Economie

Les plages à éviter cet été

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5052 Le 23/06/2017 | Partager
Jbila à Tanger, Miami à Larache et Oued Merzeg à Casablanca
Les rejets des eaux usées et la forte affluence favorisent la dégradation de la qualité des eaux
Lancement d’un site dédié avec des données actualisées
plage_natation_052.jpg

Sur les 430 stations contrôlées, 421 ont été déclarées de qualité microbiologique conforme aux exigences réglementaires pour la baignade. Les responsables du secrétariat d’Etat en charge de l’environnement veulent rassurer sur la qualité des plages lors de cette saison estivale. L’édition 2017 du rapport de contrôle de l’état des plages a été présentée, mercredi dernier à Rabat.

Si une grande partie du littoral marocain ne présente aucun risque pour les estivants, ce document met en garde contre la fréquentation de 9 stations, relevant de 3 grandes plages. Il s’agit de Jbila III à Tanger et Miami à Larache. S’y ajoute la plage de Oued Merzeg, relevant de la préfecture de Nouaceur à Casablanca.

La baignade est déconseillée à cause de la dégradation de la qualité des eaux. Ces stations «subissent l’influence des rejets d’eaux usées et connaissent une forte concentration de baigneurs, en plus de l’insuffisance des infrastructures d’hygiène», peut-on lire dans ce rapport.

Sur les 10 dernières années, le suivi de la qualité hygiénique des plages montre une baisse du nombre de plages dont les eaux sont de mauvaise qualité. Idem pour le nombre de stations momentanément polluées, à l’exception du pic enregistré en 2011/2012.

Le nombre des stations dont les eaux sont de bonne qualité semble reculer ces dernières années. La courbe a piqué du nez depuis 2014/2015. Une situation qui s’est traduite par l’augmentation du nombre des plages dont les eaux sont déclarées de qualité moyenne.

Cette année, le ministère en charge du dossier de la qualité des eaux de baignade mise sur le renforcement de l’interaction avec les estivants. Un site web, relevant du Laboratoire national des études et de surveillance de la pollution a été lancé. Il permettra aux citoyens d’accéder aux informations relatives à la qualité des eaux de baignade des différentes plages du Maroc. Les données mises en ligne sur ce site seront régulièrement actualisées, fait-on savoir.

La dégradation de la qualité des eaux de baignade est liée essentiellement à l’effet négatif des rejets des eaux usées, comme le souligne ce rapport. D’où l’importance du renforcement du programme national d’assainissement liquide. Depuis son lancement, il a permis d’améliorer le taux d’épuration des eaux usées, passant de 8% en 2005 à 44,22% actuellement.

Mais cela reste insuffisant pour assurer une meilleure protection des eaux des plages. Les rédacteurs du rapport de contrôle mettent l’accent sur l’importance de mener une série de mesures pour faire face à la détérioration de la qualité microbiologique des eaux.

Ils appellent à assurer un traitement des eaux des pluies avant leur rejet en mer, parallèlement à la dépollution des cours d’eau. Cela devra s’accompagner de l’élaboration des normes des rejets industriels en mer. Parallèlement, ils recommandent de renforcer l’équipement des plages en infrastructures d’hygiène et de procéder au nettoyage du sable, en dehors de la période estivale.

Qualité microbiologique

Les contrôles menés au niveau des différents sites de surveillance portent sur la recherche des paramètres microbiologiques, des coliformes fécaux et des entérocoques. La présence de ces germes dans l’eau révèle la contamination des zones de baignade. Cela laisse aussi suspecter la présence de germes pathogènes, et donc de risques sur la santé des estivants.

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc