International

En pleine crise, le Qatar signe un contrat avec Trump

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5047 Le 16/06/2017 | Partager
12 milliards de dollars pour la vente d’avions de combat F-15
Le ballet diplomatique se poursuit

Au moment où les efforts diplomatiques s’accélèrent pour trouver une issue à la crise du Golfe, les Etats-Unis ont envoyé des signaux montrant qu’ils ne lâchent pas le Qatar. Deux navires de l’US Navy sont arrivés au port Hamad, au sud de Doha, pour «participer à un exercice conjoint avec la marine du Qatar», a indiqué le ministère de la Défense de ce pays.

Parallèlement, le ministre américain de la Défense James Mattis et son homologue qatari Khalid Al-Attiyah ont conclu mercredi 14 juin un accord de 12 milliards de dollars pour la vente d’avions de combat F-15. Cette coopération est déjà poussée puisque les Etats-Unis disposent d’une grande base aérienne dans le désert du Qatar. C’est là où se trouve aussi le siège du Centcom, le commandement central américain qui dirige les opérations contre le groupe Etat islamique (EI), actuellement visé par des offensives en Syrie et en Irak.

 Lors de son premier déplacement à l’étranger fin mai en Arabie saoudite, le président Trump avait fait du combat contre le terrorisme la priorité des priorités de Washington. Un ballet diplomatique se poursuit pour trouver une issue à cette montée des tensions qui a vu aussi les adversaires de Doha fermer leurs frontières aériennes, maritimes et terrestres avec le Qatar. Doha a dénoncé un «blocus et des conséquences inacceptables pour la population».

Outre les Etats-Unis, la Turquie, le Koweït, la France et le Maroc sont à la pointe des efforts diplomatiques. Porteur d’un message royal, le ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale, Nasser Bourita, a effectué en début de semaine une tournée dans les pays du Golfe qui l’a conduite aux Emirats arabes unis, au Koweït et en Arabie saoudite.

Après qu’il ait proposé ses bons offices, le Maroc a décidé aussitôt d’envoyer des avions chargés de produits alimentaires à destination de l’Etat du Qatar. Une mesure justifiée par des raisons exclusivement humanitaires. Sachant que la position du Maroc à ce sujet a fait l’objet d’un communiqué rendu public dimanche 11 juin 2017.

Le chef de la diplomatie turque Mevlut Cavusoglu était ainsi mercredi au Qatar et il devait se rendre jeudi au Koweït et vendredi en Arabie saoudite pour y rencontrer le roi Salmane. Le porte-parole de la présidence turque a également indiqué que des discussions tripartites entre Ankara, Paris et Doha étaient programmées.

Le président français Emmanuel Macron (qui a effectué les 14 et 15 juin une visite au Maroc) rencontrera par ailleurs à Paris, d’ici fin juin, un dirigeant des Emirats arabes unis qui jouent un rôle majeur avec Riyad dans la campagne contre le Qatar. Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres soutient la médiation entreprise par le Koweït dans la crise entre le Qatar et ses voisins du Golfe. L’ONU suit de très près cette crise et il est convaincu de l’importance d’une solution régionale.

Impact sur les travailleurs étrangers

A Genève, le Haut-commissaire aux droits de l’Homme de l’ONU, Zeid Ra’ad Al Hussein, s’est inquiété de l’impact négatif sur les populations de l’isolement diplomatique du Qatar. Riyad, Abou Dhabi et Manama ont ordonné aux Qataris de quitter leur pays dans un délai de 14 jours et à leurs citoyens de quitter le Qatar dans le même délai. Plusieurs travailleurs étrangers s’inquiètent des conséquences de cette crise. D’autre part, les Emirats et Bahreïn menacent d’emprisonner et d’infliger des amendes aux personnes qui expriment de la sympathie pour le Qatar.

 

 

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