Entreprises

Les Marocains s’équipent de plus en plus

Par Jean Modeste KOUAME | Edition N°:5034 Le 30/05/2017 | Partager
Les fossés se creusent en termes de rapport au pouvoir d’achat
Sorties, loisirs, voyages, culture... les parents pauvres des dépenses

Les conclusions de l'enquête menée par l'Observatoire de Wafasalaf  sont riches en enseignements. C'est ce qui ressort de l'étude, menée en association avec le cabinet d’études LMS-CSA. L’enquête renseigne sur 4 principaux indicateurs de perception des ménages: pouvoir d’achat, évolution des dépenses, taux d’équipement et intentions d’achat en biens hors produits de grande consommation.

Par ailleurs, elle élargit son champ d’analyse à la place de l’enfant dans la consommation des ménages, les tendances du marché auto-moto, les nouvelles technologies, les équipements de maison... «Le but est de mettre le doigt sur les principaux changements qui s’opèrent dans les modes de vie des Marocains», explique Laila Mamou, présidente du directoire de Wafasalaf.

Le constat général est que les Marocains s’équipent de plus en plus. «Nous avons l’impression que cette course aux équipements remplace la main-d’œuvre, la tante, la belle-mère…», soutient Soumaya Naamane Guessous, professeur universitaire et sociologue. En effet, les ménages se nucléarisent.

Ce qui ne manque pas d’impacter la dynamique familiale. Pour Mostafa Aboumalek, sociologue, enseignant-chercheur en sciences sociales: «La philosophie de vie, la vision du monde n’évolue pas chez un grand nombre de Marocains et n’accompagne pas cet élan vers la modernité», déplore-t-il. Aux yeux de Chakib Guessous, sociologue et anthropologue : «On s’équipe parce que les temps veulent qu’il en soit ainsi.

Des besoins nouveaux se créent, de plus en plus de femmes travaillent hors du foyer… S’y ajoute une forme de consumérisme qui gagne les Marocains». Selon les résultats de l’enquête, les acquisitions par autofinancement ont baissé de 51 à 30%, le recours au crédit à la consommation augmente et les emprunts entre membres d’une même famille sont en baisse.

Ce qui renseigne sur le recul de la solidarité. En 2017, la proportion de ménages estimant que leur pouvoir d’achat reste stable est pratiquement au même niveau qu’en 2016. La nouveauté cette année, ce sont les changements significatifs observés aux extrêmes (ceux qui estiment que leur pouvoir d’achat s’est amélioré et ceux qui perçoivent le contraire). Ce qui confirme une certaine forme de paupérisation.

En effet, 26% des foyers estiment que leur pouvoir d’achat s’est détérioré. «Ce constat est plus fort au sein de la catégorie sociale populaire en proportion d’un tiers (33%)», explique Abdenbi Louitri, administrateur directeur général chez LMS-CSA. En effet, le fossé se creuse par rapport au pouvoir d’achat entre nantis et moins nantis.

Les postes de dépenses qui sautent sont notamment ceux liés aux sorties, loisirs, voyages, voire la culture. En revanche, l’eau, électricité, téléphone et internet, alimentation, santé, transport, éducation, habillement... sont les principales charges que les ménages perçoivent en hausse.

En matière d’équipement, les réfrigérateurs et téléviseurs atteignent des taux de saturation, frisant les 100%. Les smartphones atteignent les 78% de taux de pénétration, micro-ondes (56%)… Côté intentions d’achat, l'on note une hausse d’environ 4 points entre 2016 et 2017 pour l’électroménager blanc.

Méthodologie

Il s’agit là d’une étude quantitative menée par l'Observatoire de Wafasalaf. Elle porte sur un échantillon de 1.212 personnes, dans plusieurs villes (Casablanca, Rabat-Salé, Marrakech, Tanger, Fès…), sondées entre fin janvier et mi-février derniers. Les chefs de ménage sont âgés entre 25 et 67 ans, urbains ou périurbains.

 

 

 

Retrouvez dans la même rubrique

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc