Economie

Balance commerciale: Les achats plus dynamiques que les ventes

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5051 Le 22/06/2017 | Partager
L’effet de la facture pétrolière se fait ressentir à l’import
Reprise en volume des phosphates et dérivés
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En cinq mois, la tendance de la balance commerciale  s’est infléchie vers le bas. Sous la pression d’une hausse accélérée des achats, le déficit commercial s’est creusé de 9 milliards de DH. Faisant perdre ainsi un peu plus de deux points de pourcentage au taux de couverture: 56,8 contre 58,6%

Tous les secteurs d’exportation s’inscrivent en hausse plus ou moins prononcée. Seuls les textiles et cuir affichent une stabilité. Mais le rythme est loin de compenser quelque peu l’évolution des importations. Les chiffres provisoires des échanges extérieurs sur les 5 premiers mois font ressortir en effet une augmentation de l’import  des biens  plus forte que l’export.

Les achats se sont ainsi appréciés de 14,3 milliards de DH contre une progression  des ventes de l’ordre de 5, 2 milliards. D’où le  creusement  de 9 milliards de DH du déficit commercial à 78,4 milliards. Au total, les  importations s’établissent à 181,7 milliards de DH contre 167,4 milliards à fin mai  2016, soit une hausse de 8,6%. Selon les données de l’Office des changes, elle résulte de l’accroissement des importations de tous les groupes de produits.

En particulier, les approvisionnements en produits énergétiques dont la valeur a explosé de 42,7% à 28,2 milliards de DH. A eux seuls, le gas-oil et fuel ont pris 4,9 milliards de DH sur les cinq premiers mois. Et l’explication tient surtout à la remontée des cours du brut observée en début d’année. Actuellement, la tendance s’est inversée puisque le pays a enregistré des baisses substantielles à la pompe.

A noter aussi que les importations en volume ont augmenté de 2,6% à 4,3 millions de tonnes sur les 4 premiers mois. (Source: Agence nationale des ports). Les achats des biens d’équipement ont également marqué une hausse de 8,1%. Ils totalisent plus de 50 milliards de DH sur les cinq premiers mois. Dans ce groupe, les composants destinés à l’industrie automobile y représentent une grosse part.

Autre gros groupe d’importation, les demi-produits utilisés par l’industrie. Ses approvisionnements ont porté sur 40,2 milliards de DH. Engrais, produits chimiques, ferrailles, huile de soja, sucre brut… en constituent l’essentiel. Les produits finis de consommation restent aussi orientés à la hausse. L’électroménager, les tissus et les articles d’éclairage ont enregistré une croissance à deux chiffres.

A l’export, la croissance des ventes s’est établie à 5,3%. La valeur des expéditions a atteint 103,3 milliards de DH au lieu de 98 milliards une année auparavant. Excepté le secteur du textile et cuir dont les ventes demeurent relativement stables, les exportations  de tous les autres secteurs progressent. Les hausses les plus importantes ayant été enregistrées par l’agriculture et l’agroalimentaire: 6,7%.

Le groupe se place désormais au deuxième rang après l’industrie automobile et avant les phosphates et dérivés. La valeur des exportations du secteur a atteint 24,3 milliards de DH, celle de l’industrie automobile s’est située à 25 milliards alors que les ventes de l’OCP ont culminé à 17,4 milliards, en hausse de 7,9%. Mais la performance résulte pour l’essentiel du développement des volumes exportés. A fin avril, ils avaient explosé de 37%, rien que pour ce qui est de la roche.

Les exportations de la voiture enregistrent aussi un rythme moins prononcé par rapport au passé. C’est probablement  l’arrivée à l’utilisation maximale des capacités.

Flux financiers: Seuls les IDE progressent

A fin mai dernier, les flux financiers ont été marqués par une hausse de 24% des IDE. Ceci, après une année 2016 qui avait enregistré un plongeon de 28%. Mais la progression s’explique pour l’essentiel par la forte contraction des dépenses à près de 1,9 milliard de DH contre une augmentation de 612 millions de DH des recettes. Au total, le montant enregistré sur les  cinq premiers mois de 2017 s’est élevé à 12,9 milliards de DH au lieu de 10,4 milliards à la même période de 2016.
En revanche, la balance des voyages dégage un recul de 5,8%. La situation s’explique par la stabilité des recettes face aux dépenses qui ont pris un plus de 1 milliard de DH. Les recettes ayant atteint 22,8 milliards de DH, soit sensiblement le même montant réalisé à fin mai 2016.  
La stabilité caractérise également les transferts des MRE: 24,3 milliards de DH.

 

 

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