Impact Journalism Day

Le poulpe pour restaurer la biodiversité marine

Par Tom BAWDEN | Edition N°:5052 Le 23/06/2017 | Partager
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 (Ph. Garth Cripps | Blue Ventures)

Des pieuvres, du repos biologique, de la patience... c’est ce qu’utilise notamment le groupe londonien Blue Ventures qui se sert du poulpe comme espèce-passerelle pour convertir des communautés réticentes à la protection de l’environnement marin et qui, en bout de course, voient leur revenus augmenter considérablement.

Il fut un temps où les eaux au large de Madagascar grouillaient de vie. C’était avant que des flottes étrangères ne se livrent à la surpêche, que le changement climatique n’engendre des conditions extrêmes et que la déforestation n’érode la côte, réduisant considérablement cette abondance marine.
Blue Ventures, un groupe londonien de protection de l’environnement, a pourtant une solution, peu chère, simple et efficace. Une approche tout en douceur qui implique, pléthore de pieuvres et un certain sens du récit.
«Le déclin des stocks de poissons dans le monde est un problème critique pour le maintien des moyens d’existence et la sécurité alimentaire», constate Alasdair Harris, directeur général du groupe londonien Blue Ventures. «Environ 97 % des poissons vivent dans les eaux des pays en développement. Ces stocks s’effondrent en raison de la surexploitation. Avec le changement climatique, ces problèmes empirent, et ce n’est que le début», ajoute-t-il.
Les zones de protection marine sont d’ordinaire imposées aux communautés vivant de la pêche. Il ne leur est ni expliqué les raisons justifiant ce changement, ni offert une compensation d’aucune sorte.
Souvent, cela conduit à une impasse, avec d’un côté, les protecteurs de l’environnement, et de l’autre, les communautés locales qu’ils essaient d’aider.
A l’inverse, Alasdair Harris et son équipe travaillent étroitement avec les villageois. A l’aide de pieuvres, ils démontrent rapidement et à peu de frais le pouvoir des mesures de protection.
«Ce n’est pas la préservation des poulpes en elle-même qui nous intéresse. Nous l’utilisons comme catalyseur, dans le but de protéger tout l’écosystème. La rapide reconstitution des stocks nous permet d’entamer une conversation avec les populations locales», déclare-t-il.
En condamnant un quart des eaux de pêche des pieuvres pendant trois mois à peine, les villageois voient leurs prises doubler à la réouverture. «Le ramassage des pieuvres est pour moi le seul moyen de gagner de l’argent», explique Velvetine, un membre de la communauté Vezo bénéficiant du programme, sur la côte sud de Madagascar. «Avec les réserves, nous faisons un petit sacrifice, mais la prise est bonne à la réouverture. J’ai plus d’argent pour ma famille, pour acheter de la nourriture».
L’an dernier, Blue Ventures a organisé un programme d’échange et un groupe de Mexicains s’est déplacé à Madagascar. «Ils n’avaient rien en commun – ni langue, ni culture, ni référence communes – à part l’utilisation des pieuvres. Les Mexicains ont vu ce à quoi sont arrivés les Malgaches. Du bon boulot!», reconnaît Alasdair Harris.

Tom BAWDEN

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