Régions

Moyen-Atlas 100 femmes rurales sur les bancs de l’école

Par Stéphanie JACOB | Edition N°:5040 Le 07/06/2017 | Partager
Des formations au service de l’émancipation
L’initiative d’une Marocaine engagée
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L’initiative «Empowering women in the Atlas», imaginée par Lamia Bazir, offre tout à la fois, formation, renforcement de capacités, coaching de proximité, équipements, et même un capital de lancement (Ph. EWA)

Briser l’isolement. C’est l’objectif de l’initiative «Empowering women in the Atlas» (EWA), qui permet à 100 femmes des montagnes de la région d’accéder, pour la première fois, à des formations à l’université.

La fondatrice et présidente de l’Association des femmes pour le développement rural, Lamia Bazir, explique que le programme EWA, qui pèse 100.000 dollars, oeuvre «pendant environ une année à donner à des femmes rurales leaders et entrepreneurs les moyens matériels et immatériels d’avoir un plus grand impact sur leurs territoires».

Lancé en septembre 2016, en partenariat avec le Mepi (Middle East Partnership Initiative), le projet offre tout à la fois, formation, renforcement de capacités, coaching de proximité, équipements, et même un capital de lancement. Tout particulièrement pour celles qui sont à la tête de coopératives, les séances de formation ont ciblé des thématiques clés comme la gestion de projet, la comptabilité de base, la communication, le marketing, et la protection de l’environnement.

Point important, ces ateliers ont été dispensés en langues Amazigh et en Darija. «Ce projet est innovant, ajoute Bazir, car il brise les stéréotypes sur les femmes rurales et démontre la nécessité d’investir dans le capital immatériel dans le monde rural en connectant les populations isolées, notamment les femmes, aux opportunités éducatives et économiques en vue de leur pleine intégration dans une dynamique de développement territoriale et locale».

Car là est tout l’intérêt du projet, permettre à ces citoyennes de s’inscrire dans le bon déroulement de la vie publique, et de choisir les champs d’action en fonction de leurs besoins. C’est d’ailleurs cette vision qui inspire la fondatrice, quand elle rencontre pour la première fois ces habitantes du petit village d’Adghagh. Lutter contre l’attentisme, optimiser son potentiel et rompre avec le sentiment de marginalisation.

Les moteurs pour toutes les parties prenantes au programme, et avant tout pour les femmes de ces régions isolées de toute ouverture sur l’entrepreneuriat. Un coup de pouce initié, notons-le, par une femme qui a fait ses classes entre l’Institut des études politiques (IEP) à Paris et l’université de Columbia à New-York, et qui a décroché, en 2015, le Prix des Nations unies pour le volontariat de la jeunesse arabe.
De notre correspondante,
Stéphanie JACOB

 

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