Analyse

Le millionième client MDM chez BP cet été !

Par Abashi SHAMAMBA | Edition N°:5056 Le 03/07/2017 | Partager
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Wassim Biaz, directeur Marchés des Marocains du Monde à la BCP (Ph. WB)

Le marché des Marocains résidant à l’étranger représente un marqueur historique du groupe BP. Avec 90 milliards de DH de dépôts, la banque revendique le leadership avec un portefeuille d’un million de clients. Mais les challengers n’ont pas dit leur dernier mot. Wassim Biaz, directeur Marchés des Marocains du Monde à la BCP explique la stratégie du groupe.
 
-L’Economiste: Quelles sont les positions actuelles du groupe sur le marché des MRE?
-Wassim Biaz:
Le groupe Banque Populaire est heureux et fier d’annoncer cet été son millionième client MDM (ndlr: «Marocain du Monde», générique désignant les Marocains résidant à l’étranger). Ce chiffre prouve à quel point nous continuons d’être l’institution de référence des Marocains du monde. Avec près de 90 milliards de DH de dépôts MDM à fin mai 2016 dont 60% à vue, la Banque Populaire concentre plus de la moitié des ressources MRE sur la place. Par ailleurs, notre part de marché est répartie à la hausse sous l’impulsion de notre nouvelle approche. Au total, nous avons capté 39,3% des flux de transferts des MRE en 2016 soit une augmentation de 1,4 point.

- Quelle est la cartographie de transferts financiers des MRE?
- La France reste de loin le plus gros marché avec plus de 50% des flux  depuis l’Europe. Viennent ensuite l’Italie, les Pays-Bas et l’Espagne. Mais ces dernières années, la croissance a plutôt été tirée par le Moyen-Orient. A titre d’exemple, les Emirats Arabes Unis sont aujourd’hui notre deuxième corridor en termes d’importance des flux de transferts, derrière la France.

- La sinistralité sur les crédits immobiliers de cette clientèle serait en forte hausse. La crise de 2008 a-t-elle été un facteur déclencheur?
- La crise de 2008 a certes eu un impact sur la sinistralité des crédits immobiliers souscrits par les Marocains du Monde, en particulier ceux résidant en Europe du Sud qui ont été les plus touchés. Mais avec le retour de la croissance en Europe, la situation se normalise avec un profil de sinistralité semblable à ce que l’on observe sur la clientèle des particuliers de manière générale. Les incidents de paiement d’échéance de crédit restent importants mais ils sont plus liés à une difficulté ponctuelle pour transférer de l’argent et alimenter le compte au Maroc. A cet effet, nous avons mis en place une solution de prélèvement automatique qui permet aux clients de régler leurs échéances de crédit depuis leur compte bancaire principal à l’étranger, sans avoir à effectuer eux-mêmes d’opérations de transfert.

 - Comment le groupe s’adapte au changement des habitudes de consommation des nouvelles générations?
- De par l’éloignement et la dispersion géographique de cette population, le digital est depuis plusieurs années au cœur de notre stratégie afin de créer plus de proximité avec notre clientèle. C’est dans cette logique que nous avons lancé un site transactionnel (Chaabinet), une application mobile (Pocketbank), une ouverture de compte à distance (e-Bladi Hissab) et des solutions de transferts sur internet (e-Bladi).
La Banque a entamé cette année la digitalisation de l’ensemble de ses parcours clients. Cela nous permet de repenser totalement et d’optimiser l’expérience client. Les offres qui en découlent devraient arriver sur le marché des Marocains du Monde très prochainement.

D’où viennent les transferts

Si les traditionnels pays d’émission des transferts des MRE sont globalement connus de l’opinion publique -France, Italie, Espagne, Emirats Arabes Unis, Arabie Saoudite, Etats-Unis, Belgique, Allemagne, Pays-Bas et Royaume-Uni-, le classement (le dernier établi) selon les données relatives à l’année 2014 contient quelques surprises.  Ainsi par exemple, les envois de fonds des MRE de la Libye (17è rang) en plein chaos ont atteint 271, 6 millions de DH. A noter par ailleurs la présence d’un quinté de pays africains dans le top 30 : Le Congo Brazzaville, 19è avec 248,9 millions de DH, le Gabon, 21è (226 millions de DH), la Côte d’Ivoire au 24 è rang avec 170 millions de DH. Le Mali (114 millions de DH) et la Guinée (100 millions de DH) arrivent aux 28 et 29e positions.

Propos recueillis par Abashi SHAMAMBA

 

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