Economie

Maroc-France: Les réseaux d’entreprises, un pilier solide

Par Aziza EL AFFAS | Edition N°:5045 Le 14/06/2017 | Partager
Automobile, aéronautique, télécoms, BTP, énergie, offshoring… les secteurs
La production industrielle doit être le fer de lance du partenariat
Toutes les sociétés du CAC40 représentées
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Le Maroc est le premier bénéficiaire des financements de l’AFD, avec une exposition (encours et reste à verser) de 2,5 milliards d’euros à fin 2016

La France reste aujourd’hui, de loin, le premier partenaire économique du Maroc. Les investissements français y représentent plus de la moitié du stock des IDE. En 2016, le Maroc est le premier partenaire commercial de la France en Afrique en volume global.

L’émergence du secteur automobile marocain et plus généralement la montée en gamme des exportations marocaines se reflètent dans les échanges avec la France. En 2016, le solde des échanges commerciaux bilatéraux est excédentaire en faveur de l’Hexagone, à hauteur de 24,8 millions d’euros. L’importance du poste céréales conduit les exportations françaises à être fortement dépendantes de la conjoncture agricole marocaine (pluviométrie).

Aujourd’hui, plus de 850 filiales d’entreprises et groupes français sont implantés sur le territoire marocain. Si la perte de Xavier Beulin, l’ancien co-président du club des chefs d’entreprises France-Maroc (décédé en février dernier), semble avoir freiné dans son élan le travail de ce groupe d’impulsion, cela ne se ressent pas en terme de présence d’entreprises françaises au Maroc.

«A nos amis entrepreneurs français et marocains, nous disons: travaillez davantage ensemble et nouez des alliances et des partenariats productifs pour le bien de nos deux pays. Construisez ensemble la grande région Europe-Méditerranée-Afrique», avait-il déclaré lors de la 12e rencontre de haut niveau (RHN) qui s’est tenue à Matignon en mai 2015 (cf. édition du 28 mai 2015). L’année suivante, Pierre Gattaz, président du patronat français (Medef) a présidé une importante délégation composée d’une centaine de dirigeants d’entreprises, toutes tailles et tous secteurs confondus, qui sont pour 80% d’entre elles des PME, intéressées par les nombreuses opportunités que recèle le marché marocain. Une dizaine d’organismes de formation, universités et grandes écoles participaient également à cette délégation. 

Mais pour feu Xavier Beulin, ex-patron du groupe Avril, c’est la production industrielle qui doit être le fer de lance du partenariat entre les deux pays. Pour le Maroc, cela permettra de développer des écosystèmes industriels performants, de monter en valeur dans les filières et ainsi de capter des IDE, favorisant la création d’emplois. Pour la France, cela permettra de stimuler la compétitivité, gagner des parts de marché, enrayer le processus de désindustrialisation et, à terme, relancer l’emploi. Ce mouvement est déjà en marche dans certains secteurs.

Plusieurs groupes ont fait résolument le choix du Royaume comme base d’implantation industrielle dans de nombreux domaines, dont notamment les secteurs automobile (Renault et PSA, qui apportent avec eux leur écosystème de sous-traitants) et aéronautique (Safran et Stelia par exemple). Le groupe Alstom fournit les rames du TGV et des tramways de Casablanca et Rabat. La filiale de RATP, Casa-Tram, assure, quant à elle, l’exploitation de la 1re ligne de tramway à Casablanca et brigue les prochaines lignes (tram/BHNS).

Outre le ferroviaire (SNCF), l’industrie automobile et l’aéronautique devraient prendre plus de place. Il y a aussi un énorme potentiel et des opportunités dans l’agroalimentaire puisque les habitudes et modes de consommation sont en train de changer.  La grande distribution, l’industrie pharmaceutique et la santé recèlent aussi de multiples opportunités. Pareil pour l’immobilier et le BTP. C’est dire qu’il y a non seulement des besoins, mais aussi une nécessité de monter en gamme en termes de qualité, de bien-être et d’attentes des consommateurs.

A travers le Royaume, ces entreprises ciblent aussi l’Afrique subsaharienne via une approche triangulaire (France, Maroc, Afrique). Sur ce registre, des expériences concluantes de groupes comme l’OCP, Nexans, Accor ou encore Alstom… sont un modèle à suivre. C’est le cas aussi pour le spécialiste en équipements de sport, le groupe français, Decathlon, qui a décidé d’implanter non loin de Tanger Med une plateforme logistique pour réceptionner des conteneurs chargés de ses produits et les réexporter ensuite, notamment vers les pays africains. Les TPE, PME et PMI doivent désormais prendre le relais. Ces entreprises apparaissent comme les structures idoines pour le développement de la coproduction en France et au Maroc, où la proximité géographique et culturelle facilite les échanges, à condition d’être soutenue et accompagnée.

2,5 milliards d’euros engagés

L’Agence française de développement (AFD) accompagne la présence d’entreprises françaises en accordant des prêts ou des subventions dans des secteurs stratégiques. Le Maroc est d’ailleurs le 1er bénéficiaire de l’effort financier de la France dans la région Méditerranée/Moyen-Orient et le 1er bénéficiaire des versements de l’AFD dans le monde pour la période 2008-2016. Le stock d’engagements de l’AFD au Maroc s’élève en 2016 à 2,45 milliards d’euros, soit le 1er volume d’exposition dans le monde. L’AFD a accordé notamment un prêt à la Société d’aménagement Zenata (SAZ) pour l’aménagement de la ville nouvelle éponyme (2013). L’agence a également octroyé une  subvention de 1,3 million d’euros à Casa Transports pour les études de faisabilité du projet de métro aérien de Casablanca. L’année suivante, elle accorde un prêt de 50 millions d’euros à Masen pour le financement de la 2e phase du complexe solaire de Ouarzazate (Noor 3).

 

 

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