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Analyse

Agriculture/Casablanca-Settat: Record de 14 tonnes de sucre à l’hectare

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5045 Le 14/06/2017 | Partager
Production et rendement en forte hausse
La région assure 40% de la production nationale
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Sur les 5 dernières années, la production sucrière de la région de Casablanca-Settat a triplé à 235.000 tonnes. Les producteurs maîtrisent désormais le bon itinéraire technique de la culture de betterave à sucre. Le rendement de la plante à l’hectare est quasiment voisin de celui réalisé en Europe

Le grenier du Maroc fait le plein. Tous les indicateurs de la campagne agricole dans la région de Casablanca-Settat sont orientés à la hausse. En particulier, la production sucrière réalise un record  pour la 3e année consécutive. La barre de 14 tonnes de sucre à l’hectare sera franchie cette année. Avec à la clé une production sucrière de 235.000 tonnes et un rendement moyen de 85 tonnes de betterave à l’hectare (voir également entretien page suivante).

Parallèlement, la superficie s’est quelque peu contractée par rapport à la précédente campagne. Mais en comparaison avec la saison 2012-2013, elle a augmenté de 30%. C’est dire la maîtrise de l’itinéraire technique de la production. Selon la DRA de Casablanca-Settat, les performances de la filière s’expliquent par le déploiement de plusieurs mesures. A commencer par la généralisation de la semence monogerme qui assure de meilleurs rendements avec une réduction des coûts d’exploitation.

Cette campagne, la semence monogerme a occupé 100% des exploitations de la betterave à sucre. Avec une précocité avancée des semis: 23% en septembre, 56% en octobre et 19% en novembre et 2% en décembre 2016, est-il indiqué. L’encadrement y est également très fort dans la région. Il est mené aussi bien par les techniciens du ministère de l’Agriculture que ceux de l’agrégateur, Cosumar en l’occurrence.

D’ailleurs, la région fut le fief de l’opérateur sucrier bien avant l’avènement de la libéralisation de la filière sucrière. A travers l’usine de Sidi Bennour, Cosumar réalisait des contrats de culture avec les agriculteurs de la région auxquels l’entreprise fournissait semences, engrais et produits de protection des plantes. S’ajoute, bien évidemment, la disponibilité de la ressource hydrique.

Le cumul pluviométrique moyen s’est établi, au début du mois de juin 2017, à 277 mm, soit un surplus de 20% par rapport à la saison précédente. Sans oublier que la zone des Doukkala où est pratiquée la betterave à sucre dispose de deux grands barrages. Du coup, la DRA de Casablanca-Settat estime la production betteravière à 1,5 million de tonnes.  Jusqu’au 9 juin, les livraisons à l’usine de traitement ont porté sur 840.000 tonnes. Ce qui correspond à l’arrachage de 12.000 ha, soit environ 60% de la superficie réalisée.

A la même date, le volume issu de l’arrachage mécanique et réceptionné par l’usine a atteint 534.680 tonnes pour une superficie de 8.200 ha. A quelques semaines de la clôture de la campagne d’usinage de la betterave à sucre,  la direction régionale de l’agriculture (DRA) de Casablanca-Settat relève d’importantes avancées pour cette plante. Celle-ci assure 40% de la production nationale de sucre et prend de plus en plus d’importance dans la région.

Cette année, elle a occupé près de 19.000 ha, en repli de 600 ha par rapport à la campagne précédente. Mais le recul a été largement compensé par les rendements réalisés. La moyenne annuelle a gagné 23 tonnes à l’hectare sur les cinq dernières années. Passant ainsi de 62 tonnes en 2012 à 85 tonnes lors de l’actuelle campagne.

Pour les responsables de la DRA, la culture accroche bien. Elle est le fait de 20.000 producteurs dont l’écrasante majorité dispose de moins d’un ha. Aujourd’hui, la plante assure un revenu moyen dépassant les 30.000 DH à l’hectare. Sans compter les avantages que tirent les producteurs de la pulpe de betterave qui constitue un aliment de bétail très riche pour les vaches laitières.

Le marché mondial de sucre s’équilibre

Après avoir frôlé le niveau record de 546 dollars la tonne, les cours mondiaux du sucre ont amorcé une tendance à la baisse depuis le mois de mars. En mai dernier, les cours à l’international ont reculé de 5% par rapport au mois précédent. La flambée des prix à l’international a été alimentée par les incertitudes sur l’offre. Surtout que la reprise des cours du pétrole était de nature à inciter le Brésil, le principal producteur mondial du sucre, à orienter sa production vers l’éthanol. Face à cette situation, le Maroc s’est abstenu d’importer depuis fin 2016. Fort également en cela de la réalisation d’une bonne campagne sucrière qui a permis de couvrir la moitié des besoins de consommation.

 

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