International

Les Américains vont emprunter plus cher

Par Amine SAHRANE | Edition N°:5047 Le 16/06/2017 | Partager
La Fed augmente le taux directeur
Inflation molle et recul dans la création d’emplois
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La réserve fédérale s’engage sur une «normalisation» de la politique monétaire

Après sept ans de taux zéro pour soutenir la reprise, la Fed a décidé mercredi 14 juin d’augmenter le taux directeur, d’un quart de point. Il devrait osciller entre 1 à 1,25%. Cette hausse fait partie de la marche déclarée vers une «normalisation» de la politique monétaire de la Banque centrale américaine, après sept ans de taux à zéro pour soutenir la reprise.

Bien que le premier trimestre ait accusé un coup de mou avec une croissance de 1,2% en rythme annuel, plusieurs économistes pensent que le ralentissement n’est que temporaire. Pour certains d’eux: «il y a des raisons de penser que le 2e trimestre va être meilleur» que le premier. Le bon comportement de la croissance en Europe rassure aussi le comité monétaire (FOMC).

Pour justifier cette hausse, ce dernier note que les créations d’emplois ont été «solides» depuis le début de l’année, malgré un récent tassement. Il indique aussi que le taux de chômage aux Etats-Unis est tombé en mai à son plus bas niveau en 16 ans (4,3%), ainsi qu’une progression positive des dépenses.

La banque centrale américaine a également annoncé ses prévisions pour la croissance économique en 2017, les relevant à 2,2% (contre 2,1%). Pour le long terme, elle prévoit cependant un recul de la croissance à 1,8%. Quelques indicateurs mettent cependant des doutes sur la situation de l’économie américaine.

L’inflation est en recul à 1,7% sur un an en avril alors qu’elle s’acheminait vers l’objectif de 2% (estimé comme sain pour l’économie par la Fed). Les créations d’emploi ont aussi régressé à 138.000 en mai, alors qu’elles étaient à 174.000 en avril. Selon Jared Bernstein, l’ancien conseiller économique du vice-président démocrate Joe Biden, des taux d’intérêts plus élevés comportent le risque de «provoquer un ralentissement alors qu’on veut précisément l’éviter».

La hausse du coût du crédit comporte plusieurs avantages. Pour l’épargnant, les faibles taux d’intérêt entraînent l’équivalent financier d’une longue sécheresse. Lorsque ces coûts  augmentent, les taux d’épargne suivent le mouvement. Cette tendance vers plus de normalisation des taux mettrait également l’accent sur les fondamentaux du marché.

Les cours des actions pourront commencer à avoir plus de sens et ne vont plus refléter la politique monétaire accommodante de la Banque centrale. Une telle mesure comporte toutefois un coût pour le consommateur moyen. Car les taux d’intérêt influencent les prêts immobiliers, ceux à la consommation et les intérêts sur les cartes de crédit. Ces petites hausses ne vont pas faire dérailler l’économie mais elles ne vont pas dans le bon sens pour le consommateur.

 

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