Economie

Les entrées fiscales détendent le déficit

Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5052 Le 23/06/2017 | Partager
Il s’est établi à 7,5 milliards de dirhams à fin mai
L’objectif de 3% du PIB sera difficile à atteindre
L’IS en hausse de 17,9% et la TVA à l’intérieur de 13,8%
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La TVA constitue la première source des recettes du budget de l’Etat. A fin mai 2017, les recettes TVA sont établies à 23,8 milliards de DH.  L’évolution des rentrées de l’IS (+17,9%)  serait impactée notamment par le réaménagement des taux en 2016

Si le gouvernement prévoit un déficit budgétaire de 3%, la banque centrale table sur un taux de 3,5% du PIB. Mais il faudra attendre quelques mois avant qu’une tendance précise ne se dégage Et ce, même si à fin mai, le déficit s’est réduit de 18,2 milliards de dirhams. Il s’est établi à 7,5 milliards de DH contre 25,7 milliards un an auparavant.

Cette amélioration du déficit est importante, mais toute la difficulté est de la maintenir. Tout dépendra des choix politiques entre financement des secteurs prioritaires, investissement et maintien des avantages fiscaux. «Les équilibres macro-économiques constituent  la base d’un développement économique pérenne et viable. Nous devons les maîtriser, sinon, nous risquons de le payer cher au niveau de l’endettement», avertit Mohamed Boussaïd, ministre de l’Economie, au Club de L’Economiste (cf. L’Economiste n° 5050 du mercredi 21 juin 2017).

Les cinq premiers mois de l’année sont marqués par la baisse des dépenses d’investissement: 25,7 milliards de dirhams à fin mai contre 26,9  milliards un an auparavant, soit 1,2 milliard d’écart. Elles sont en retrait de 4,3% sous l’effet du recul des dépenses des ministères de 7,1% et des charges communes de 0,8%.

Le rythme d’exécution des dépenses d’investissement a été certainement influencé par le retard pris par la loi de finances. Et ce, même si les dépenses comme les encaissements ont été autorisés par décret. Car, globalement, la conjoncture est sur une orientation positive. D’un côté, la campagne agricole dépasse les prévisions: 102 millions de quintaux contre 70 millions prévus dans la loi de finances. Le non-agricole reprend et les prévisions de croissance sont de 3,2% pour le ministère des Finances et de 3,3% pour la banque centrale. De son côté, la consommation est sur une tendance haussière. 

A fin mai, les dépenses globales ont reculé de 4,8%  en raison de l’allégement de l’investissement, de la charge de la dette budgétisée de 10,3% et du fonctionnement de 2,6%. Celui-ci s’est établi à 73,8 milliards de dirhams  dont 43,5 milliards consacrés aux charges salariales, en retrait de  2,2%. Une diminution de 7,5% est également relevée au niveau des autres biens et services alors que des transferts de 5,3 milliards de DH ont été opérés au profit de la CMR, de 8,3 milliards aux établissements et entreprises publics et  1 milliard de  DH aux comptes spéciaux du Trésor.

En revanche, les charges de compensation se sont alourdies de 1,1 milliard de DH: elles se sont établies à 5 milliards de DH contre 3,9 milliards à fin mai 2016, en hausse de 27,2%. Seuls le sucre et gaz butane sont subventionnés par l’Etat.
Côté recettes, à l’exception des droits de douane et de la TIC sur le tabac, toutes les recettes fiscales sont en hausse. L’IS est sur une forte augmentation (17,9%) s’établissant à 19,6 milliards de dirhams. L’évolution des rentrées de l’IS serait impactée notamment par le réaménagement des taux, soit quatre taux proportionnels aux bénéfices nets. Cette mesure a été introduite par la loi de finances 2016 et appliquée à l’IS déclaré en 2017.

La TVA a pris 9% atteignant 23,7 milliards de DH. La hausse la plus importante provient de la TVA à l’intérieur: 13,8% contre une baisse de 9,1% à fin mai 2016.  Ce qui confirme la reprise de la consommation. Cette évolution de la TVA à l’intérieur tient compte d’un remboursement de 2,5 milliards de dirhams de crédit contre 3,2 milliards à fin mai 2016.

L’année dernière, 11,5 milliards de dirhams de crédits TVA ont été remboursés. Un record puisque sur les 20 dernières années, ils n’ont pas dépassé une moyenne de 6,5 milliards de dirhams par an. La TVA à l’importation est en augmentation de 6,3% tirée par la hausse de 27,1% de la  taxe sur les produits énergétiques. De leur côté, les recettes de l’IR ont augmenté de 3,9% reflétant une progression de 1,5% de l’IR sur les profits immobiliers et une diminution de 8,8%  de l’IR  sur les salaires servis  par la direction des dépenses de personnel  de la Trésorerie générale du Royaume.

 

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