Dossier Spécial

Big data, digital... Les filières prometteuses

Par Noureddine EL AISSI | Edition N°:5057 Le 04/07/2017 | Partager
Finances, marketing et commerce, assurance… classiques et indétrônables
Automobile, aéronautique... les métiers mondiaux se frayent une place de choix
Le public recrute aussi dans les filières de la santé et de l’enseignement
big-data-digital-057.jpg

Parmi les métiers qui montent et qui sont de plus en plus prisés sur le marché de l’emploi, l’informatique et ses sous filières notamment le volet sécurité ainsi que le Big Data, indique Noureddine Mouaddib, président de l’Université internationale de Rabat (Ph. e-marketing.fr)

Une fois le bac en poche, vers quel saint se vouer? Les nouveaux bacheliers se trouvent tous confrontés à un choix décisif, quant au choix de la filière pour poursuivre leurs études supérieures. Bien entendu, ce choix sera limité notamment aux établissements dont l’accès est régulé en fonction des notes obtenues: grandes écoles d’ingénieurs et de commerce, facultés de médecine…

Toutefois, si les étudiants sont bien coachés dès le départ, une multitude de secteurs sont aujourd’hui de plus en plus demandeurs de profils pointus dans leur domaine. «Certes le diplôme est nécessaire, mais il reste insuffisant pour décrocher un job, car les recruteurs sont devenus exigeants également sur les aptitudes propres (soft skills) des candidats», tient à préciser Ali Alaoui Fdili, consultant Senior à Multiciples, Cabinet conseil en recrutement. Ces filières demandées dépendent également des stratégies de l’Etat et selon les régions. Le cas de l’automobile constitue un exemple éloquent dans ce sens.

«Mais d’une manière générale, l’informatique notamment le volet sécurité ainsi que le Big Data sont les filières les plus prisées sur le marché de l’emploi», indique Noureddine Mouaddib, président de l’Université internationale de Rabat (UIR). Et parmi les classiques, les métiers de la finance et du management ont toujours le vent en poupe, assure-t-il.

En revanche, les spécialités qui ont un rapport avec les nouveaux métiers mondiaux du Maroc notamment l’automobile et l’aéronautique se frayent aujourd’hui une place de choix. Depuis quelques années, la demande de recrutement de ces deux secteurs particulièrement l’automobile est en évolution et qui va se renforcer davantage avec la mise en service du complexe de PSA en cours de construction dans la région de Kénitra. En plus du digital, le big-data, il y aussi les réseaux en informatique et tout ce qui se rapporte au marketing et aux ventes, ajoute pour sa part Abdellatif Miraoui, président de l’université Cadi Ayyad de Marrakech.

«Avec les recruteurs en contact permanent avec le marché de l’emploi, d’autres détails sont dégagés. L’agent commercial reste parmi les métiers les plus demandés sur le marché. La rémunération pour ce métier varie en fonction du secteur ainsi que de la nature du travail: commercial sédentaire ou de terrain», précise Ali Alaoui Fdili, consultant Senior à Multiciples. En plus du diplôme, les employeurs exigent des commerçants biens présentables et compétents en communication. «Les formations en relation avec les métiers d’assistanat sont aussi demandées notamment par le secteur privé. Ce sont des métiers accessibles pour des Bac+2 ou 3», ajoute Alaoui Fdili. Ce dernier tient à rappeler que pour les assistantes de direction, les grandes structures exigent un niveau Bac+5 avec une parfaite maîtrise des langues.

«L’absence de maîtrise des langues constitue un handicap majeur pour le recrutement de nos jeunes notamment les ingénieurs issus des écoles marocaines», regrette-t-il. Les métiers «financiers» sont également recherchés sur le marché de l’emploi. Pour les grands cabinets multinationaux, en plus de l’expérience, le diplôme (A partir de Bac+4) et le nom de l’école constituent un élément déterminant pour le recrutement.

big_data_digital_diplomes_057.jpg

Les fonctions dans les domaines de l’assurance, le marketing et l’informatique qui ont enregistré les plus fortes évolutions dans le marché de l’emploi entre 2015 et 2016 pour les Bac+4 et plus. Ces données proviennent de l’analyse réalisée par Rekrute.com à partir des offres de recrutement diffusées par les clients en 2016

«En plus des métiers de la finance, il y a également ceux du business développement (anciennement appelés cadres commerciaux) ainsi que les métiers de l’informatique et du numérique qui vont offrir de très belles perspectives pour les jeunes durant les années à venir», ajoute pour sa part Tawhid Chtioui, DG Emlyon Business School Afrique. Ce dernier cite également les métiers de la santé et de l’enseignement qui continueront à offrir des débouchés garantis. Mais plusieurs recruteurs n’hésitent pas à soulever le décalage entre les cursus de formation et les besoins du monde du travail notamment l’entreprise.

«Mis à part quelques établissements d’enseignement supérieur et facultés méritants, le fossé est encore important entre l’offre de formation disponible et les besoins réels du marché de l’emploi», constate Khadija Boughaba, DG Invest RH, un cabinet de conseil en recrutement. Quant aux métiers qui vont connaître le plus de succès ce sont ceux qui se rapportent au domaine du digital, e-commerce, relation clients, analyste financier, automatisme robotique, les services à la personne et aux entreprises, les commerciaux…, précise-t-elle.

Banques et call centers, les plus grosses demandes

Selon les données d’une analyse réalisée par Rekrute.com (portail dédié à l’emploi) à partir des offres de recrutement diffusées par les clients, les métiers les plus demandés en 2016 pour les Bac+4 et plus, sont d’abord l’informatique avec un accroissement de 7% par rapport à 2015. Ils sont suivis par les métiers de la banque et les call centers ainsi que de l’assurance.

Alors que pour les diplômés Bac+3 et moins, les métiers du call center,  de l’assurance et des commerciaux sont détrônés par l’automobile en tant que secteur recruteur, avec «une nette émergence», est-il indiqué. Mais cette évolution dépend des régions où sont implantées les usines de fabrication d’automobiles comme à Tanger, Casablanca et dernièrement Kénitra. Cette région est destinée à mobiliser une grande part de l’offre de l’emploi dans ce secteur avec la mise en service en 2019 du complexe PSA. Ce sont les techniciens lauréats des établissements de l’OFPPT qui vont tirer grand profit de cette opportunité, selon un responsable d’un cabinet de recrutement.

Cette tendance favorable pour les métiers mondiaux du Maroc notamment celui de l’automobile est confirmée par les résultats de la veille sur le marché de l’emploi. «Sur les 81.205 opportunités d’emploi déclarées à fin 2017, les métiers mondiaux du Maroc concentrent 45% avec une part de 31% pour l’automobile et l’aéronautique», est-il indiqué.

Les métiers menacés

Le développement de l’informatique pourra avoir des conséquences néfastes sur l’avenir de certains métiers comme les aides comptables dont le nombre augmente chaque année. De même pour les commerçants (Bac+2 et moins) avec le développement des ventes en lignes. Le même constat est valable pour les opérateurs industriels avec le développement de l’automatisation et la robotisation des activités de production et de maintenance.

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc