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Grogne autour de la mission française

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5045 Le 14/06/2017 | Partager
Une centaine d’enfants français non affectés au réseau public AEFE, faute de place
Un nouveau cycle de hausse des frais de scolarité de 750 DH par an dès la rentrée!
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A la rentrée 2016, le réseau d’enseignement français au Maroc a accueilli plus de 34.000 élèves (60% de Marocains). Il comprend 22 établissements de l’AEFE et 9 de l’Osui, ainsi que 4 établissements partenaires privés et 3 de l’Alliance israélite universelle (AIU), tous homologués par le ministère français de l’Éducation nationale

La colère monte chez les parents d’élèves français au Maroc, notamment à Casablanca. Pour l’année scolaire 2017-2018, des dizaines d’élèves français n’ont pas été affectés à des établissements relevant de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE), comme cela est d’usage.

Ils ont été orientés vers des écoles gérées par la Mission laïque française (OSUI), qui est une association à but non lucratif, à la tête d’un réseau de 111 établissements dans 39 pays. «C’est la première fois que nous assistons à cela. Nous avons reçu plusieurs plaintes de parents», relève Hayat Nassif, présidente nationale de l’Union des conseils de parents d’élèves (UCPE).

Contactée par L’Economiste, l’ambassade de France au Maroc assure qu’il y a déjà eu des affectations de ce genre par le passé. Sauf que cette année, les effectifs concernés, environ une centaine, sont plus nombreux, en raison de la pression plus importante de la demande. Faute de places disponibles, il n’y avait d’autre choix que de recourir aux établissements des partenaires, en l’occurrence ceux de l’Osui.

«L’AEFE offre un service public d’enseignement, et ce, soit à travers ses propres établissements, des établissements conventionnés, et il n’en existe pas au Maroc, ou des établissements partenaires», souligne l’ambassade. L’Osui, lié à l’AEFE par un accord général, dit «de siège à siège», fait partie de ses principaux partenaires.

L’ambassade est claire, du point de vue légal, aucun texte ne stipule que les enfants français doivent être exclusivement affectés au réseau AEFE. «Les écoles de l’Osui sont homologuées et à qualité d’enseignement égale. Les enfants peuvent, aussi, y bénéficier d’une bourse de l’Etat français», tient à préciser l’ambassade.

Les parents, eux, ne l’entendent pas de cette oreille. «Les tarifs de l’Osui sont plus chers, et ses établissements plus éloignés du centre-ville», décrie-t-on. En effet, non subventionné par l’Etat français, il impose des frais de scolarité plus importants. Un collectif des parents d’élèves concernés vient de voir le jour, et compte militer pour une révision des affectations.

Pour la prochaine rentrée, une autre mauvaise surprise attend les parents d’élèves des écoles de l’AEFE. Une nouvelle hausse des frais de scolarité leur sera imposée, avec une augmentation de 750 DH par an pendant trois ans, selon l’UCPE. Or, ils viennent d’achever un autre «cycle» de hausse de 1.500 DH par an, sur les trois dernières années.

 

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