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Entreprises

La CDG restructure ses immobilières

Par Nadia DREF | Edition N°:5053 Le 28/06/2017 | Partager
Un secteur en crise impacté par une rentabilité différée
Le logement social pénalisé par l’abondance de l’offre et des stocks d’invendus

«L’immobilier est une activité cyclique incluant des cycles plus longs, ce qui implique une rentabilité différée. Nous ne sommes plus dans l’euphorie de 2008. Il y a moins d’engouement», confie Abdellatif Zaghnoun, DG de la Caisse de dépôt et de gestion (CDG). Et d’ajouter: «Il y a des entreprises qui ont été obligées de céder des actifs, ce qui n’est pas le cas pour la CGI».

Un aveu clair et une confirmation de la crise que vit le secteur de l’immobilier que ni les promoteurs, ni la fédération de l’immobilier (FNPI), ni le ministère de l’Habitat ne veulent admettre. C’est dire que tout le monde s’est donné le mot pour cacher une réalité aussi visible que le soleil. Invité au Club de L’Economiste, Zaghnoun a affirmé que l’une des priorités du plan stratégique est la restructuration de ses deux filiales (cf. notre édition du 22 juin 2017) pour les rendre plus performantes.

La CGI, qui a été au cœur d’une affaire ayant défrayé la chronique en 2014 (Madinat Badis à Al Hoceïma), veut redorer son blason. Le management de la CDG a affirmé qu’un plan de restructuration est en cours de finalisation pour cette filiale immobilière dont l’endettement est de 5,3 milliards de DH et le stock d’invendus estimé à 400 millions de DH. Par ailleurs, le nombre d’unités en cours de commercialisation est de l’ordre de 1.400 dont près de 900 unités sont toujours en travaux ou en cours de livraison, précise le management de la CGI.

Le portefeuille de projets développés par l’entreprise immobilière, depuis 2010, totalise près de 5.373 unités, dont plus de 4.330 unités livrées et près de 1.000 unités en travaux. Ces projets sont localisés sur l’axe Casa-El Jadida (65%), à Rabat et régions (15 %), le Sud (15 %) et l’Oriental et le Nord (5%). Concernant les projets futurs, la CGI envisage le lancement de nouveaux projets à Mdiq-Fnideq, Al Hoceïma, Rabat-Kénitra-Salé-Témara, Casablanca-Dar Bouazza, El Jadida, Marrakech ou encore Agadir.

Dans un contexte de fortes méventes, un marché caractérisé par l’abondance de l’offre actuelle, Dyar Al Mansour, filiale de la CDG, opérant dans le secteur du logement social et économique, est également concernée par le plan de restructuration, au même titre que la CGI. Abdellatif Zaghnoun a insisté sur la priorité d'améliorer les modes d’intervention et écouler le stock d’invendus, dans de meilleurs délais et en respect des budgets prévisionnels. Près de 500 unités, situées, entre autres, à Al Aroui à Nador et à Ouarzazate, restent invendues par ce promoteur.

A ce jour, Dyar Al Mansour a produit près de 20.000 unités réparties sur 11 projets couvrant l’ensemble du Royaume. Ce promoteur gère de nouveaux projets totalisant 7.040 logements, dont les chantiers viennent d’être lancés ou sont en cours de lancement. Par ailleurs, Dyar Al Mansour compte poursuivre le développement des tranches futures de Menzeh Skhirat, les Jardins de Ain Atiq, Jnane Agadir et Al Mansour Zenata. Et ce, «en fonction de l’écoulement et de la profondeur du marché», nuance le management.

Ces réalisations, in fine, restent loin des objectifs fixés, au départ, visant à construire 100.000 logements à l’horizon 2020, et à atteindre une part de marché de 15%.

Plan B pour le projet de Zenata

Dyar Al Mansour a été contrainte de trouver un plan B pour ses 2.500 appartements sociaux construits pour le relogement des bidonvillois de la zone Zenata. «Les bénéficiaires ont préféré disposer de lots pour le recasement. Les appartements ont fait l’objet d’une réaffectation. Ce qui a induit de longues formalités administratives nécessaires à ce changement de mode et donc des délais supplémentaires». C’est ce qui explique le retard pris au niveau de la commercialisation. Actuellement, ce processus est en cours de finalisation entre Dyar Al Mansour et les autorités locales afin de commercialiser ces unités au grand public. Le management de Dyar Al Mansour précise que plus de 80% de la capacité de la composante promotionnelle ont été commercialisés et livrés. Seuls 20% restent à écouler.

                                                                                       

Offshoring, ZI, agropoles… Nouveau mode opératoire

Abdellatif Zaghnoun, directeur général de la Caisse de dépôt et de gestion (CDG), a mis en exergue, lors du Club de L’Economiste, le nouveau rôle du groupe en tant qu’aménageur développeur et d’investisseur minoritaire. Ce désengagement progressif est prôné dans le cadre de l’accompagnement des politiques sectorielles par le développement d’infrastructures structurantes à leur déploiement (statistiques touristiques, zones industrielles, agropoles, offshoring).

Finalement, MedZ interviendra uniquement en tant que maître d’ouvrage délégué/gestionnaire/concessionnaire. «Nous voulons réaliser les futurs investissements dans une logique minoritaire et purement financière, sachant que 80% de l’offre nationale des parcs industriels est réalisée par la CDG», précise Zaghnoun. L’aménagement des zones industrielles a porté sur 907 ha livrés et en cours de livraison, à fin 2016. MedZ, qui assure l’aménagement, le développement et la gestion d’une série de plateformes industrielles intégrées, a livré Atlantic Free Zone à Kénitra. Une zone dédiée à l’industrie automobile. Pour la ZI de Boujdour, les lots sont en cours de commercialisation.

Sur un tout autre registre, celui des parcs offshoring, 288.000 m² ont été livrés à fin 2016, au niveau de quatre plateformes en exploitation (Casanearshore, Technopolis, Fès Shore, Oujda Shore). «C’est un chantier qui explose», s'enorgueillit Zaghnoun.
L’investissement locatif reste attractif pour le groupe. Selon le management, Foncière Chellah se porte plutôt bien. «C’est un axe que nous comptons développer davantage vu le nombre croissant de multinationales qui s’installent au Maroc, surtout au niveau de Casanearshore». A fin 2016, le parc locatif professionnel de la CDG est estimé à 373.700 m² livrés et en cours de livraison.

Le groupe a investi, sur la période 2011-2015, 4 milliards de DH au niveau des parcs offshoring, des zones industrielles et des agropoles, sur un montant global de 45 milliards de DH. 

 

 

 

 

 

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