et la garder à la disponibilité des consommateurs est un défi auquel font face les opérateurs des services d'eau et d’assainissement. Plus leurs réseaux sont performants et assurent un bon rendement, mieux ils préservent la ressource qui transite. A l’échelle nationale, «les fuites d’eaux peuvent atteindre jusqu’à 200 millions de m3 d’eau/an», révèle Michel Nalbandian, DG des Eaux de Marseille Maroc. Des pertes dues à des fuites (soit sur le réseau, soit au niveau du branchement ou après compteur…) ne sont pas facturées. En effet, au bout de quelques années de vie, les compteurs perdent en précision, sous-comptent l’eau vendue, les tuyaux fuient constamment avec les variations de pression.
Spécialisée dans l'assistance technique auprès des opérateurs des services d’eau et d’assainissement, Eaux de Marseille a démarré ses activités au Maroc en 1991 avec 2 ou 3 employés. 26 ans plus tard, la filiale marocaine de la société des Eaux de Marseille emploie environ 70 collaborateurs. L’entreprise a développé un savoir-faire essentiellement dans les domaines métiers de l’eau et l’assainissement. Un secteur dans lequel elle a réalisé en 2016 un chiffre d’affaires de plus de 20 millions de DH. Eaux de Marseille déploie près de 20 équipes d’inspection à travers le Maroc, soit environ 12.000 km de réseaux inspectés/an, pour plus de 10.000 fuites détectées et près de 12 millions de m3 d’eau économisés/an. L’opérateur déploie des solutions pour garantir et maintenir la qualité de l’eau dans les réseaux privatifs (industries, hôtels, hôpitaux…). Il exploite 20 stations de traitement d’eaux potables industrielles et 7 stations d’épuration. Actuellement, Eaux de Marseille déploie un système de télé-relève combiné des consommations d’eau potable et d’électricité dans une zone pilote de Fès, avec un objectif d’atteindre un rendement supérieur à 90%. «Implantée au Maroc au départ pour mener des études d’ingénierie, nous nous sommes rendu compte de l’intérêt d’apporter de l’assistance technique aux opérateurs», explique Michel Nalbandian. Il n’a donc pas choisi la voie de la délégation comme Lydec, Redal ou Amendis, mais leur apporte des solutions, outils et formations. Le nouveau challenge du Maroc est la réutilisation de près de 300 millions de m3 d’eaux usées/an, et le traitement à la source des effluents industriels. La valeur ajoutée de ce prestataire réside dans le rendement et l’économie d’eau: recherche de fuite par gaz traceur, acoustique, maintenance préventive des installations... «Notre valeur ajoutée, c’est que nos prestations sont très peu capitalistiques. Nous trouvons les financements par les économies d’eau et d’énergie que nous générons», explique le dirigeant. Aujourd’hui, le rendement moyen au Maroc est entre 70 et 75%. Les pertes en eaux à l’échelle nationale sont de 30% environ. Ce qui représente environ 200 millions de m3, soit l’équivalent d’un barrage de grande taille/an.

300 références au Maroc

L’entreprise compte plus de 300 références au Maroc et sur le continent. Elle ambitionne de l’étendre en déployant de plus en plus ses services hors du Maroc: Afrique subsaharienne, Moyen-Orient, des nouveaux relais de croissance. «Notre croissance n’est pas liée qu’au Maroc. Nous avons démarré des marchés au Liban (recherche de fuite) avec des équipes marocaines et nous préparons à démarrer des projets au Congo», annonce le management.

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc