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Economie

La sardine plus chère que le poulet!

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5038 Le 05/06/2017 | Partager
Le petit pélagique est négocié entre 20 et 25 DH le kilo
Pléthore d’intervenants et inflation des transactions
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Malgré l’engagement de la campagne de promotion du poisson, la consommation des produits de la pêche côtière et artisanale a fortement baissé l’année dernière. Sa part a représenté 23% du total des débarquements de ce segment

La sardine est subitement devenue un produit de luxe. Surtout, pour les ménages au revenu modeste en ce mois de jeûne. Auprès du poissonnier ambulant ou dans les marchés des quartiers populaires, son prix varie entre 15 et 20 DH le kilo. Dans les autres quartiers huppés, il faut compter entre 25 et 30 DH/kg.

C’est plus que le poulet vif qui est négocié entre 12,50 et 14 DH, voire moins. C’est une certitude, le Marocain consomme plus de poisson que de viande blanche durant le mois de Ramadan. Mais l’engouement n’explique pas à lui seul le niveau des prix pratiqués sur les marchés.

Qu’on en juge! Le merlan et la sole coûtent autant que la viande bovine entière ou hachée: entre 80 et 90 DH/kg. La dorade grise, à pas moins de 100 DH et la crevette dépasse les 130 DH/kg. Ce sont les prix relevés sur le marché du Maârif. Ils ne sont pas affichés, faut-il le préciser. D’ailleurs, mis à part les places commerciales des quartiers populaires où la criée fait office d’affichage des prix, les marchands des autres plateformes s’abstiennent de le faire.

Pourtant, les prix de la première vente dans les halles du port de Casablanca ou d’Agadir, deux places hautement représentatives, sont sans commune mesure avec ceux des marchés au détail. A Casablanca, le prix moyen de la sardine s’établissait à 3,20 DH le kilo au premier juin. Celui du maquereau à 3,50 DH/kg.

Alors que l’anchois a été vendu le même jour à 4 DH/kg pour être revendu au consommateur à 40 DH/kg. Dans le port d’Agadir, les prix sont encore nettement inférieurs par rapport à la capitale économique. Le prix moyen de la sardine est en dessous de 2 DH/kg. Celui de la dorade grise se situe en moyenne à 23,50DH et le denté à 26 DH/kg Pourquoi ces valeurs sont multipliées à volonté.

Le dysfonctionnement réside en fait dans la multiplication des transactions. Entre le pêcheur et le consommateur, il faut compter au moins une dizaine d’intervenants, avec à la clé la spirale des marges prélevées à chacune des ventes. Souvent, un lot fait l’objet de plusieurs ventes avant même de quitter la  halle aux poissons du port, révèle un poissonnier. Les premières ventes étant en effet, l’apanage des «gros poissons» qui procèdent par la suite à un fractionnement pour servir les moyens. Lesquels opèrent la cession par caissons.

Au passage, les prix ont déjà pris l’ascenseur. Pourtant, la production s’est inscrite en forte hausse ces dernières années. Elle a gagné 20% en 2015 par rapport à l’année d’avant et s’est appréciée de 7% l’année dernière à 1,3 million de tonnes. Mais la consommation par habitant est restée stationnaire. Elle peine à dépasser 12 kg alors que la stratégie Halieutis lancée en 2009 ambitionne de la porter à 16 kg à l’horizon 2020.

A l’appui, la richesse de nos côtes fortes de 3.500 km et réputées parmi les plus riches du monde en volume et en espèces. Malgré l’importance et la diversité de la production,  le poisson reste, du moins pour les espèces «nobles», inaccessible aux budgets modestes. La plupart des ménages ne connaissent que 4 à 5 espèces sur plus d’une centaine connue. Résultat, la consommation par habitant est toujours en retrait par rapport à la moyenne mondiale de 17 kg, selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

Si le poisson et, plus globalement, les produits de mer sont si chers au Maroc, cela tient surtout à l’anarchie des circuits de distribution et la pléthore d’intervenants. Un phénomène qui prend de l’ampleur dès que la demande s’active. Du mareyeur au tout petit distributeur, voire le marchand ambulant, le prix final consommateur passe du simple au quintuple, voire plus pour le poisson noble et autres fruits de mer. Pour ce qui est du petit pélagique (sardine, anchois et maquereau), le prix est multiplié par dix fois. Finalement, c’est le ménage au revenu modeste qui trinque le plus.

 

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