Economie

Baccalauréat: Curieuse progression du taux de réussite

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5050 Le 21/06/2017 | Partager
50,28% dès la première session
Bac international: Un record de plus de 97%
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Le taux de réussite au baccalauréat a gagné 11 points en dix ans. Néanmoins, la performance des élèves marocains reste modeste, sachant que dans d’autres pays, plus de 80% des candidats réussissent leur examen dès la première session

Un candidat au baccalauréat sur deux a réussi son examen dès la première session. Le taux de réussite a atteint cette année 50,28%, soit 156.042 élèves. Le score, légèrement au-dessus de celui de l’an dernier (49,15%), est parmi les plus élevés jamais réalisé sur les dix dernières années. En 2014-2015, le taux s’était situé pour la première fois au-dessus de 50% (à 51,54%). Franchira-t-on le seuil de 60% pour l’édition 2017?

Durant les années précédentes, le taux n’atteignait même pas 40% (voir illustration). Comment expliquer cette progression, pour le moins surprenante? Sachant que les conditions d’apprentissage ne se sont nullement améliorées sur les dernières années, bien au contraire. Les classements catastrophiques du Maroc à l’échelle internationale le prouvent.

«Les classes sont encombrées, le déficit de profs s’est aggravé, il n’existe plus aucune approche pédagogique après la suppression de la pédagogie de l’intégration… ce taux de réussite est curieux», estime un expert du système d’enseignement. Pour d’autres, la tendance est plutôt de bon augure.

«Cela prouve que notre enseignement n’est pas totalement malade, et que sa santé s’améliore», pense Mohamed Ould Dada, ancien directeur d’académie régionale, expert des questions éducatives. «Nous avons là la première génération ayant intégré l’école après la charte de l’éducation de 99, et qui prouve que les réformes des 15 dernières années ont quand même donné leurs fruits. Par ailleurs, les élèves du baccalauréat international ont participé à doper le taux», explique-t-il.

En effet, les champions de cette session ne sont autres que les élèves du baccalauréat international qui caracolent loin devant les autres. Le taux de réussite de cette filière d’excellence, sélective à l’entrée et insistant sur les langues étrangères, est de 97,09% (7.745 lauréats). Un record. Faut-il dupliquer ce modèle d’enseignement? «Les filières d’excellence ont été combattues à un certain moment, mais l’enseignement reste élitiste, car tout le monde ne possède pas les mêmes capacités. Le rôle de l’école est d’aider les meilleurs à devenir plus forts, et les faibles à devenir meilleurs», relève Ould Dada.

Les élèves du bac pro, qui ont passé le bac pour la première fois cette année, pour leur part, arrivent deuxièmes, avec un taux de réussite de 55,63%. Ils sont suivis de ceux des parcours scientifiques et techniques, avec un taux de 52,78%, puis de ceux des filières littéraires et originelles (46,33%).

Du côté des candidats libres, ils n’ont été que 18,17% à réussir leur examen. Seuls 59% des candidats libres se sont présentés aux épreuves. Chaque année, une bonne part d’entre eux finit par se désister, alors que des moyens considérables sont mis en place pour les accueillir. Actuellement, la tutelle réfléchit à la possibilité d’imposer des frais de participation.

«La question qui se pose aujourd’hui, est celle des débouchés à offrir à ces jeunes. Les universités seront-elles à même de les accueillir», souligne l’ancien directeur d’académie. La session de rattrapage est prévue les 11, 12 et 13 juillet. Quelque 156.124 candidats y ont été autorisés, soit 38,91% du total.

Triche, une baisse en trompe-l’œil?

LA triche, un fléau profondément ancré dans l’esprit des élèves, est parfois considérée comme un droit. Les statistiques de cette année révèlent un recul notoire de 53% de cas de triche enregistrés, qui sont passés de 3.777 à 1.770 en une année. S’agit-il là de l’effet de la loi anti-triche, rentrée en vigueur en septembre dernier? «Ce ne sont là que les cas déclarés. Face à la dureté des sanctions de la loi, beaucoup de profs se sont montrés conciliants, et ont évité de dénoncer les élèves», avance Mohamed Ould Dada.

 

 

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