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Analyse

4,6 milliards de DH pour sauver Driouch

Par Ali KHARROUBI | Edition N°:5058 Le 05/07/2017 | Partager
Un médecin pour 18.143 habitants, quelque 300 écoles pour 211.000 habitants
L’agriculture n’a pas contribué à l’émergence de pôles agricoles
Infrastructures de base, formation, agriculture, tourisme… tout est à faire
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Indicateurs
Créée en 2009, la province de Driouch fait partie des huit provinces de l’Oriental. Elle est limitée à l’ouest par la province d’Al Hoceïma, au sud par la province de Guercif et Taza et à l’est par la province de Nador. D’une superficie de 2.942 km², elle bénéficie d’une façade maritime de 75 km, sur la Méditerranée, accessible par la rocade méditerranéenne qui relie Saïdia à Tanger.
Territoire à majorité rurale (95% de la superficie totale), contenant trois communes urbaines, récemment créées (Driouch, Midar et Ben Tayeb), cette jeune province assure le nivellement et l’équilibre entre deux provinces maritimes avoisinantes (Nador et Al Hoceïma), et cherche ainsi à réduire la disparité entre le milieu urbain et rural tout en proposant une identité visuelle spécifique.

Principale montagne: Mont de Bni Touzine: 1.613 m
Principales plaines: Nekkour (3.000 ha) et Gert (5.287 ha)
Potentiel forestier: Forêts Jbel Kern: 2.000 ha
Principal handicap: Aucune zone industrielle      

Dans le Rif, il n’y a pas que la province d’Al Hoceïma qui est confrontée à des difficultés de croissance. La province de Driouch est la plus touchée par l’absence d’une approche de développement intégré. Défavorisée par d’énormes obstacles au développement, elle détient le triste record de la province la plus vulnérable de toute la côte méditerranéenne.

Ses taux de pauvreté (23,75%), de vulnérabilité, de chômage sont ahurissants et les différentes politiques de redressement lancées depuis la création de la province en 2009 n’ont pas abouti. C’est ce qui pousse sa population, surtout les jeunes (65% de la population), à adhérer à la mouvance populaire qui secoue le Rif. Les multiples marches, sit-in et différentes formes de protestations, puisent leurs revendications des attentes socio-économiques. Selon des acteurs associatifs locaux, 80% des jeunes de moins de 25 ans n’ont pas de revenu ou de travail stable...

Les obstacles au développement sont multiples: faiblesse des infrastructures de base (routiers, eau potable, assainissement liquide, électricité,…), grands problèmes de services sociaux (santé, enseignement, sports et culture.), des ressources naturelles non exploitées, population éparpillée et prédominance des zones montagneuses.

Pourtant, la province n’est pas si pauvre en ressources. Son milieu naturel est diversifié. Il est dominé par un relief montagneux, une dizaine de plages vierges s’étendant sur plusieurs km, sites naturels, paysages magnifiques et patrimoine historique et culturel varié. Et non négligeables, des revenus importants sont assurés par les MRE de la province, des centaines de millions de DH/an. À ces atouts s’ajoutent des sites touristiques à fort potentiel de développement en mesure de générer des activités génératrices de revenus et la proximité de la province du futur port Nador West-Med.

Pour répondre aux requêtes pressantes de la population et asseoir les bases d’une réelle politique de développement, les autorités locales ont lancé un plan de développement provincial 2016/2021. Près de 4,6 milliards de DH lui sont consacrés. Pour l’heure, 2,8 milliards de DH sont disponibles alors que 1,8 milliard de DH attendent le feu vert gouvernemental.

En matière d’infrastructures routières, la province dispose de 377 km (149 nationales, 165 régionales et 62 provinciales), souvent dans un état déplorable. D’où la nécessité d’intervenir sur des tronçons de la route nationale entre Arouit et Driouch sur 30 km. Il s’agit également de renforcer et élargir la route 6.203 (entre les deux autres centres urbains de la province, Ben Tayeb et Midar), et trois autres routes non classées (68 km). 21 communes nécessitent aussi une infrastructure routière sur 360 km et la construction d’ouvrages d’art pour éviter les problèmes causés par les intempéries.

Au total, 610 millions de DH sont nécessaires pour désenclaver douars et communes rurales et assurer la fluidité du transport des marchandises et des populations. Le secteur de l’eau n’est pas mieux loti. Il nécessite la mise en place de 45 km de canaux et la construction de stations de pompage pour desservir les quartiers des trois centres urbains de la province et quatre centres ruraux. Le document réalisé par les autorités compétentes, et dont L’Économiste détient copie, prévoit 70 millions de DH pour sa réalisation. Le même montant est nécessaire pour l’assainissement dans ces localités.

Les autres programmes, pour répondre aux attentes en eau potable à moyen terme, s’élèvent à 452 millions de DH et concernent 11 centres ruraux, auxquels il faut ajouter 800 millions de DH pour la construction d’un barrage à Bni Azzimane, afin d’assurer un approvisionnement permanent. De son côté, l’ONEE est appelé à débloquer 50 millions de DH pour connecter 23 communes rurales au réseau électrique.

 La santé, malade

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 Il a fallu de vives protestations de la population locale pour activer la cadence des travaux de cet hôpital provincial (Ph. AK)

La province de Driouch connaît un très faible taux de couverture en matière de ressources humaines hospitalières. Elle compte 27 médecins dont 5 spécialistes avec une moyenne d’un médecin pour 18.143 habitants (la moyenne nationale est de 1 médecin pour 3.997 personnes). Un déficit qui interpelle le département de la Santé pour le combler au plus vite. À commencer par la révision à la hausse du nombre d’infirmiers qui est aussi l’un des plus faibles sur le plan national. Avec 71 infirmiers pour une population estimée à 210.059 habitants, le constat est alarmant: 1 infirmier pour 3.215 citoyens alors que la moyenne nationale et d’un infirmier pour 1.324 personnes. Quant au nombre des centres de santé, il gravite autour de 27 avec une moyenne d’un centre pour 7.817 habitants dont 12 centres avec un seul infirmier et 12 autres sans médecin. En matière de maillage territorial, 11% de la population est à 10 km du premier centre de santé.
Pour remédier à une partie de ces attentes, le ministère de la Santé programme la réalisation et le renouvellement de 21 centres de santé et dispensaires dans 21 communes pour un montant de 37,8 millions de DH. Dans le pipe, la construction d’un hôpital provincial à Driouch (205 millions de DH) qui sera opérationnel en 2018 et un hôpital de proximité à Midar (72 millions de DH) qui accueillera ses premiers patients en 2019. Certaines de ces structures sont en cours de réalisation, mais connaissent un grand retard.
«Le retard dans l’exécution des travaux est l’une des causes qui poussent les citoyens à protester», explique Said Ouardani, l’un des participants à la mouvance populaire «Hirak chaâbi».

                                                                         

Le tourisme: Un atout inexploitable

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La province de Driouch regorge d’atouts naturels et de sites attractifs, mais ils ne sont ni exploités ni valorisés. Pour ce faire, le secteur a besoin d’un appui financier et d’accompagnement professionnel via l’implication des investisseurs locaux, spécialement les MRE, originaires de la région.

En perspective, le développement d’un tourisme durable et respectueux de l’environnement qui passe par la mobilisation de 48 millions de DH pour valoriser 6 plages de la province (Trougoute, Oulad Amghar, Amejaou, Tazaghine, Boudinar et Dar El Kebdani).

Un effort qui ne peut omettre le développement du tourisme de l’arrière-pays avec des structures d’hébergement adaptées aux habitudes des familles marocaines. Idem pour la mobilisation des agences de voyages nationales pour qu’elles confectionnent des packages à prix compétitifs. Il faut également prévoir des partenariats avec les institutions bancaires marocaines pour proposer à leurs clients MRE des offres d’hébergement à tarifs préférentiels.

                                                                                         

Agriculture: Le plus dur reste à faire

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L’aménagement des parcelles agricoles côtières et la multiplication des rivières de rétention contribueront à l’amélioration des revenus des petits agriculteurs (Ph. AK)

En dépit d’un milieu naturel diversifié, dominé par des terres agricoles côtières et bénéficiant de périmètres irrigués, le secteur de l’agriculture n’a pas contribué à l’émergence de pôles agricoles compétitifs. Les plaines de Nekkour (3.000 hectares) et celles du Gert (5.287 hectares) n’arrivent pas à réaliser des productions à la hauteur des attentes.

De même, elles n’ont pas contribué à l’absorption d’une importante main-d’œuvre, comme c’est le cas à Trifa ou Bouargue. L’absence d’une approche flexible, pour pallier les faibles précipitations et les faibles rendements céréaliers, est l’une des causes principales, souligne-t-on auprès de la Chambre d’agriculture. L’appréciation est toute autre chez les responsables locaux, comme le souligne l’entretien avec le directeur provincial de l’agriculture (voir page suivante).

Dans la même logique, l’exploitation des ressources hydriques menace la province de pénurie en eau. D’où la nécessité de mobiliser des moyens supplémentaires pour mieux cadrer les efforts consentis, via la construction d’ouvrages de rétention sur les cours d’eau et un barrage de stockage. Jusqu’à présent, 321 millions de DH ont été investis dans les infrastructures de base, mais le plus dur est à venir.

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 Le nombre d’artisans dans la province avoisine les 6.700 répartis en deux catégories. 77,22%, actifs dans l’artisanat artistique essentiel et 22,18% dans l’artisanat de services. Mais vu que les revenus ne sont pas encourageants, des mesures accompagnatrices s’avèrent nécessaires, explique Driss Boujouala, président de la Chambre de l’artisanat de l’Oriental. Il confie à L’Économiste que le département de l’Artisanat compte investir 40 millions de DH pour dynamiser certaines activités génératrices de revenus (voir tableau)

C’est ce que préconise la direction provinciale de l’agriculture qui a programmé une batterie de mesures dans le cadre du Pilier II (plan Maroc Vert) pour lutter contre la pauvreté et assurer des sources alternatives. Dans le détail, ces actions concernent le réaménagement de 16 périmètres irrigués, le forage de 10 points d’eau pour l’abreuvement du cheptel, l’élargissement des superficies de plantation d’oliviers (950 ha), le caroubier (750 ha) et l’amandier (400 ha).

En parallèle, d’autres projets sont programmés dans le cadre du plan de développement provincial 2016/2021. Ils concernent la construction de 5 unités de valorisation des olives et production d’huile d’olive, l’installation de 13 km de canaux d’irrigation pour couvrir 230 ha. L’ensemble de ces projets nécessite 93,65 millions de DH.

                                                                                         

Formation/éducation: Faible couverture

LA province dispose d’une vingtaine de collèges, une dizaine de lycées et 290 écoles et secteurs scolaires. Très faible couverture territoriale par rapport à la moyenne nationale. Ce constat est souligné par le programme provincial de développement 2016/2021, qui prévoit plus de 300 millions de DH pour la création de centres de formation, institut de technologie appliquée, institut de formation, lycées, collèges, écoles primaires, mise à niveau de 378 salles d’étude, réaménagement de 60 établissements scolaires, acquisition de bus pour transport scolaire, centres aux personnes à besoins spécifiques…. C’est encore plus grave en matière de formation professionnelle. Ce qui nécessite la création d’un institut spécialisé en technologie appliquée à Driouch et 2 centres de proximité à Ben Tayeb et Midar. D’autres centres de formation sont indispensables au niveau des communes de Taferssite, Tamsamane, Ain Zohra, Ben Tayeb et Midar. 54 millions de DH pour leur réalisation.
En matière de couverture sociale, les attentes sont plus vives, ce qui nécessite le renforcement des centres de formation dédiés aux populations vulnérables, création de maisons pour enfants et femmes en situation difficile et centres pour personnes à besoins spécifiques. Des actions de solidarité sociale, tributaires de 56 millions de DH à débloquer.

 

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