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Affaire du bateau de l'OCP Une claque pour le Polisario

Par Hassan EL ARIF | Edition N°:5042 Le 09/06/2017 | Partager
La Cour maritime panaméenne vient de se déclarer incompétente
La justice sud-africaine a reporté sa décision pour le premier navire

Première victoire de l’OCP dans l’affaire des navires de phosphate. La Cour maritime du Panama, pays où le Polisario avait tenté de saisir le bateau Ultra Innovation, transportant une cargaison de phosphate vers le Canada, s’est déclarée, mercredi 7 juin, incompétente. La Cour a estimé qu’une justice nationale n’a pas vocation à statuer sur des affaires politiques internationales.

Par ailleurs, la justice panaméenne a considéré qu’il n’y avait aucune preuve que la cargaison appartenait à la partie plaignante. La décision de la justice panaméenne désavoue le front Polisario qui veut détourner le processus politique engagé par le Conseil de sécurité des Nations unies.

Pour éviter sa saisie, le bateau avait été sommé de déposer une caution avant de pouvoir continuer sa navigation vers sa destination finale. Le client de l’OCP s’est mobilisé pour empêcher que le navire ne soit saisi par les autorités panaméennes. La décision de la justice panaméenne est une jurisprudence favorable pour le Maroc et devrait empêcher que d’autres navires de phosphate ne soient saisis ailleurs dans le monde. Le Polisario tente jusque-là de convaincre de l’illégalité de l’exploitation des ressources des provinces du Sud au détriment des populations locales.

Sur le même mode opératoire, le Polisario avait déjà demandé à la justice sud-africaine de saisir un autre navire à destination de la Nouvelle-Zélande. Le tribunal, qui devait statuer ce vendredi 9 juin, vient de décider de reporter sa décision au 15 du même mois.  Le front Polisario, soutenu par l’Algérie, essaye de faire circuler une fausse information selon laquelle les mines de phosphates du Maroc seraient en train de s’épuiser.

Ce qui  pousserait l’OCP à se rabattre sur celles du Sahara et tout particulièrement celle de Phosboucraâ. Argument fallacieux. Des études américaines ont conclu que le Maroc détient la plus grande réserve mondiale de ce minerai: 75%, situés essentiellement à Khouribga, Meskala, dans la région d’Essaouira… Fait important: les réserves du Sahara marocain ne représentent que 1,6%.

Le site Phosboucraâ a toujours été déficitaire jusqu’à il y a quelques années. Mais il n’y a jamais eu de remontées de dividendes vers le siège. De plus, pour ce seul site, l’OCP a engagé un vaste programme d’investissement de 20 milliards de DH au cours des cinq prochaines années. Des projets qui profiteront aux seules populations locales.

Fiche technique de Phosboucraâ

La société Phosboucraâ a été créée en 1962 par l’Instituto Nacional del Industria (INI) du temps de l’administration espagnole. A l’époque, elle s’appelait Empresa Nacional Minera del Sahara (ENMISA). En 1969, l’entreprise change de nom et devient Fosfatos de Bucraa (Phosboucraâ). L’OCP rachète 65% du capital auprès de l'INI. La société continue de fonctionner comme joint-venture jusqu’en 2002, année où l’Office acquiert les 35% restants. L’emplacement difficile de la mine de Phosboucraâ fait que les coûts d’extraction sont 2,5 fois plus élevés qu’ailleurs au Maroc. Les phosphates de la région sont vendus à une dizaine de clients à travers le monde, convaincus de la légalité de l’exploitation de la mine.

 

 

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